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  • Mathilde Bernos
  • Enseignante-documentaliste depuis 1998, j'exerce en collège dans l'Académie de Nice. J'ai animé des formations sur la littérature jeunesse, les carnets de voyage et les blogs dans l'Académie de Versailles et sur la relaxation et le bien-être dans l’Académie d’Aix-Marseille.
  • Enseignante-documentaliste depuis 1998, j'exerce en collège dans l'Académie de Nice. J'ai animé des formations sur la littérature jeunesse, les carnets de voyage et les blogs dans l'Académie de Versailles et sur la relaxation et le bien-être dans l’Académie d’Aix-Marseille.

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 17:59

 

Notes prises lors d’un atelier et la lecture de « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent », d’Adele Faber et Elaine Mazlish. Cet atelier s’adresse aux parents, mais il me semble adaptable pour des enseignants.

 

 

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© Photo Mathilde Bernos

 

 

Les enfants, les adolescents sont aux prises avec de vives émotions, qu’ils ont parfois du mal à gérer et peuvent déclancher des colères, de l’agressivité. Ces deux auteurs proposent aux adultes de moins parler… ce qui permet ainsi d’écouter davantage, entendre ce que l’enfant a vraiment à dire, au-delà de ce qu’il arrive à formuler, puisqu’il manque parfois de recul pour comprendre ce qu’il ressent ou de mots pour l’exprimer.

 

Les auteurs nous rappellent que le comportement de l’enfant est lié à ses ressentis et que tous ses sentiments sont légitimes. Comment nier que quelqu’un ressent quelque chose à un moment donné ? Si un enfant se sent d’une certaine façon, c’est de cette façon que les choses existent pour lui à ce moment là. Ses sentiments doivent être reconnus, même quand ils sont négatifs, désagréables. C’est une manière de l’aider à reconnaître et nommer ses propres sentiments et de lui donner ainsi confiance en ses propres perceptions. Cela permet de lui faire prendre conscience que ses émotions sont supportables. En outre, c’est quand un enfant se sent bien, écouté, qu’il peut penser et agir : évacuer les sentiments difficiles laisse de la place pour d’autres sentiments positifs.

 

Le conférencier Haim Ginott, cité dans Parents épanouis, enfants épanouis des mêmes auteurs, explique que l’objectif est ainsi de « trouver des façons d’aider nos enfants à devenir humains et forts. A quoi cela nous avance-t-il d’éduquer un jeune enfant à être soigné, poli et charmant, s’il est incapable de réagir devant la souffrance des autres ? Qu’a-t-on accompli si on a élevé un enfant brillant, un premier de la classe, qui utilise son intelligence pour manipuler les autres ?

Voulons-nous vraiment des enfants tellement bien adaptés qu’ils sont d’accord avec une situation injuste ? Les Allemands se sont trop bien conformés aux ordres des nazis, qui leur commandaient d’exterminer des millions de leurs semblables. Comprenez-moi bien : je ne m’oppose pas à ce qu’un enfant soit poli, soigné ou instruit. La question cruciale pour moi est la suivante : quelles méthodes a-t-on utilisées pour parvenir à ces fins ? S’il s’agit d’insultes, d’attaques et de menaces, alors on peut être certain qu’on a aussi enseigné à cet enfant à insulter, à attaquer ou à menacer, et à plier sous la menace.

Si, d’un autre côté, on utilise des méthodes qui sont humanisantes, alors on enseigne quelque chose de beaucoup plus important qu’une série de vertus isolées. On montre à l’enfant comment être une personne, un mensch, un être humain qui peut conduire sa vie avec force et dignité. »

 

Comment y parvenir ? La première étape consiste, comment dans la communication non-violente à reformuler le ressenti de l’enfant. Il est préférable de ne pas trop parler pour laisser de la place à l’enfant. Eviter le « pourquoi », car l’enfant n’a pas toujours la réponse et cela peut bloquer sa parole au lieu de la libérer. On peut l'encourager : « Oui, c’est dur, c’est difficile, et j’ai confiance que tu vas trouver un moyen de t’en sortir. »

 

Cela suppose aussi de se défaire de ses habitudes, de désapprendre l’ancien langage, les réponses, les phrases que l’on peut avoir l’habitude de dire à un enfant dont le comportement est pénible.

