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  • : Bibliographies de littérature jeunesse & activités autour de la lecture, la recherche documentaire et l'éducation à l'image (collège-lycée)...
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  • Mathilde Bernos
  • Enseignante-documentaliste depuis 1998, j'exerce en collège dans l'Académie de Nice. J'ai animé des formations sur la littérature jeunesse, les carnets de voyage et les blogs dans l'Académie de Versailles.
  • Enseignante-documentaliste depuis 1998, j'exerce en collège dans l'Académie de Nice. J'ai animé des formations sur la littérature jeunesse, les carnets de voyage et les blogs dans l'Académie de Versailles.

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 14:08

Je m'interroge toujours sur le manque de motivation des enfants et adolescents pour apprendre, alors que les plus jeunes sont absolument curieux et avides de découvertes.

 

Il me semble que l'enseignement, tel qu'il est traditionnellement pratiqué à l'école ne laisse pas suffisamment de place à la curiosité et au questionnement spontané des élèves.

 

Je viens de lire un article de l'excellent blog Apprendre, réviser, mémoriser , que j'ai synthétisé de façon subjective, sous forme de carte mentale et qui me conforte dans l'importance que pourrait, devrait jouer dans l'enseignement, la recherche documentaire, telle que nous la pratiquons au CDI.

 

Observer, se questionner, rechercher... Apprendre !

Dès la petite enfance, on apprend à partir de l'observation et de la manipulation de ce qui nous entoure.

 

Les questions que cela suscite naturellement donnent envie d'en apprendre plus pour comprendre. D'où l'importance de passer par la phase du questionnement quintilien, qui peut intervenir dans n'importe quel type de travail, ainsi que la formulation d'un certain nombre d'hypothèses, à partir de ce que l'on sait déjà...

 

Observer, se questionner, rechercher... Apprendre !

Ces hypothèses peuvent ensuite être vérifiées et enrichies, grâce à la recherche documentaire ou d'autres approches (en apprenant à questionner les spécialistes, les enseignants...).

 

J'essaie de donner à mes élèves le réflexe de procéder à ces différentes étapes : questionnement, réflexion à partir de ce qu'ils savent, recherche... plutôt que de se jeter directement sur des informations toutes faites, sans recul. Malheureusement, la nouvelle réforme du collège ne permet plus à une grande partie des enseignants-documentalistes de travailler de façon régulière avec les élèves (notamment les 6e) et les enseignants de discipline n'ont pas le temps de s'attarder sur toutes ces étapes dans leurs cours...

 

Continuer patiemment, convaincre collègues et Direction, expliquer l'importance de ces démarches...

 

 

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Publié par Mathilde Bernos - dans Pédagogie
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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 21:17

Une petite présentation autour de la motivation,

qui récapitule des idées tirées de La Pédagogie Positive

d'Audrey Akoun et Isabelle Pailleau

et des livres de Faber et Mazlish.


 

"Clic" pour ouvrir la présentation

Motiver--au-travail.jpg

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Publié par Mathilde Bernos - dans Pédagogie
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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 18:18

La prise de notes, à partir de ses propres idées, d'un discours entendu (cours, conférence...) ou d'un document lu (livre, article, site...) se fait traditionnellement de façon assez linéaire.

Cette activité est souvent perçue comme rébarbative et inutile par les élèves...

Des alternatives sont-elles envisageables ?

 

 

"Clic" pour agrandir l'image

 

Prendre--des-notes.jpg

 

 

Les cartes mentales (aussi appelées "cartes heuristiques" ou "mind map" en anglais), permettent de mettre de l'ordre dans ses idées de façon plus visuelle, facile à mémoriser et ludique à réaliser. Elles sont comme une photo de notre cerveau en train de réfléchir.

 

Elles sont de plus en plus préconisées... que ce soit pour aider les enfants en difficulté (les "dys") ou dans le domaine du management de l'entreprise !


 

 

"Clic" pour agrandir l'image

Carte-mentale.jpg

 

 

 

 

Présentation : usages et élaboration d'une carte mentale

 

"Clic" sur l'image pour voir la présentation Prezi

 

cartes-mentales

 

 

 

 

Voir en ligne

 

- l'article "Faire une carte mentale" (utilisé notamment en initiation 6e).



- les ressources sélectionnées sur Pinterest.


Notamment la Galerie de cartes mentale



- la vidéo de SVTV

 


 

Bibliographie


BUZAN, Tony

Mind Maps for kids : the shortcut to success at school. Thorsons, 2003

Le seul livre adapté pour les élèves, à ma connaissance (les autres sont destinés aux adultes). Je m'en suis très largement inspiré pour cette séance.  En anglais

 

AKOUN, Audrey / PAILLEAU, Isabelle

Apprendre avec la pédagogie positive : à la maison et à l’école, (re)donner à vos enfants le goût d’apprendre. Eyrolles, 2014

Ces deux thérapeutes  sont très favorables à l’utilisation des cartes mentales pour aider les enfants à apprendre. Un chapitre du livre y est consacré.

 

 


Pour aller plus loin…

 

BUZAN, Tony / BUZAN, Barry.

Mind Map : dessine-moi l’intelligence. Eyrolles, 2012

Tony Buzan est le papa de la carte mentale… Ce livre est très détaillé, pour ceux qui veulent vraiment tout savoir sur cet outil.

 

MONGIN, Pierre / DELENGAIGNE

Organisez vos notes avec le Mind Mapping

Dunod, 2013 (Efficacité professionnelle)

Une collection qui regroupe plusieurs titres sur les cartes mentales, selon les usages : organiser ses idées, des projets… Celui-ci est le plus général.

