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  • Mathilde Bernos
  • Enseignante-documentaliste depuis 1998, j'exerce en collège dans l'Académie de Nice. J'ai animé des formations sur la littérature jeunesse, les carnets de voyage et les blogs dans l'Académie de Versailles.
  • Enseignante-documentaliste depuis 1998, j'exerce en collège dans l'Académie de Nice. J'ai animé des formations sur la littérature jeunesse, les carnets de voyage et les blogs dans l'Académie de Versailles.

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 23:28

 

par une classe de 5e 

Grains de Sel, Festival du livre et de la Parole d’enfant, Aubagne

Vendredi 15 novembre 2013

 

salon-5e2-6.jpg

 

L’auteur nous a accueillis dans le bungalow n°8 du Salon et a demandé aux élèves quels livres ils avaient lus : Affreux Sales et Gentils, et ceux de la collection « Série B » : Bob le raté, Dancing Love, King Kaloumar et Les Ogres mutants. Il précise…

 

J’écris des livres pour les plus grands, généralement. Cité Nique-Le-Ciel en 1998 ou Déroute Sauvage en 2009 . Anka est mon dernier roman, paru chez Rouergue. Avant de commencer à répondre à vos questions, je vais me présenter : j’ai 41 ans, je suis né à Bordeaux, mais j’habite à Marseille depuis 10 ans. Je suis là parce que je suis invité dans le cadre du salon avec une vingtaine d’autres auteurs et illustrateurs pour dédicacer nos livres.

 

1 - A quel âge avez-vous écrit votre premier livre ?

En 1998, j’ai publié Cité Nique-Le-Ciel,à 26 ans. Je l’ai écrit quand j’avais 25 ans. C’est un tout petit livre.

 

2 - D'où sortez-vous toute cette imagination ?

J’estime que je n’ai pas énormément d’imagination. Ne croyez pas qu’il en faille beaucoup pour écrire un livre. En 5e, on croit que l’imagination, c’est des trucs merveilleux avec des fées, des dragons… La plupart de mes livres sont copiés sur la réalité (sauf exception comme King Kaloumar) ou sur le cinéma, les films que j’ai vus. Il faut une certaine forme d’imagination, même pour raconter la réalité, afin de trouver les mots qu’il faut pour en faire des phrases. Les idées pour une histoire, même si je suis écrivain, pour vous et moi, elles viennent du même endroit. Vous devez faire des rédactions ou écrire des histoires sûrement. Ça vient d’où ?

-      Des vidéos

-      D’Internet

-      Des jeux

-      D’autres livres.

-      De ce qu’on a pu voir avant, ce qu’on a déjà vécu… 

Donc, de la mémoire, des souvenirs… Et vous l’avez dit, d’Internet, les livres, les journaux, la Télé, la radio… Tout ça, c’est les médias. Ça donne des idées. Les souvenirs aussi. Quoi d’autre ?

-      Les rêves…

Ton cerveau ne fonctionne pas tout seul. Il faut qu’il y ait quelque chose pour l’alimenter.

-      L’art

-      Le monde dans lequel on vit.

Oui, en regardant autour de soi, dans la rue, en classe, chez vous, en prenant le bus… C’est valable pour vous comme pour moi. Même si chacun a des sources différentes. Peut-être que vous, c’est plus les jeux vidéos. Mais après, il faut faire le tri des idées, bonnes ou mauvaises. Moi, les rêves, je ne m’en souviens jamais depuis au moins une quinzaine ou une vingtaine d’années. Ça n’alimente pas mes idées. Autre chose qui peut les nourrir : les envies. Moi, j’ai envie de tuer quelqu’un, ça me donne des idées pour une histoire. J’ai envie que le monde change, que les gens racistes se fassent tuer, que tout le monde ait du travail, ça me donne des idées pour une histoire. Ça ne satisfait pas forcément mon envie. J’ai envie de manger un gâteau au chocolat, peut être que le personnage de mon histoire va le faire… Mais ça ne va pas faire que je n’ai plus envie d’en manger ! Donc les rêves, les médias, les souvenirs et puis aussi l’éducation, votre culture…

 

3 - Combien de livres avez-vous écrit ?

Chaque année, j’écris un petit livre illustré et un pour les ados, pas illustré. Soit deux par an pendant quinze ans, donc trente. Mais cette année, j’ai publié six livres illustrés.

 

4 - Combien de temps vous faut-il pour écrire un livre ?