 

Les auteurs suggèrent d’éviter le langage qui évalue, les expressions qui jugent le caractère et l’habileté de l’enfant (stupide, maladroit, méchant… ou même beau, bon, merveilleux…). Mais plutôt de décrire ce que l’on voit, ce que l’on ressent. Quand il y a des problèmes, on se concentre sur les solutions.

 

Le conférencier Haim Ginott raconte : « Une petite fille m’a apporté une peinture en me demandant : « c’est bien ? » Je l’ai regardée et j’ai répondu : « Je vois une maison mauve, un soleil rouge sur un fond de ciel bleu et beaucoup de fleurs. J’ai l’impression d’être à la campagne. » En souriant elle a dit : « Je vais en faire un autre ! »

Supposons que j’ai répondu : « Merveilleux, tu es une grande artiste ! » Je puis vous assurer que cette peinture aurait été sa dernière de la journée. Après tout, que peut-on faire de mieux que merveilleuxet splendide. J’en suis convaincu : les mots qui évaluent créent un obstacle pour l’enfants. Les mots qui décrivent le libèrent. 

J’aime aussi les mots qui décrivent, parce qu’ils invitent l’enfant à trouver ses propres solutions à un problème. Voici un exemple. Si un enfant renverse un verre de lait, je lui dis : « je vois du lait renversé » et je lui tends une éponge. De cette façon, j’évite le blâme et je mets l’accent là où il va : sur ce qu’il y a à faire.

Si je disais plutôt : « Idiot ! Tu renverses toujours tout. Tu n’apprendras donc jamais rien ? » on peut être certain que toute l’énergie de l’enfant serait mobilisée pour sa défense plutôt que pour la recherche d’une solution. On entendrait : « Robert m’a poussé la main ! ou bien : « c’est pas moi, c’est le chien. » »

 

Il faut éviter les paroles qui détruisent, qui blessent. Et ne pas hésiter à exprimer également ce que l’on ressent.

« Même quand on est fâché, on peut encore utiliser une sorte de mot qui ne détruit pas les personnes, un langage qui ne leur porte pas atteinte. […] On peut se sentir libre d’exprimer ses vrais sentiments, mais pas avec des insultes ni des accusations. Ne pas dire : « Pourquoi es-tu si négligent ? » ni : Tu ne prends jamais soin de tes choses ; tu as déjà brisé toutes les belles choses que je t’ai achetées. » […] mais « Cette chambre ne fait pas plaisir à voir ! ou bien « Je vois quelque chose qui me met en colère ! »

 

Les auteurs suggèrent encore d’utiliser la fantaisie, l’imagination… : "tu ne veux pas aller à l'école ? mmh je te comprends, moi non plus je n'ai pas très envie d'aller au travail aujourd'hui. Si on avait une baguette magique on irait où ? A la mer ? et on pourrait avoir un gros matelas pneumatique sur lequel on flotterait ! Et on ferait des châteaux de sable ? etc"

 

de remplacer une menace par un choix : au lieu de donner un ordre à son enfant, lui permettre d'avoir une "certaine" liberté de choix "tu préfères te brosser les dents avant ou après avoir mis ton pyjama ?"

 

ou encore d’éviter d'utiliser le "non" : au lieu de "non tu ne peux plus jouer viens à ta table tout de suite", plutôt un "oui tu pourras jouer un peu après le dîner".

 

Etre dans l’empathie ne signifie pas pour autant que l’on est d’accord avec l’enfant. Si les sentiments sont légitimes, les comportements, eux ne sont pas tous acceptables.

 

L’adulte peut limiter la manière dont la parole est exprimée, les gros mots, l’agressivité ou certains gestes : on ne peut pas exprimer les choses de n’importe quelle façon, mais seulement d’une façon acceptable socialement.

- « Je peux voir que tu es fâché, mais tu devras trouver une autre façon de m’en parler. »

 

On peut aussi montrer ses propres limites dans l’écoute.

- « Je t’entends. Tu me dis que (description…). Je comprends mais je ne suis plus capable d’écouter. Je vais retourner faire (description…). Et pendant ce temps, je saurai à quel point tu est en colère / déçu / triste… »

 

 

 

 

PETITE BOÎTE A OUTILS

POUR APAISER LE CLIMAT DANS LA CLASSE

 

Cette approche suppose, pour l’adulte, de désapprendre les habitudes qui consistent à répondre…

- C’est idiot de se sentir comme ça.