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Publié par Mathilde Bernos - dans Pédagogie
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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 17:09

 

  mémo pédago

 

 

Petit mémo très personnel et subjectif

des pédagogies et lectures qui m'ont inspirées depuis 5 ans.

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Publié par Mathilde Bernos - dans Pédagogie
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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 12:51

 

 

http://farm5.staticflickr.com/4139/4915588080_46229b3c8a.jpg


© Photo Mathilde Bernos

 

 

 

Notes prises lors d’un atelier et la lecture de « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent », d’Adele Faber et Elaine Mazlish. Les citations, sauf mentions contraires, sont extraites de leurs écrits. Cet atelier s’adresse aux parents, mais il me semble adaptable pour des enseignants. Voir la liste des 7 ateliers, dans la rubrique « Pédagogie ».


 

Cela commence de façon innocente, souvent inconsciente… Nos paroles peuvent enfermer les enfants dans des rôles : "elle, c'est la gentillesse incarnée" ou "lui, c'est un égoïste, il n'est jamais content". Les enfants finissent par coller à cette étiquette et être prisonniers des "rôles" qu'on leur attribue, qu’ils soient positifs ou négatifs. Ils se voient avant tout à travers les yeux de leurs parents, et des adultes référents, comme les enseignants. Ils ont au contraire besoin qu’on les aide à affirmer ce qu’ils ont de meilleur et à réorienter ce qu’ils ont de moins bon…

 

L’atelier, sur ce thème délicat, commence par un jeu de rôles. Une mère et un père font un puzzle. Trois « enfants », joués par d’autres adultes qui ne savent rien du scénario, entrent successivement et veulent aider leurs parents à faire le puzzle. Le premier est considéré par eux comme lent, ayant du mal à comprendre. Le second a une étiquette de casse-pieds. Le troisième a une image très positive de quelqu'un de brillant, réussissant tout avec facilité. Les « parents » réagissent et répondent en fonction de ces étiquettes. Une fois l’échange fini, l’animatrice demande à ceux qui ont tenu le rôle des enfants de raconter ce qu’ils en ont pensé. La première s’est sentie dévalorisée, dépitée. La seconde, rejetée. Elle est d’ailleurs devenue très agressive lors de l’échange ! Et la troisième ne s’est pas trouvée valorisée par son image positive. Elle a au contraire eu peur de ne pas savoir répondre aux attentes de ses parents ! Le plus étonnant était de voir les réactions très fortes des trois, alors qu’il s’agissait d’adultes, dans le cadre d’un échange fictif ! Tous les participants ont été frappés par l’impact que la vision que l’on a d’une personne peut avoir sur le comportement de celle-ci. De quoi donner à réfléchir par rapport à ce que l’on peut renvoyer aux élèves sans le vouloir…

 

Alors… comment aider un enfant à sortir du rôle dans lequel il est enfermé ?

 

1) Chercher des occasions de présenter à l’enfant une nouvelle image de lui-même, en mettant en avant ce qui est positif dans son attitude ou ses paroles.

 

A ce propos, on pourra se reporter au compte-rendu de stage avec Mme Sillam : « Remotiver en donnant une nouvelle image de soi »

 

 

2) Mettre l’enfant dans des situations qui lui permettent de se voir différemment, en lui donnant une deuxième chance, pour lui montrer qu’un échec passé ne le condamne pas. Le but est de l’aider à reprendre confiance en lui.

 

 

3) Donner à l’enfant l’occasion d’entendre dire des choses positives à son sujet à une autre personne.

 

 

4) Agir comme l’on souhaiterait que l’enfant le fasse, montrer l’exemple, en paroles et en actes. Si l’on a échoué à faire quelque chose, l’enfant peut ainsi réaliser qu’il y a d’autres façons de réagir que par la colère ou l’insulte…

 


5) Rappeler à l’enfant une réussite passée.

 

 

6) Exprimer ses sentiments et ses attentes, si l’enfant reprend son ancien rôle : « Cette façon de parler ne me plaît pas. Je m’attends à ce que tu… »

 

 

Il est préférable de

-      parler de façon positive : utiliser l’adjectif « adroit » plutôt que « pas négligent »…

-      ne pas ajouter « aujourd’hui » ou « pour une fois »…

-      éviter les généralités, mais être précis, descriptif.

 

Toutes les habiletés décrites dans les ateliers précédents sont utiles pour aider un enfant à sortir d’un rôle !

 

Dans certaines situations, il est parfois difficile de bien réagir, de trouver les mots… On peut toujours prendre le temps et revenir dessus un peu plus tard.

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Publié par Mathilde Bernos - dans Pédagogie
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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 12:39

 

Notes prises lors d’un atelier et la lecture de « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent », d’Adele Faber et Elaine Mazlish. Les citations, sauf mentions contraires, sont extraites de leurs écrits. Cet atelier s’adresse aux parents, mais il me semble adaptable pour des enseignants.

 

Voir la liste des 7 ateliers, dans la rubrique « Pédagogie ».

 

http://farm5.staticflickr.com/4153/4964377111_a33f372df8.jpg


© Photo Mathilde Bernos

 

 

Comment aider l’enfant à construire une bonne estime de lui-même ?
Les différentes « habiletés » présentées lors des précédents ateliers favorisent l’estime de soi : quand on reconnaît les sentiments de l’enfant, que l’on respecte ses choix, que l’on valorise ce qu’il fait (plutôt que de pointer ce qu’il ne fait pas ou mal), la résolution de problème… Les compliments sont aussi une façon de faire grandir cette estime de soi, à condition de ne pas les adresser n’importe comment. Ce que l’on dit et la manière dont on le dit a un impact sur l’enfant, même quand les adultes, parents ou enseignants, sont absents. L’objectif est que l’enfant puisse se sentir apprécié, avoir confiance en lui, sans avoir à chercher constamment l’approbation des autres.