Une histoire comme ceux de Série B, ça fait cinq feuillets comme ça (il montre une feuille A4). J’écris ça en une petite semaine, quatre demi-journées. Mais je ne fais pas ça souvent. Cité Nique-Le-Ciel, ça m’a pris trois mois. Mais je n’écris pas tous les jours, juste quand j’ai envie. Ce roman fait 20 pages 14. Affreux Sales et Gentils, j’ai dû mettre quatre mois alors qu’il fait le même nombre de pages. Ça dépend de ma motivation, même du temps qu’il fait…

 

5. Vos livres sont-ils d'une histoire vraie ?

Cité Nique-Le-Ciel est inspiré d’un quartier où j’ai vécu, une cité de Bordeaux. Ce sont de vagues souvenirs que j’ai choisis et concentrés sur un livre de 50 pages. Ce n’est pas vrai, dans le sens ou les personnages ne s’appelaient pas comme ça, etc.

 

Il lit un extrait avec enfant victime d’un accident de tourniquet.

Moi, je n’ai jamais vu cet accident. C’est une histoire dont j’ai entendu parler il y a longtemps. Un collègue de ma mère dont la fille de 6 ans est morte d’un accident de toboggan. J’ai entendu cette histoire quand j’avais 8 ou 9 ans. Je ne le raconte pas dans mon livre, mais ça fait partie des accidents de la vie domestique.

 

6 - comment avez-vous trouvé le nom des personnages de Bob le raté ?

On cherchait des noms rigolos. Je cherchais que ça sonne américain. Bob, c’est le diminutif de Robert aux Etats-Unis et en Angleterre. C’est un livre qui est essentiellement copié sur le cinéma américain. Les prénoms, c’est un peu compliqué. Je pioche dans le cinéma, les acteurs que j’aime bien ou chez des personnes que je connais. J’essayais de faire des rimes un peu bidons, faciles et drôles… Dans Déroute Sauvage, il y a plein d’élèves que je fais mourir… J’ai pris le prénom des enfants de mes amis. Il y en une qui s’appelle Nina et il lui arrive un truc horrible ; La fille de mes amis qui s’appelle Nina n’a jamais voulu le lire, même si elle a vingt ans maintenant.


7 - Est-ce que Affreux, sales et gentilsa un rapport avec votre vie ?

Pas du tout ! Ce n’est pas du tout inspiré de choses personnelles. Mes parents ne sont pas du tout des millionnaires, mais ils ne vivaient pas non plus dans une décharge. Il n’y a rien de personnel à part qu’au moment où je l’ai écrit, j’étais amoureux d’une fille qui s’appelait Julie. Ce qui est vrai dedans, c’est le syndrome de Stockholm. Ça semble incroyable et portant ça existe vraiment ; Vous savez ce que c’est ?  Syndrome ça veut dire un peu maladie, malaise ; Stockholm, c’est la capitale de la Suède, mais ça n’a rien à voir. Très souvent, les gens qui se font kidnapper prennent le parti de leur kidnappeur. C’est ce dont est victime le personnage d’Affreux, sales et gentils. Je me souviens d’un millionnaire dans les années 80, qui s’est fait kidnapper et qui s’est fait couper le doigt, que l’on a envoyé pour demander une rançon. Encore aujourd’hui, il remercie ses ravisseurs. Il assure que ça lui a ouvert les yeux sur sa famille qui n’a pas voulu payer la rançon.


8 - Pourriez-vous nous expliquer la fin ?

Pour moi, c’est un livre très drôle à part le dernier chapitre. Je voulais que ça finisse mal. Je voulais une espèce de fin suicidaire. Mais dans le monde dans lequel on vit, dans une mare, je ne sais pas comment on peut se tuer… Même s’il y a des rats. On ne meurt pas de ça. La fin reste ambiguë.


9 - Pourquoi avoir choisi un thème fantastique pour les Ogres Mutants ?

Dans cette série, je voulais coller aux genres de films de séries B : les comédies musicales, les films de gangsters, sur les montres, fantastiques… Je peux vous donner des films qui correspondent à chacun :

Pour les Ogres mutants, « The Thing », (« la chose », en anglais). Même si vous n’allez pas retrouver le film dans le livre. Ça se passe dans le désert arctique.

King Kaloumar : « King Kong » et vaguement « 20 000 lieues sous les mers ».

Bob le raté : « L’ultime Razzia »

Dancing Love : « Dirty Dancing ».

 

La rencontre s’est achevée sur une photo de groupe et Guillaume Guéraud a accepté de dédicacer tous les livres des élèves. Je suis restée avec leurs 27 romans, pendant que le groupe reprenait vite le bus pour rentrer au collège !