- Tu te fais une montagne d’un rien.

- C’est pour les bébés.

- Ce n’est pas gentil.

- Tu es toujours…

- C’est comme ça, c’est la vie.

 

… et apprendre un nouveau langage :

-      Je vois que tu ressens de la colère…

-      Tu dois être déçu…

-      Tu sembles frustré…

-      Tu as l’air content…

-      Je vois…

-      Ce peut être vraiment blessant de…

-      C’est difficile pour toi de…

 

On évite de diminuer l’estime de soi de l’interlocuteur…

-      Infantiliser, sermonner

-      Conseiller celui qui n’est pas disposer à entendre

-      Culpabiliser...

 

Et on essaie de… 

-     Ecouter avec attention

-     Ponctuer d’un simple mot (mmmh.. oh… je vois…)

-     Avoir une attitude non verbale attentive : se tourner vers l’enfant, le regarder…

-     Nommer le sentiment

-     Faire appel à l’imaginaire

 

On peut aussi :

-      Ecrire ce que l’enfant ressent et lui relire.

-      Le faire dessiner.

-      Utiliser des listes de vocabulaire ou des images (selon l’âge des enfants) illustrant différents sentiments, pour les aider à reconnaître et exprimer ce qu’ils ressentent : la colère, la joie, la tristesse…

-      Faire fabriquer une boîte à humeurs, dans laquelle chacun peut glisser ce qu’il ressent.

-      Proposer des ateliers philo (voir la rubrique Clubs)…

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 16:21

 Cet article se propose simplement

de partager des petites trouvailles récentes,

qui m’ont permis de réfléchir à ma manière de communiquer avec les élèves

et gérer les conflits avec ou entre eux.

 

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© Photo Mathilde Bernos

 


 

Il y a deux ou trois ans, j’ai découvert la « Communication non-violente », grâce à une amie prof qui m’a parlé du livre de Marshall B. Rosenberg, Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs). Il propose d’apprendre à communiquer autrement, pour apaiser les tensions, dans ses rapports quotidiens aux autres, au sein de sa famille, sur son lieu de travail… et transférable avec des élèves.

 

L’auteur constate que l’agressivité verbale suscite naturellement la colère de l’interlocuteur, qui réagit alors de façon agressive. Cette violence passive du langage alimente une violence active, en actes. Ce point de départ paraît évident, mais être conscient et attentif à sa manière de communiquer, sous le coup de la colère ou d’une émotion forte, l’est moins... La préface d'Arun Gandhi explique simplement : « A moins que nous ne devenions le changement que nous souhaitons voir dans le monde, aucun changement n’aura jamais lieu. Malheureusement, nous attendons tous que l’autre change. » La non-violence n’est pas une stratégie ponctuelle. Elle consiste à inculquer des attitudes positives pour remplacer les attitudes négatives qui nous dominent. Elle se base sur la bienveillance, le respect et la compréhension et elle commence par notre langage, notre façon de communiquer. L'auteur propose des pistes pour la pratiquer : reformuler ce que l’on a observé et compris de l’attente de l’autre, puis exprimer clairement ce que l’on ressent, ce dont on a besoin, ce que l’on attend. Marshall B. Rosenberg a écrit également des ouvrages destinés aux parents et enseignants (cf bibliographie en fin d’article)..

 

Plus récemment, un autre guide, davantage centré sur la communication avec les enfants, m’incite à réfléchir : Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, d’Adele Faber et Elaine Mazlish. Là encore, il s’agit d’une façon différente de gérer (ou prévenir) les conflits et surtout de communiquer avec l'enfant, d'apprendre notamment à l'écouter avec bienveillance. A la lecture, on se dit que beaucoup de leurs conseils sont une évidence ! Mais nous n’y pensons pas  ou ne les mettons pas en application spontanément, conditionnés par notre propre éducation et les valeurs véhiculées par la société. Les principes rappellent la communication non-violente et se basent sur la pratique de l'écoute active. Quand l'enfant ou l’adolescent a un problème, on essaie de l'inciter à parler, en essayant de comprendre l’état dans lequel il se trouve et l’aider à découvrir ses propres solutions au fil de la discussion.