 

 

Comment réagit-on aux compliments ?

 

Quand on reçoit des compliments, on peut se sentir gêné ou avoir l’impression que cela sonne faux, qu’il s’agit d’une moquerie ou que l’on cherche à nous manipuler… Certains éloges sont trop excessifs pour que l’on y croit. Parfois, on peut ne pas se sentir à la hauteur. On se sent également mal à l’aise quand on a l’impression d’être évalué. Or, les compliments portent souvent un jugement de valeur sur ce que l’on a fait : « c’est magnifique », « vous êtes brillant »… Même un compliment apparemment positif peut être mal pris ou susciter le doute chez celui qui le reçoit.

 

 

Comment formuler des compliments ?

 

1) DECRIRE sans juger ou évaluer

Mieux vaut décrire ce que l’on constate, valoriser ce qui a été fait. Cela nécessite plus de temps, d’observer vraiment ce que l’enfant a fait, qu’il s’agisse d’un dessin, d’un travail, d’une action… On donne ainsi à l’enfant les clés de ce que l’on a apprécié, de ce qui est positif, afin qu’il soit capable de le reproduire.

Le compliment descriptif évite les superlatifs (« génial », « super »…), l’adverbe « bien », etc. On fait plutôt une liste, en variant le vocabulaire pour enrichir celui de l’enfant. On essaie d’être concret, factuel et de reconnaître les efforts de l’enfant : « Je vois que… ».

 

Si l’enfant réussit souvent, on évite d’ajouter « je ne suis pas étonné » ou « comme d’habitude », ce qui limiterait le compliment. Même un enfant habitué à réussir a besoin de reconnaissance.

 

On évite également de préciser « enfin »… car cela soulignerait les échecs précédents.

 

Si l’enfant a échoué, on peut simplement lui demander « C’était difficile pour toi ? ». On commence par essayer de mettre en avant ce qui était positif, ce que l’enfant a réussi. Il est alors plus disposé à entendre les critiques sur ce qui ne va pas. On attire son attention sur ce qu’il reste à faire, on lui donne des pistes pour améliorer le reste. Il considèrera davantage les erreurs comme une partie importante du processus d’apprentissage.

 

On aide aussi l’enfant quand on est capable d’accepter ses propres erreurs, d’en tirer profit plutôt que de se faire des reproches : en étant respectueux envers soi-même, on enseigne aux enfants à l’être envers eux-mêmes.

 

Entendre la description précise de ce que l’on a réussi permet d’être capable de reconnaître son propre mérite, de faire son propre éloge. 

 

2) DIRE CE QUE L’ON RESSENT

On peut conclure par « Tu dois être fier de toi… » plutôt que « je suis fier de toi ». Il est plus intéressant que l’enfant se félicite lui-même.

Dans un deuxième temps, on va éventuellement lui dire ce que l’on a pensé ou ressenti : « Je suis très touché… », « J’aime beaucoup… », « J’ai eu plaisir à… ».

 

 

3) RESUMER EN UN MOT

On sépare l’acte de la personne : plutôt que de coller une étiquette à l’enfant en lui disant «  Tu es responsable », « ponctuel », « persévérant », etc… on va plutôt énoncer « C’est ce que j’appelle de la responsabilité », « C’est de la ponctualité »,  « On appelle ça de la persévérance »…

On nomme la capacité dont a fait preuve l’enfant, afin qu’il se sente capable de quelque chose, qu’il l’intériorise. Même si plus tard, il échoue à être responsable, ponctuel, persévérant… il sait qu’il a déjà été capable de l’être.

 

 

4) SE SOUVENIR DES REUSSITES DE L’ENFANT

Pour lui rappeler qu’il a été capable de réussir, dans les moments de doute, de découragement. Plus tard, ce seront autant de points de repère sur lesquels il pourra s’appuyer pour avancer.

 

 

L’enfant a besoin d’attention et de reconnaissance, qu’on l’aide à reconnaître ce qu’il a réussi et le chemin qu’il lui reste à faire. L’objectif de cette manière de formuler ses compliments, est d’arriver à féliciter sans écraser et de critiquer sans blesser. Les compliments descriptifs aident à connaître ses points forts, à se faire une image plus précise de ce que l’on est capable de faire. Ils incitent à répéter ce que l’on a réussi et stimulent l’effort. Cela lui permet de construire l’image qu’il se fait de lui-même, influe sur les buts qu’il se fixera

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Publié par Mathilde Bernos - dans Pédagogie
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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:54

Notes prises lors d’un atelier et la lecture de « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent », d’Adele Faber et Elaine Mazlish. Les citations, sauf mentions contraires, sont extraites de leurs écrits. Cet atelier s’adresse aux parents, mais il me semble adaptable pour des enseignants.

 

Voir la liste des 7 ateliers, dans la rubrique « Pédagogie ».


 

http://farm3.staticflickr.com/2771/4443237127_805d9d1bf8_z.jpg

© Photo Mathilde Bernos

 

 

 

Un des objectifs principaux de l’éducation est de faire des enfants, des élèves, des adultes indépendants, capables de penser par eux-mêmes et de prendre leurs propres décisions, comme l’évoque Khalil Gibran, dans Le Prophète:


Vos enfants ne sont pas vos enfants.

[…]

Vous pouvez leur donner votre amour mais pas vos pensées,

Car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez héberger leurs corps, mais pas leurs âmes,

Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,

pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,

mais vous ne pouvez pas les faire être comme vous.

Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.