 

 

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Publié par Mathilde Bernos - dans Rencontres
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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 22:00

par une classe de 5e

à Grains de Sel, Festival du livre et de la Parole d’enfant, Aubagne

Jeudi 14 novembre 2013

 

HBK

 

Hubert Ben Kemoun nous a accueilli dans son univers avec bagout et chaleur, nous surprenant tous, adultes comme élèves, par son naturel et sa répartie.

 

- Je suis très content de vous rencontrer, mais méfiez-vous des auteurs ! Ce n’est pas mon métier de vous rencontrer. Mon but c’est qu’en sortant, vous ayez encore plus de questions que quand vous êtes entrés !

 

Il invite tous les élèves à laisser de côté leurs questionnaires…

- Est-ce que vous préférez commencer directement vos questions ou que je me présente ?

- Que vous vous présentiez !

- Vous savez comment je m’appelle, vous savez ce que ça veut dire ?

- Je crois que ça veut dire « fleur de mandarinier » ?

- C’est génial ce que tu as dit ! Ben, ça veut dire « fils » et « Kemoun », vous savez ce que c’est ?

Il leur fait sentir des épices dans un petit bocal…

Les élèves répondent :

- Du thym ?

- Des quenelles ? …

- C’est « cumin » en hébreu. Mon nom veut dire « fils du cumin ». Peut-être qu’on est là pour ça, parler de la cuisine des livres…

Il poursuit…

- J’ai 55 ans, j’habite à Nantes. J’ai commencé à écrire il y a de cela 30 ans… Grâce à ce genre de personne… Il désigne le prof de français. J’ai commencé en écrivant des pièces de théâtre pour la radio, France Inter… Des acteurs disaient mon texte. Ça m’a appris à mettre des points et des virgules, pour que les comédiens puissent dire mon texte sans avoir une crise d’asthme…  Écrire pour la radio, puis pour le théâtre, m’a appris à écrire pour autre chose. Vous connaissez la télévision ?

- Ouiiii !!!!

- Les Simpsons ? Plus belle la vie ? etc… Les élèves jubilent…Je ne vous dirai pas ce que j’écris pour la télévision, ni aux enfants, ni aux adultes. Mais être auteur, ce n’est pas obligatoirement être un auteur de livres. J’ai commencé à écrire vraiment il y a 20 ans. Est-ce que vous étiez nés ?

- Noooon !

- Et votre documentaliste ?

- Ouiii !

- Vous avez perdu une occasion… Vous, vous n’étiez même pas encore un clin d’œil de votre père vers votre mère…

 

Il demande aux élèves ce qu’ils ont lu, et il commence à répondre à leurs questions, au hasard des doigts qui se lèvent…

JUSTE UNE ERREUR : Inès, Fanny, Mathilde, Chloé, Ambre, Olivia

Est-ce que des réalisateurs vous ont contacté pour adapter un de vos romans au cinéma ? Fanny

Ce livre, pour moi, n’est pas suffisant pour faire un film. Il faudrait augmenter des choses, faire que les personnages existent avant d’aller au casting, ou étoffer la scène de la fête foraine.

 

UN JOUR A TUER : Swan, Ferdinand, Lilian, Cyprien, Raphaël

Votre histoire est-elle inventée de toutes pièces ou avez-vous vécu une telle histoire étant adolescent ? Ferdinand

Je ne raconte jamais ma vie dans un livre. Tu peux lire n’importe lequel des 157 bouquins que j’ai écrit (comme ça j’ai déjà répondu à cette question…), mais tu ne sauras jamais rien de ma vie. J’ai écrit des lettres d’amour à des filles, mais elles n’ont jamais corrigé mes fautes d’orthographe comme dans le livre. Vous ne saurez rien de comme elle est belle ma femme, de mes garçons, de comment est décorée ma maison… Pour qu’il y ait une histoire, il faut qu’il y ait quelque chose qui ne marche pas. On en n’a rien à taper de leur bonheur !

Au tableau, il écrit : « Le chat dort sur le tapis ».

Voilà, c’est une phrase parfaite, avec sujet, verbe complément… Mon métier, c’est de rajouter « du chien ». Là, il commence à y avoir une histoire, parce que peut-être le chien est énorme et le chat tout petit. Peut-être qu’il y a un plan love entre les deux… C’est ce qu’on appelle la « lis tes ratures ». Et pour ceux qui ne sauraient pas, ça ne s’écrit pas comme ça ! Ce ne sont pas les ratures qu’on fait dans nos cahiers de brouillon. Je suis fan des Simpson. Est-ce qu’on aimerait ça autant si Bart ne faisait pas de bêtises ?