 

 

Il s’agit d’une méthode de communication :

« Nous sommes à la recherche d’une façon de vivre ensemble qui nous permette de nous sentir à l’aise dans notre peau tout en aidant les autres à se sentir à l’aise.

Nous voulons trouver une façon de vivre qui exclut le blâme et la récrimination.

Nous voulons trouver une façon d’être plus sensibles aux sentiments des uns et des autres.

Nous voulons trouver une façon d’exprimer l’irritation ou la colère sans causer de tort.

Nous voulons trouver une façon de respecter les besoins des enfants tout en étant respectueux de nos propres besoins.

Nous voulons trouver une façon qui permette aux enfants d’acquérir le sens des responsabilités tout en tenant compte d’autrui. » (Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent. p. 289)


 

Des ateliers, organisés par des associations ou services enfance de certaines villes,

permettent d’aborder plusieurs points :

 

Aider l'enfant à traverser des sentiments difficiles

Susciter la coopération

Remplacer la punition 

Encourager l'autonomie

Compliments et estime de soi

Aider les enfants à cesser de jouer des rôles

 


 

PETITE BIBLIOGRAPHIE

 

Dr COQUART, Christine / PIRAUT-ROUET, Catherine / SILES, Anne-Marie

Etre parent autrement.  Nathan

 

 

FABER, Adele / MAZLISH, Elaine aux éditions Relations Plus

- Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent

- Parler aux ados pour qu'ils écoutent, les écouter pour qu'ils parlent

- Parler pour que les enfants apprennent, à la maison et à l'école

- http://www.fabermazlish.com (en anglais)

 

Résumés sur les blogs :

http://naturellementparents.over-blog.fr

http://bibouillou.canalblog.com

 

Ateliers : http://www.latelierdesparents.fr

 

 

FILLIOZAT, Isabelle

http://www.filliozat.net

 

LEVINE, Jacques et autre aux éditions ESF

- Je est un autre. Pour un dialogue Pédagogie Psychanalyse

- Pour une anthropologie des savoirs scolaires

 

 

ROSENBERG, Marshall B. aux éditions Jouvence

- Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)

- Elever nos enfants avec bienveillance 

- Enseigner avec bienveillance

 

Présentation de la communication non-violente

http://nvc-europe.org/SPIP

 

 

SALOME, Jacques aux éditions Albin Michel

Heureux qui communique.

Contes à guérir et à grandir

 

Présentation de la méthode E.S.P.E.R.E

http://www.j-salome.com/02-methode/0201-communiquer/concepts.php

http://www.institut-espere.com/


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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 22:42


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© Dessin Mathilde Bernos

 

 

Ces notes ont été prises lors d’un stage avec Michèle Sillam, le mardi 19 Janvier 2010, à l’IUFM de Paris, 17e. Face à la difficulté d’enseigner avec des élèves difficiles, car en difficulté, elles m’aident à me rappeler quelques principes simples : considérer l’élève avant tout comme humain, établir une connivence avec lui, porter un regard bienveillant et  admirateur sur ses progrès, être convaincu que ce que l’on fait est ce qu’il faut faire, ne pas oublier de donner du sens à ce que l’on demande de faire et ni que l’on sème de petites choses, mais que le travail se fait sur le long terme…


 

 

- SOMMAIRE -


(Désolée... je ne sais pas créer des ancres dans un article et ces liens ne fonctionnent pas...)

 

REFLEXIONS THEORIQUES

 

-       Idée de départ

-       Comment recevoir les réponses des élèves ?

-       Quelques principes de psychologie

-       Comment agir ?


 

DES PISTES AU SEIN DE SA CLASSE

 


L’ECOUTE / RELATION PROFESSEUR - ELEVE

 

-       L’écoute tripolaire

-       L’Alliance

 

L’ACCUEIL - FAIRE CONNAISSANCE AVEC LE GROUPE

 

-       Le photolangage

-       Les ateliers psycho

-       Les ateliers philo

-       Donner la parole aux élèves

-       Lettre à un ami


 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

 

- NOTES -

 


REFLEXIONS THEORIQUES

 

L’idée de départ

 

Jacques Lévine disait que « Le temps scolaire est un temps qui ne convient pas à l’humain ». Comment dépasser ce terrible constat ? Comment donner à nos élèves, envie de venir le matin ? L’idée est de faire vivre l’école d’une autre façon. Ecouter avec bienveillance, rassurer, réfléchir ensemble, encourager la prise de parole sont autant de moyens d’y parvenir. Il est important de « parler vrai » : expliquer aux élèves pourquoi on leur fait faire une chose, quand on expérimente…

 

Leur parole peut être entendue oralement ou par écrit. L’anonymat (feuilles identiques, écriture modifiée si l’élève le souhaite), permet de désangoisser l’élève, de provoquer une parole plus libre.