 

 

Pourtant, la manière dont nous leur parlons et dont nous réagissons ne favorise pas toujours l’autonomie, malgré nos bonnes intentions :


-      quand nous leur demandons d’obéir en les infantilisant ;

-      quand nous voulons trop les aider ;

-      quand nous ne leur laissons pas suffisamment d’intimité, de liberté, d’autonomie…


Les enfants dépendent de nous : à cause de leur manque d’expérience, nous avons beaucoup à leur dire, à leur montrer, à leur apprendre. Mais le fait même de dépendre de nous peut entraîner chez eux de l’hostilité. Il est frustrant que les adultes se chargent de tout et ne les laissent pas agir par eux-mêmes.

 

 

Alors, comment minimiser leur sentiment de dépendance et les aider à devenir des êtres humains responsables et compétents et à se voir comme tels ?

 

Quelques pistes...


 

-      Laisser l’enfant faire des choix


L’adulte pose un cadre et propose un choix simple, entre deux possibilités par exemple. L’enfant se sent alors plus responsable de ce qu’il a choisi.

« Pour l’enfant, chaque petit choix représente une occasion de plus d’assumer la responsabilité de sa propre vie. »


 

-      Reconnaître et valoriser les efforts de l’enfant

 

au lieu de faire à sa place ou de le dénigrer…

en accompagnant ses efforts par une petite phrase : « C’est parfois difficile de… Cela peut être délicat de… »

 

« On croit généralement encourager l’enfant en disant : « C’est facile ». En réalité, on ne lui rend pas service. S’il réussit à exécuter une chose facile, il a l’impression de ne pas avoir accompli grand-chose. S’il rate son coup, il n’a même pas été capable de faire une chose simple.

 

Par contre, si on lui dit : « Ce n’est pas facile » ou encore « ça peut être difficile », il s’adresse à lui-même un tout autre message. En cas de réussite, il peut éprouver la fierté d’avoir accompli une chose difficile. En cas d’échec, il peut au moins avoir la satisfaction de savoir que cette tâche était difficile. »


Et il est effectivement difficile de faire une chose nouvelle pour la toute première fois !

On peut l’aider en lui donnant une explication, des renseignements utiles pour réussir :  «C’est parfois utile de… »

 

Si l’enfant est fatigué, il peut cependant avoir besoin d’un peu d’attention ou de se sentir plus aidé…

 

 

-      Ne pas poser trop de questions


pour lui laisser la place et liberté de raconter ce qu’il souhaite.

 

 

-      Ne pas se presser de répondre à ses questions


pour lui laisser le temps pour trouver la solution, l’opportunité de réfléchir et s’exprimer.


On peut reformuler sa question, ou lui demander ce qu’il en pense :

« C’est une question intéressante, qu’en penses-tu ? »

 

En cours, il est intéressant de commencer une nouvelle séquence par un point sur ce que connaissent déjà les élèves sur le thème abordé. Dans le cadre de recherches documentaires, on part souvent de ce que l’on sait déjà, pour ensuite mieux se poser des questions qui vont guider la recherche.

 

Il s’agit aussi d’une démarche sous-jacente dans les « ateliers philo », où les enfants explorent eux-mêmes une question, pendant que l’enseignant écoute en silence…


 

-      L’encourager à utiliser des ressources extérieures


L’adulte n’a pas toujours réponse à tout et l’enfant peut trouver par lui-même une réponse, grâce à un document ou en questionnant une personne plus informée… Cela diminue le sentiment de dépendance, et montre que l’on peut trouver de l’aide dans le monde extérieur.

 

 

-      Ne pas supprimer l’espoir


Encourager ses initiatives, ses idées. Faire confiance.


« Une grande partie du plaisir de la vie provient des rêves, des projets, de la fantaisie, de l’anticipation. En essayant de préparer les enfants à une déception possible, on peut les priver d’expériences importantes. […] On les protège aussi contre l’espoir, l’effort, le rêve et, parfois, contre l’atteinte de leurs rêves. »


Par exemple, si l’enfant envisage de faire une carrière de médecin ou d’ingénieur, mieux vaut le laisser chercher le niveau d’études nécessaire, plutôt que de lui dire que ce ne sera jamais possible avec ses résultats scolaires…

 

 

 

Et encore…


-      Reconnaître à l’enfant le droit à son propre corps


En s’abstenant de lui redresser les épaules, ou de remettre en place une mèche de cheveux…

 

-      Ne pas parler d’un enfant à une autre personne en sa présence.


 

-      Laisser l’enfant répondre par lui-même.


 

-      Lui montrer que l’on a confiance dans son aptitude à réussir dans l’avenir, quand il sera prêt.


 

-      Ne pas abuser du mot "non".

 

Essayer de le remplacer…

 

  • En donnant des renseignements ;

 

  • En accueillant les sentiments ;

 

  • En décrivant le problème ;

 

  • En le remplaçant par oui :

« Oui, tu peux aller jouer, après avoir fini ton exercice »


  • Se donner le temps de la réflexion :

« Laisse-moi y penser »

 

 

 

-      Réfléchir à la manière de formuler ses conseils.

 

  • Aider l’enfant à mettre de l’ordre dans ses idées et sentiments ;

 

  • Reformuler son problème comme une question ;

 

  • Indiquer les ressources extérieures pour l’aider ;

 

  • Commencer une suggestion par « Comment te sentirais-tu à l’idée de…? Que penses-tu de…? »

 

  • Exprimer ses propres idées, après que l’enfant ait pu explorer seul le problème : « Je crois que…? Je sens que…? »

 


 

Quelques idées pour favoriser l’autonomie au CDI 


Le CDI me semble un lieu propice pour favoriser l’autonomie des élèves, puisqu'il est justement pensé pour leur permettre de chercher par eux-mêmes et que le savoir n’y est pas dispensé de façon magistrale.