 

 

Comment recevoir les réponses des élèves ?

 

En se disant que si l’élève dit quelque chose, c’est déjà ça !

Selon la théorie de Bion, de façon très résumée… quand on dépose ses « éléments-béta » (ce qui nous fait voir tout en noir, ce qui est toxique pour la psyché, fait souffrir), on laisse de la place pour les « éléments-apha » (processus de mentalisation du monde). Ce qui n’est pas digérable est rejeté dans l’environnement. C’est un processus vital, comme pour l’appareil digestif.

http://paradoxa1856.wordpress.com/2008/03/03/presentation-de-la-pensee-de-bion

 

 


Quelques principes de Psychologie

 

         L’humain est un Petit Tout, qui vit au milieu d’un Moyen Tout (sa classe, ses relations professionnelles, la famille…) et d’un Grand Tout (le monde…).

 

Quand les relations entre ces trois « Tout » sont équilibrées,

on peut schématiser ainsi :

 

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Mais si ces relations sont déséquilibrées, cela peut donner ceci :

 

 

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Comment changer cette configuration ?

 

Par la place que l’enseignant permet à l’élève d’avoir au sein du groupe.

Il doit essayer de développer le sentiment d’appartenance au groupe, que les élèves soient fiers, contents de venir.

Le tutorat ne suffit pas, car l’important est la place de chacun dans le groupe, que la classe soit un groupe. Le groupe classe doit aider à grandir, pas démolir.

C’est pourquoi l’accueil au sein du groupe est un moment important, qui peut aider à faire tomber les pressions.

 

L’école est le haut lieu de la considération…et de la déconsidération… avant même de pouvoir être le lieu des apprentissages.

Comment être motivé si on se sent déconsidéré ?

Comment donner de la considération ?

 


 

QUELQUES PISTES AU SEIN DE SA CLASSE

 

 

L’ECOUTE / RELATION PROFESSEUR - ELEVE

 

 

 

L’écoute tripolaire

 

L’enseignant pratique une « écoute tripolaire », en considérant les trois éléments suivants : chaque humain a une dimension accidentée, par rapport à laquelle il a développé une organisation réactionnelle. Mais il conserve aussi une dimension intacte.

 


1. Dimension accidentée


Tout humain doit faire face dans sa vie à L’Autrement Que Prévu (AQP) : un deuil, un divorce… cette dimension peut avoir diverses facettes.

Elle s’oppose à ce que l’ont expérimente dans la vie de tous les jours : le Pareil Que Prévu (PQP).

 


2. Organisation réactionnelle


Face à cet Autrement que Prévu, on continue d’avancer, mais pas exactement de la même façon qu’avant.

On va réagir pour survivre et cette réaction peut prendre aussi différentes formes. Chez les élèves, cela peut-être le mutisme, l’agressivité, l’incivilité…

 

3. Dimension intacte


Malgré tout, chez chacun, quelque chose n’est pas touché et demeure intact.

 

 

L’alliance

 

Dans le cadre d’une « alliance identitaire », on imagine, quand on écoute l’autre, qu’il a vécu un Autrement Que Prévu, on considère l’autre comme un humain, avec ses difficultés. Chaque humain a besoin que l’autre reconnaisse qu’il traverse ou a traversé des difficultés.

 

Des psychologues, comme Jacques Lévine considèrent que la relation enseignant-élève peut être thérapeutique et que l’affect joue beaucoup. L’école est un lieu où l’on peut éprouver un plaisir psychique.

 

La question que l’on peut poser à l’élève est la suivante :

« Comment va-t-on faire ? Comment va-ton trouver une solution ensemble, pour que tu puisses réussir ? »

 

         On peut chercher à comprendre ce qui a fait qu’aujourd’hui, il est comme il est, en parlant avec lui. Retaper son histoire peut aider à s’en souvenir et réfléchir.

 

3 étapes :

 

L’individuation consiste à considérer que chaque être est unique, particulier, avec les histoires qu’il traîne.

 

Le désencombrement permet d’aider l’élève à se soulager de soulager en déposant son histoire.

 

La futurisation consiste à envisager l’avenir.

 


 

L’ACCUEIL - FAIRE CONNAISSANCE AVEC LE GROUPE

 

 

Pour travailler ensemble, une des premières conditions est d’apprendre à se connaître, être rassuré. C’est d’ailleurs ce que l’on peut expliquer aux élèves, avant d’entreprendre une des démarches expliquée ci-dessous : il faut apprendre à se connaître, ne pas avoir peur, pour ensuite être capable d’apprendre ensemble.

 

Le premier jour de l’année, accueillir le groupe classe, pas seulement comme des élèves, mais comme des humains, aura des répercussions sur son fonctionnement. On peut commencer par installer la salle de façon différente, pour que tout le monde soit face à face.

 

L’élève ne va pas se présenter de la même façon par écrit et à l’oral, au professeur seul ou au groupe. Face au groupe, il vaut mieux trouver un biais pour les faire parler d’eux, mais pas de façon trop frontale. En outre, si un élève commence à se présenter de façon classique, tout le monde risque de se présenter de façon similaire.

 

Quelques idées en vrac, pour se présenter autrement : le Portrait chinois, la Présentation croisée (deux personnes se présentent en aparté l’une à l’autre, puis chacune présente l’autre au groupe. Celui qui est présenté peut ensuite commenter) ; le Prénom (qui a donner ce prénom à l’élève ? Est-ce qu’il l’aime ?)...

 

Suivent différents outils pour contourner cette difficulté de se présenter ou de parler de soi, d’exprimer ses idées…

 

 

Le Photolangage

 

Site : http://www.photolangage.com

 

Livre : A.Baptiste C.Bélisle. J.M.Péchenart. C.Vacheret. Photolangage. Une méthode pour communiquer en groupe par la photo. Editions de l'Organisation, 1991

 

Qui ?

 

Alain Baptiste et Claire Belisle, ont mis au point une méthode pour faciliter le travail en groupes et des dossiers thématiques de photographies, support à des activités de communication et de formation.

 

Quoi ?

 

On demande à l’ado de faire un choix personnel d'une ou plusieurs photographies à partir d’une question posée, pour exprimer verbalement (en commentant la photographie) une position personnelle, une expérience vécue, des images intérieures, un point de vue spécifique. L’ado peut s’exprimer à voix haute, ou de façon anonyme, par écrit. Les écrits sont ensuite lus à haute voix.

 

Comment ?

 

Cet outil peut servir entre autres pour l’accueil des élèves.

 

Les élèves posent leur sac à l’entrée de la salle.

Une cinquantaine de photographies (le double par rapport au nombre de participants)sont disposées sur les tables en cercle.

Le choix des photos : portraits, paysages, animaux, scènes de rues, objets…

On peut les sélectionner en se demandant : « qu’est-ce que cette photo va déclancher ? »

 

Ce qu’il faut préciser :

- la question posée,

- l'objectif de la séance,

- les temps prévus pour chaque étape,

- le nombre de photographies à choisir,

- le mode de déroulement des échanges,

- le fait qu'il n'y ait pas de bonne photographie ou de bonne interprétation par rapport à la question posée,

- le rôle de l’enseignant n'est pas d'interpréter les choix et paroles des élèves, mais de faciliter les échanges.

 

Exemple de questions pour la rentrée :


« Aujourd’hui, nous allons faire connaissance. »

« La première photographie que vous choisissez doit vous permettre de dire… quelque chose que vous avez envie de dire de vous. »

« La deuxième photographie que vous choisissez doit vous permettre de dire…

ce que vous attendez de cette année scolaire. »

Il faut donc choisir les photographies sur lesquelles on pourra s’appuyer pour répondre aux questions.

 

Les élèves tournent dans le même sens autour des photographies, sans se parler, sans toucher les images ; C’est un temps d’introspection.

Les élèves se mettent sur le côté quand ils ont repéré leurs photographies.

Ils ne sont pas obligés de choisir.