 

-      Inciter les élèves à partir de leurs propres connaissances, quand ils démarrent une recherche documentaire. 

 

Carnet de recherche

 http://lebateaulivre.over-blog.fr/article-carnet-recherche-38055080.html


Commencer une recherche

http://lebateaulivre.over-blog.fr/article-commencer-recherche-doc-egypte-60422421.html

 

 

-      Mettre à disposition des fiches méthodologiques, papiers et / ou en ligne, pour favoriser la recherche en autonomie.

 

    Initiation 6e (diaporamas et fiches méthodologiques)

    http://lebateaulivre.over-blog.fr/pages/Initiation_a_la_recherche_documentaire_en_6e-1451224.html

 

-      Mettre en place des ateliers Philo.

     http://lebateaulivre.over-blog.fr/article-36002401.html

 

 

-      Proposer aux élèves de devenir « délégués CDI ».

     http://lebateaulivre.over-blog.fr/article-des-eleves-delegues-cdi-59150454.html

 

 

Etc !

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Publié par Mathilde Bernos - dans Pédagogie
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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 17:45

 

Notes prises lors d’un atelier et la lecture de « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent », d’Adele Faber et Elaine Mazlish. Les citations sont extraites de leurs écrits. Cet atelier s’adresse aux parents, mais il me semble adaptable pour des enseignants.

 

 

Voir la liste des 7 ateliers dans la rubrique « Pédagogie ».


 

http://farm2.staticflickr.com/1292/4670005630_f987b3ffe8.jpg


© Photo Mathilde Bernos

 

 

 

L’atelier commence par une réflexion autour de la punition…

 

Pourquoi punit-on ?

  • Pour éviter que l’enfant ne refasse la bêtise.
  • Pour se faire respecter.
  • Quand on se sent désemparé, qu’on ne sait plus comment faire autrement.
  • À cause du regard des autres adultes

 

Comment punit-on ?

  • On isole
  • On confisque
  • On prive de quelque chose

 

Que ressent l’enfant puni ? Qu’éprouvions-nous enfant ?

  • De la culpabilité
  • De l’humiliation
  • Du mépris
  • De la colère
  • Un désir de vengeance

 

La punition ne résout pas les problèmes sur le long terme…

  • Elle n’empêche pas les bêtises d’être reproduites.
  • Elle provoque des sentiments négatifs.
  • Elle donne un modèle à imiter : frapper un enfant lui enseigne à utiliser la violence pour riposter, vis-à-vis de ses camarades, puis plus tard avec ses propres enfants.
  • Elle empêche de regarder sa conduite en face et de chercher des solutions positives pour la réparer.
  • Elle incite à considérer que l’on a déjà subi les conséquences de son méfait et à se sentir libre de le répéter, puisque le contrôle est venu de l’extérieur et qu’on ne l’a pas intériorisé. 

 

« La discipline est essentiellement une orientation programmée en vue d’aider les gens à développer leur maîtrise de soi, leur autonomie et leurs compétences. Pour qu’elle donne des résultats, la discipline requiert respect et confiance mutuels. A l’opposé, la punition suppose un contrôle externe sur la personne par la force et la coercition. La personne qui punit respecte rarement celle qui est punie et elle ne lui fait pas confiance. »[1]

 

 

Il ne s’agit donc pas de laisser faire n’importe quoi aux enfants,

mais de les aider à intérioriser les limites.

 

 

L’adulte FIXE LE CADRE, qui doit être :


-      cohérent : compréhensible, expliqué.


-      constant : toujours pareil (en fonction de l’âge de l’enfant).


-      clair.


-      connu d’avance.


-      avec des conséquences s’il n’est pas respecté.


Ainsi, plutôt que de punition, on parle de conséquence : elle découle comme un résultat naturel du comportement de l’enfant. Ce dernier apprend mieux à partir des réalités d’une réaction authentique qu’à partir d’une punition déconnectée de son comportement. S’il a sali ou cassé quelque chose, il va nettoyer ou aider à réparer, plutôt que recopier des lignes…

 

 

L’adulte travaille sur LA PREVENTION :

 

1.     Donner à l’enfant l’occasion de se rendre utile.

 

2.    Manifester son désaccord avec le comportement de l’enfant, sans attaquer sa personnalité.

 

3.    Formuler ses attentes, en rappelant le cadre et en indiquant à l’enfant comment redresser la situation.

« En évitant de blâmer ou de punir, on rend les enfants libres de chercher à prendre leurs responsabilités, au lieu de chercher à se venger. »

 

4.    Donner un choix à l’enfant.

 

5.    Passer à l’action avec fermeté.

 

6.    Laisser l’enfant faire l’expérience des conséquencesde son comportement.

 

 

 

FACE A UN PROBLEME PERSISTANT DE DISCIPLINE,

on utiliser la résolution de problème.

 

Mise en place :

  • Attendre le calme de tous les protagonistes.
  • Attendre la disponibilité des protagonistes, d’avoir du temps.
  • Etre attentif.

 

Différentes étapes :

1. Être dans l’empathie : commencer par reconnaître les sentiments et les besoins de l’enfant face à la situation.


2. Exprimer brièvement ses sentiments et besoins.


3. Prendre un papier et un crayon pour un « brain-storming ».


4. Écrire toutes les idées, sans jugement, en laissant l’initiative de la première idée à l’enfant (s’il n’en a pas, c’est que ce n’est peut-être pas le bon moment…)


5. Trier, en laissant l’enfant barrer en premier une idée qui ne lui convient pas et choisir les suggestions auxquelles on envisage de donner suite.