Plusieurs peuvent choisir la même photo et ils se la passeront ensuite (et la commenteront successivement).

Les élèves présentent un à un leur photographie et ce qu’ils souhaitent en dire.

L’enseignant note les réponses, pour pouvoir les restituer ensuite. On peut ensuite présenter ces réponses à côté des images.

 

 

En fin d’année

 

On peut reprendre le photolangage autour de la question :

 « Comment avez vous vécu l’année ? »

 

Voir des exemples de paroles d'élèves.

 

 

En cours d’année

 

On peut l’utiliser avec diverses questions

« Comment vivez-vous cette formation ? »

« Comment vous sentez-vous dans la classe ? »

 

 

Les Ateliers Psycho

 

Déroulement

« Vous allez être invité à vous mettre à la place de quelqu’un d’autre.

Par écrit, vous aller imaginer ce que cette personne peut ressentir. »

 

On peut mettre les élèves en condition en partant d’un récit rapide :

« Cet été, sur la plage, j’ai rencontré un enfant et je lui ai demandé « dans quelle classe es-tu ? » Il a dit qu’il allait entrer en 6e. Je pense à lui aujourd’hui.. Mettez-vous à sa place : que peut-il ressentir le jour de sa rentrée ? »

 

Sur des feuilles identiques, anonymes, chacun écrit.

On plie ensuite vers l’intérieur, pour cacher ce que l’on a écrit.

L’enseignant ramasse et mélange les feuilles.

Il lit ce que les élèves ont dit… ce qui est une manière indirecte de parler d’eux…

Il félicite les élèves pour leurs phrases.

Il demande aux élèves ce qu’ils en pensent : chacun peut réagir, sortir de l’anonymat s’il le souhaite.

Il laisse une trace aux élèves de ce qui a été écrit et dit.

 

Cet atelier développe la capacité à sortie de sa place habituelle, pour se mettre à la place de l’autre, tout en restant à la sienne…

On crée un réflexe : penser et prendre en compte ce que ressent l’autre.

Cela permet de travailler sur le « moi groupal » : l’intérêt pour le groupe se développe, un « nous » s’installe et transforme le groupe classe.

 

Exemples de questions

On tend à l’universel… On ne pose pas de questions trop précises.

 

Que peut ressentir quelqu’un…

… qui se fait racketter ?

… qui ne sait pas lire ?

… qui s’ennuie ?

… qui se fait toujours remarquer ?

… qui est un meneur ?

… qui est toujours angoissé ?

… Qui se croit moche ?

… qui est enfant unique ?

… qui tombe amoureux ?

… qui est jaloux ?

… qui va être père ?

.. qui fait un métier qu’il n’a pas envie de faire ?

… qui est président de la République ?

 

Que ressent-on quand on est…

… une femme qui attend un enfant ?

… un jeune immigré qui se fait insulter ?

… un prof chahuté ?

… quelqu’un qui ne sait pas lire ?

… quelqu’un qui s’ennuie ?

… quelqu’un qui est bouc émissaire ?

… quelqu’un qui va avoir un enfant ?

 

Pourquoi est-on curieux

de la vie privée des autres (les vedettes, les gens au pouvoir, nos profs) ?

 

On peut aussi tenir compte de l’actualité :

Que peut ressentir quelqu’un…

… qui va voter dimanche ?

.. qui a voté pour quelqu’un qui n’a pas été élu ?

… qui a de la famille en Haïti ?

 

Voir l'article  Atelier Psycho sur la lecture

 

 

Les Ateliers philo

 

Ils peuvent être pratiqués sur une heure de vie de classe, par le professeur principal, par exemple… Mais aussi dans le cadre d’un club.


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Quelques pistes pour monter un "atelier philo"

 Une pochette pour le club Paroles

Club Paroles sur le bonheur

 

 


Donner la parole aux élèves

 

Il n’y a pas que la parole du prof, mais celle aussi de l’élève : nous sommes des êtres de relation.

 

Cela peut-être pratiqué par de simples petits procédés, comme le fait de demander aux élèves au début du cours, ce qu’il savent sur le sujet : les élèves sont plus ouverts à nos propositions, s’ils ont eu la parole avant. L’élève doit aussi apporter quelque chose. Et cela donne du sens à ce qu’on leur demande de faire Ecrire ensuite le cours, sert surtout à le mémoriser.