6. Passer à l’acte.


 

Les enfants peuvent nous étonner par les solutions qu’ils proposent. « Nous devons laisser tomber l’idée que, étant adultes, nous détenons toujours la bonne réponse. » Les solutions adoptées devront sans doute être réajustées, en fonction des saisons, de l’âge de l’enfant… Une autre technique pouvant être menée avec un groupe, pour chercher ensemble des solutions à un problème : "la lettre à un ami ".

Voir l'article "Remotiver en donnant une nouvelle image de soi"

 

 

Ce type de démarches permet de transmettre un message important : quand surgit un conflit, on peut le régler sans se braquer les uns contre les autres, mais en recherchant des solutions qui respectent les besoins de chacun. « Nous leur donnons des outils qui leur permettront de  participer activement à la résolution des problèmes auxquels ils auront à faire face maintenant, alors qu’ils vivent au foyer, puis dans le monde difficile et complexe qui les attend. »

 

 

 



[1] Brian G. Gilmartin. « The Case Agasint Spanking ». Human Behavior, février 1979. Cité par Adele Faber et Elaine Mazlish 

 

 

 

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Publié par Mathilde Bernos - dans Pédagogie
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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 15:36

Notes prises lors d’un atelier et la lecture de « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent », d’Adele Faber et Elaine Mazlish. Cet atelier s’adresse aux parents, mais il me semble adaptable pour des enseignants.

 

Voir la liste des 7 ateliers dans la rubrique « Pédagogie ».


 

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© Photo Mathilde Bernos

 

 

« Fais pas ci, fais pas ça

Viens ici, mets-toi là

Attention prends pas froid

Ou sinon gare à toi

Je ne le dirai pas deux fois

[…]

Tu n'es qu'un bon à rien

Je le dis pour ton bien

Si tu ne fais rien de meilleur

Tu seras balayeur

Fais pas ci fais pas ça[1] »

 

 

Dans une journée, combien de fois demande-t-on à un enfant ou un adolescent de faire ou ne pas faire quelque chose ? Nous sommes alors exaspérés de répéter sans cesse la même chose et eux finissent pas ne plus écouter…

 

Qu’attend-on vraiment d’eux ?

Qu’ils obéissent ?

ou qu’ils coopèrent ?...

 

Certains ordres ne sont pas négociables. Il est parfois indispensable que l’enfant obéisse, notamment en cas de danger ou quand nous n’avons pas le temps. Mais il n’est profitable pour personne d’être dans le conflit permanent.

 

La coopération implique l’entraide, le fait de travailler ensemble. D’un point de vue pédagogique, la coopération semble plus intéressante, plus formatrice que la simple obéissance. Pour susciter la coopération, il faut que l’autre se sente concerné, concerté et pris en compte. Elle suppose qu’il a le choix. On peut réfléchir à ce qui est négociable, dans nos exigences, par exemple le moment ou la manière dont ce que l’on demande va être fait….

 

Habituellement, comment nous faisons-nous obéir ? Voici quelques exemples de phrases dans lesquelles on peut peut-être se reconnaître…

  1. Blâmes et accusations : Combien de fois faut-il te dire que… tu as encore… tu n’écoutes jamais…
  2. Injures : C’est vraiment débile… tu es nul… regarde ta façon de faire !...
  3. Menaces : Si tu ne… je vais te punir… tu auras une heure de colle…
  4. Ordres : Dépêche-toi… qu’attends-tu ?... fais-le tout de suite…
  5. Sermons : Il faut faire aux autres ce que nous voudrions qu’ils nous fassent
  6. Avertissements : Fais attention ! sois prudent !...
  7. Victimisation : Tu veux me rendre malade ?...
  8. Comparaisons : Pourquoi tu ne fais pas comme untel ? Il réussit toujours…
  9. Sarcasmes : C’est vraiment malin !
  10. Prédictions : « Si tu ne fais rien de meilleur, tu seras balayeur ! » 

 

Comment nous sentirions-nous si l’on nous parlait de la sorte ? Culpabilisé ? Triste ? Inquiet ? En colère ? Cela nous donnerait-il envie de coopérer ? C’est bien souvent inefficace, en plus d’être humiliant pour l’enfant…

 

Comment faire alors pour amener les enfants à coopérer, sans blesser leur estime de soi et les braquer ? Comment leur manifester qu’on les estime comme des personnes capables de trouver une solution au problème qu’on leur expose et non comme des incapables, dont on met en doute la capacité à agir de façon positive. Pourquoi feraient-ils un effort, s’ils sentent que c’est perdu d’avance, que nous ne leur accordons pas notre confiance ? Il faut aussi se demander si notre attente est réaliste par rapport à l’âge, aux capacités de l’enfant. L’enfant a-t-il compris la règle ?

 

1- Faire une description de la situation… sans utiliser le « tu »…

Cela dispense de chercher qui est le coupable et incite l’enfant à se concentrer sur ce qui doit être fait, plutôt que d'essayer de se justifier ou accuser l’autre ("c'est pas moi !"). 

Je vois qu’il y a des papiers par terre. Il nous faut une poubelle.

 

2- Donner une information, quand l’autre ne la connaît pas encore.

Mieux vaut éviter de donner une information que l’enfant connaît déjà, pour qu’il ne se sente pas infantilisé.

 

3- Dire en un mot… ou même en un geste…

Cela évite des explications fatigantes pour l’adulte et ennuyeuses pour l’enfant !

Chewing-gum

(ou montrer la bouche et la poubelle…)

 

4- Décrire ses sentiments

Par rapport à un comportement, une action et non par rapport à la personne

et formuler ses attentes de façon simple et claire.

Il faut être authentique. Il y a des moments où nous perdons vraiment patience !

Cela suscite l’apprentissage d’un respect mutuel des sentiments de l’autre.

Quand je vois des papiers jetés par terre, je me sens vraiment en colère.

Je m’attends à ce que tu ramasses tout.

 

On peut trouver des images pour indiquer la taille de sa patience…

Aujourd’hui elle est grosse comme une pastèque… un pamplemousse… un petit pois…

 

5- Ecrire une note... en ayant recours à l’humour !


 

Ces procédés sont « économiques » pour l’adulte (peu de mots, sans colère…) et ne suscitent pas de mauvais sentiments chez l’enfant (pas d’humiliation, de culpabilité ou de haine…).

 

Évidemment, ils ne vont pas marcher à tous les coups... Les auteurs Adele Faber et Elaine Mazlish nous rappellent l’objectif, qui, je trouve, donne envie de faire l’effort de changer nos automatismes :

 

« Les enfants ne sont pas des robots. De plus, notre but n’est pas de présenter des techniques de manipulation du comportement, capables d’entraîner à tout coup une réaction automatique.


Notre but est de nous adresser à ce qu’il y a de meilleur chez nos enfants : leur intelligence, leur initiative, leur sens des responsabilités, leur sens de l’humour, leur capacité d’être sensibles aux besoins des autres.


Nous voulons mettre fin aux discours qui blessent l’âme et nous recherchons le langage qui nourrit l’estime de soi.


Nous voulons créer un climat émotionnel qui encourage les enfants à coopérer, parce qu’ils se soucient d’eux-mêmes et de nous.


Nous voulons donner un exemple du genre de communication respectueuse que nous espérons voir nos enfants utiliser avec nous. »[2]

 

 




[1] « Fais pas ci fais pas ça » de Jacques Dutronc.


[2]Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent. Relations Plus. P. 114-115


 


 


 

 

 




[1] « Fais pas ci fais pas ça » de Jacques Dutronc.

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Publié par Mathilde Bernos - dans Pédagogie
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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 17:59

 

Notes prises lors d’un atelier et la lecture de « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent », d’Adele Faber et Elaine Mazlish. Cet atelier s’adresse aux parents, mais il me semble adaptable pour des enseignants.

 

 

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© Photo Mathilde Bernos

 

 

Les enfants, les adolescents sont aux prises avec de vives émotions, qu’ils ont parfois du mal à gérer et peuvent déclancher des colères, de l’agressivité. Ces deux auteurs proposent aux adultes de moins parler… ce qui permet ainsi d’écouter davantage, entendre ce que l’enfant a vraiment à dire, au-delà de ce qu’il arrive à formuler, puisqu’il manque parfois de recul pour comprendre ce qu’il ressent ou de mots pour l’exprimer.

 

Les auteurs nous rappellent que le comportement de l’enfant est lié à ses ressentis et que tous ses sentiments sont légitimes. Comment nier que quelqu’un ressent quelque chose à un moment donné ? Si un enfant se sent d’une certaine façon, c’est de cette façon que les choses existent pour lui à ce moment là. Ses sentiments doivent être reconnus, même quand ils sont négatifs, désagréables. C’est une manière de l’aider à reconnaître et nommer ses propres sentiments et de lui donner ainsi confiance en ses propres perceptions. Cela permet de lui faire prendre conscience que ses émotions sont supportables. En outre, c’est quand un enfant se sent bien, écouté, qu’il peut penser et agir : évacuer les sentiments difficiles laisse de la place pour d’autres sentiments positifs.

 

Le conférencier Haim Ginott, cité dans Parents épanouis, enfants épanouis des mêmes auteurs, explique que l’objectif est ainsi de « trouver des façons d’aider nos enfants à devenir humains et forts. A quoi cela nous avance-t-il d’éduquer un jeune enfant à être soigné, poli et charmant, s’il est incapable de réagir devant la souffrance des autres ? Qu’a-t-on accompli si on a élevé un enfant brillant, un premier de la classe, qui utilise son intelligence pour manipuler les autres ?

Voulons-nous vraiment des enfants tellement bien adaptés qu’ils sont d’accord avec une situation injuste ? Les Allemands se sont trop bien conformés aux ordres des nazis, qui leur commandaient d’exterminer des millions de leurs semblables. Comprenez-moi bien : je ne m’oppose pas à ce qu’un enfant soit poli, soigné ou instruit. La question cruciale pour moi est la suivante : quelles méthodes a-t-on utilisées pour parvenir à ces fins ? S’il s’agit d’insultes, d’attaques et de menaces, alors on peut être certain qu’on a aussi enseigné à cet enfant à insulter, à attaquer ou à menacer, et à plier sous la menace.

Si, d’un autre côté, on utilise des méthodes qui sont humanisantes, alors on enseigne quelque chose de beaucoup plus important qu’une série de vertus isolées. On montre à l’enfant comment être une personne, un mensch, un être humain qui peut conduire sa vie avec force et dignité. »

 

Comment y parvenir ? La première étape consiste, comment dans la communication non-violente à reformuler le ressenti de l’enfant. Il est préférable de ne pas trop parler pour laisser de la place à l’enfant. Eviter le « pourquoi », car l’enfant n’a pas toujours la réponse et cela peut bloquer sa parole au lieu de la libérer. On peut l'encourager : « Oui, c’est dur, c’est difficile, et j’ai confiance que tu vas trouver un moyen de t’en sortir. »

 

Cela suppose aussi de se défaire de ses habitudes, de désapprendre l’ancien langage, les réponses, les phrases que l’on peut avoir l’habitude de dire à un enfant dont le comportement est pénible.

 

Les auteurs suggèrent d’éviter le langage qui évalue, les expressions qui jugent le caractère et l’habileté de l’enfant (stupide, maladroit, méchant… ou même beau, bon, merveilleux…). Mais plutôt de décrire ce que l’on voit, ce que l’on ressent. Quand il y a des problèmes, on se concentre sur les solutions.