 

 

- Réflexion en fin de cours

 

On peut arrêter le cours ¼ d’heure avant la fin et demander aux élèves de mettre par écrit les choses les plus importantes qu’ils ont vécu pendant le cours (tant au niveau du contenu, que des comportements, attitudes… le bruit, un retard…)

 

« Qu’est-ce que j’ai retenu de ce qui s’est passé pendant cette heure ? »

On peut même préparer des petites feuilles avec l’inscription « Ce que j’ai envie de dire sur ce cours. »

 

Il sera intéressant de constater qu’ils ne disent pas les mêmes choses d’un même événement.

 

En fin d’année, on peut poser les questions :

« Qu’est-ce que vous pensez avoir appris cette année en cours de français (etc.) en dehors du français ? »

« Est-ce que des histoires ou anecdotes vous ont marqué ?

 

 

- Interrogation collective

 

Poser une question à la classe, sur des grands thèmes universels :

« Comment peut-on expliquer que… ? »

« Que pensez-vous de… »

« Que pensez-vous de la phrase : « … » »

 


Par exemple


« Comment expliquer qu’il y ait des gens qui ne fassent pas confiance à l’école ? »

« On dit que les enfant d’aujourd’hui ne savent pas travailler. Qu’en pensez-vous ? »

 

 


 La Lettre à un ami

 

Ce dispositif peut être pratiqué en heure de vie de classe, mais il faut compter deux heures. Il permet de s’interroger individuellement sur la collectivité, de dire les désaccords dans un cadre non conflictuel et enfin de créer une unité dans le groupe. On travaille ainsi sur le « moi groupal ». La fierté d’appartenir à une classe doit faire partie du travail.

 

 

1er temps


Les élèves écrivent à un ou une « amie ».

Cette lettre est anonyme : sur une feuille blanche, au crayon, en transformant son écriture si on le souhaite..

Le langage est écrit, donc on évite les grossièretés et les tournures trop familières.

Ils racontent leurs satisfactions ou insatisfactions dans leur vie scolaire.

Il ne faut nommer personne : ni soi, ni les autres (ni même une matière).

Les autres sont désignés par leur fonction : un élève, un ami, un professeur, un adulte…

 

La lettre commence par « Cher(e ) ami(e) »

          et finit par « Qu’en penses-tu ? »

 


2ème temps


Les lettres sont pliées en deux, écriture vers l’intérieur.

Elles sont mélangées.

Elles sont redistribuées à chaque élève, devenant ainsi l’ami qui répond à la lettre (même si on tombe sur sa propre lettre).

Les élèves répondent de façon anonyme, en commençant par « Cher ami ».

Ils donnent leur avis, leurs conseils…

On essaie même si la première lettre est blanche !

 


3ème temps


Les lettres et réponses sont lues devant la classe par le professeur, en les cachant aux yeux des élèves.

Les élèves peuvent prendre la parole à la fin de chaque lecture : « Qu’est-ce que vous en pensez ? »

L’enseignant gère le débat :

Si beaucoup d’élèves souhaitent réagir, on peut donner des tours de paroles (avec des numéros), ainsi, tout le monde est rassuré, sachant qu’il sera entendu, et donc plus à l’écoute des autres. Si un seul élève lève le doigt, prrocéder aussi avec les numéros, pour signifier aux autres qu’ils pourront avoir la parole ensuite.

Si des réponses sont identiques, on peut aller plus vite (ou la faire quand même dire à sa façon à l’élève, s’il le souhaite).

Le professeur peut donner son avis d’adulte.

 

 

4ème temps


Les lettres sont mises en page et distribuées aux élèves et à l’équipe éducative.

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

- Je est un autre. Pour un dialogue Pédagogie Psychanalyse / Jacques Lévine et Jeanne Moll. ESF Editions, 2001

 

- Pour une anthropologie des savoirs scolaires / Jacques Lévine et Michel Develay. ESF Editions, 2003

 

- Prévenir les souffrances d’école, Pratique du soutien au soutien / Jacques Lévine, Jeanne Moll. ESF Editions , février 2009

 

L’enfant philosophe, avenir de l’humanité ? / Jacques Lévine,

avec la participation de Geneviève Chambard, Michèle Sillam, Daniel Gostain. ESF Editions, 2008

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