 

Le conférencier Haim Ginott raconte : « Une petite fille m’a apporté une peinture en me demandant : « c’est bien ? » Je l’ai regardée et j’ai répondu : « Je vois une maison mauve, un soleil rouge sur un fond de ciel bleu et beaucoup de fleurs. J’ai l’impression d’être à la campagne. » En souriant elle a dit : « Je vais en faire un autre ! »

Supposons que j’ai répondu : « Merveilleux, tu es une grande artiste ! » Je puis vous assurer que cette peinture aurait été sa dernière de la journée. Après tout, que peut-on faire de mieux que merveilleuxet splendide. J’en suis convaincu : les mots qui évaluent créent un obstacle pour l’enfants. Les mots qui décrivent le libèrent. 

J’aime aussi les mots qui décrivent, parce qu’ils invitent l’enfant à trouver ses propres solutions à un problème. Voici un exemple. Si un enfant renverse un verre de lait, je lui dis : « je vois du lait renversé » et je lui tends une éponge. De cette façon, j’évite le blâme et je mets l’accent là où il va : sur ce qu’il y a à faire.

Si je disais plutôt : « Idiot ! Tu renverses toujours tout. Tu n’apprendras donc jamais rien ? » on peut être certain que toute l’énergie de l’enfant serait mobilisée pour sa défense plutôt que pour la recherche d’une solution. On entendrait : « Robert m’a poussé la main ! ou bien : « c’est pas moi, c’est le chien. » »

 

Il faut éviter les paroles qui détruisent, qui blessent. Et ne pas hésiter à exprimer également ce que l’on ressent.

« Même quand on est fâché, on peut encore utiliser une sorte de mot qui ne détruit pas les personnes, un langage qui ne leur porte pas atteinte. […] On peut se sentir libre d’exprimer ses vrais sentiments, mais pas avec des insultes ni des accusations. Ne pas dire : « Pourquoi es-tu si négligent ? » ni : Tu ne prends jamais soin de tes choses ; tu as déjà brisé toutes les belles choses que je t’ai achetées. » […] mais « Cette chambre ne fait pas plaisir à voir ! ou bien « Je vois quelque chose qui me met en colère ! »

 

Les auteurs suggèrent encore d’utiliser la fantaisie, l’imagination… : "tu ne veux pas aller à l'école ? mmh je te comprends, moi non plus je n'ai pas très envie d'aller au travail aujourd'hui. Si on avait une baguette magique on irait où ? A la mer ? et on pourrait avoir un gros matelas pneumatique sur lequel on flotterait ! Et on ferait des châteaux de sable ? etc"

 

de remplacer une menace par un choix : au lieu de donner un ordre à son enfant, lui permettre d'avoir une "certaine" liberté de choix "tu préfères te brosser les dents avant ou après avoir mis ton pyjama ?"

 

ou encore d’éviter d'utiliser le "non" : au lieu de "non tu ne peux plus jouer viens à ta table tout de suite", plutôt un "oui tu pourras jouer un peu après le dîner".

 

Etre dans l’empathie ne signifie pas pour autant que l’on est d’accord avec l’enfant. Si les sentiments sont légitimes, les comportements, eux ne sont pas tous acceptables.

 

L’adulte peut limiter la manière dont la parole est exprimée, les gros mots, l’agressivité ou certains gestes : on ne peut pas exprimer les choses de n’importe quelle façon, mais seulement d’une façon acceptable socialement.

- « Je peux voir que tu es fâché, mais tu devras trouver une autre façon de m’en parler. »

 

On peut aussi montrer ses propres limites dans l’écoute.

- « Je t’entends. Tu me dis que (description…). Je comprends mais je ne suis plus capable d’écouter. Je vais retourner faire (description…). Et pendant ce temps, je saurai à quel point tu est en colère / déçu / triste… »

 

 

 

 

PETITE BOÎTE A OUTILS

POUR APAISER LE CLIMAT DANS LA CLASSE

 

Cette approche suppose, pour l’adulte, de désapprendre les habitudes qui consistent à répondre…

- C’est idiot de se sentir comme ça.

- Tu te fais une montagne d’un rien.

- C’est pour les bébés.

- Ce n’est pas gentil.

- Tu es toujours…

- C’est comme ça, c’est la vie.

 

… et apprendre un nouveau langage :

-      Je vois que tu ressens de la colère…

-      Tu dois être déçu…

-      Tu sembles frustré…

-      Tu as l’air content…

-      Je vois…

-      Ce peut être vraiment blessant de…

-      C’est difficile pour toi de…

 

On évite de diminuer l’estime de soi de l’interlocuteur…

-      Infantiliser, sermonner

-      Conseiller celui qui n’est pas disposer à entendre

-      Culpabiliser...

 

Et on essaie de… 

-     Ecouter avec attention

-     Ponctuer d’un simple mot (mmmh.. oh… je vois…)

-     Avoir une attitude non verbale attentive : se tourner vers l’enfant, le regarder…

-     Nommer le sentiment

-     Faire appel à l’imaginaire

 

On peut aussi :

-      Ecrire ce que l’enfant ressent et lui relire.

-      Le faire dessiner.

-      Utiliser des listes de vocabulaire ou des images (selon l’âge des enfants) illustrant différents sentiments, pour les aider à reconnaître et exprimer ce qu’ils ressentent : la colère, la joie, la tristesse…

-      Faire fabriquer une boîte à humeurs, dans laquelle chacun peut glisser ce qu’il ressent.

-      Proposer des ateliers philo (voir la rubrique Clubs)…

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