 

BLUES EN NOIR : Océane, Lou-Ann, Alex

Qu'est-ce qui vous a inspiré pour Samy, Ludo et Benjamin ? Leur histoire est-elle inspirée d'une histoire vraie ? Océane

Au lycée, pour draguer les filles, on faisait des groupes de rock’n’roll. J’ai une formation musicale. J’étais guitariste, pour faire danser les copains et les copines, pas pour faire une carrière. Peut-être que ça m’a inspiré. Blues en Noir est né d’un jeu de mots qui apparaît à la fin de l’histoire.

Il écrit au tableau :

Je néant

Vide

Rien

Je n’ai envie de rien. Dans le livre, Ben a du talent et fait une dépression quand il se rend compte que d’autres s’approprient ses chansons. Il est en face du néant, du vide et du rien Moi, adulte, je suis terrorisé quand vous, adolescents, n’avez envie de rien, que vous dites « bof ». Toutes les chansons de Blues en Noir sont de vraies chansons. J’ai écrit des musiques qui vont avec les chansons du livre, pour être sûr qu’elles puissent être chantées. J’ai essayé d’en faire un crime parfait de ce livre !

 

LES SIGNATURES DU HASARD : Yohann, Axel, Argaël, Lucie, Shania

Pourquoi le narrateur change-t-il à chaque chapitre ? Axel

Ça donne un rythme. Imaginons que l’on écrive la scène qui se passe, pendant le salon du livre dans ce bungalow. La scène suivante, sur le Vieux-Port à Marseille. Puis une dans l’aéroport de Roissy près de Paris. Tu sais que les personnages, à un moment donné, vont se retrouver. C’est important pour un auteur de se poser des questions de « où j’installe la caméra ». Imaginons que ce soit Lucie qui raconte. Elle a derrière elle son prof de français… Si c’est Mathilde qui raconte, elle va parler de ce qu’elle voit par la fenêtre… Si c’est Benoît qui raconte, il va peut-être dire qu’il pense à sa liste de courses. Et si c’est moi qui raconte, je vais vous parler de mon portable qui a sonné dans ma poche quand vous êtes rentrés, de ma peur de ne pas vous intéresser… Tout dépend de qui raconte.

 

JUSTE UNE ERREUR : Inès, Fanny, Mathilde, Chloé, Ambre, Olivia

Pourquoi Mélanie et Mélitine ont voulu se suicider à cause du casting ?

Il y en a une qui a une trop grosse pression de la part de sa mère. Vous avez vu ces mères qui accompagnent leurs petites filles de 6 ans à des concours de mini-miss ? Moi, ça me terrorise. La seule fille qui est saine dans cette histoire, c’est Mélitine. Je voulais raconter comment en face du vide ou du rien, on peut réagir. Pour moi, c’est l’horreur absolue quelqu’un qui se suicide. Encore plus quand c’est un ado. Moi, ma vie se termine, mais toi, tu as encore la vie devant toi ! Je pense qu’elles ont une trop grosse pression sur elles.

 

LES SIGNATURES DU HASARD : Yohann, Axel, Argaël, Lucie, Shania

Pourquoi avez-vous choisi comme titre « Les signatures du hasard ? Argaël

Est-ce que tu aurais eu une autre idée de titre, mon lapin ? Qu’est-ce qui te fait rire, que je t’appelle mon lapin ? Mais un jour, plus personne ne vous appellera comme ça, alors croyez-moi, il faut en profiter au maximum ! Qui a choisi ton prénom ? Tes parents ? Quand ta maman était enceinte, elle a choisi ce prénom avec ton papa, et quand ils ont vu le beau bébé qui est arrivé, ils ont décidé de l’appeler Argaël. Quand j’ai écrit ce livre, j’ai eu plusieurs idées de titres. C’est toujours moi qui choisit le titre d’un livre, pas l’éditeur. Le hasard est tellement important dans ce livre que c’est lui qui signe la vie de mon personnage.

 

FOOT D'AMOUR : Amalia, Léa, Marie, Juliette, Cécile, Emma

Pourquoi avez-vous choisi de faire raconter le début de l'histoire par le garçon qui est évanoui ? Pourquoi lui avoir fait ressentir de la honte dans son hallucination ? Marie

Tout le stade est en train de se moquer de lui… Il est goal…

- Comme moi ! s’exclame un des élèves.

Tu as vu comment les livres, ça te donner envie de parler de toi ? Pendant le match, comme il n’a pas grand-chose à faire, il remarque les filles, il hésite comme un gardien de but au moment du penalty : est-ce que je plonge à droite ou à gauche ? Il hésite et une fille en chasse une autre Il est incapable de décider. J’ai tendance à penser que quand tout un stade commence à se foutre de lui et lui dire « on t’aime Sylvain », ça fait plaisir, mais ça fout un peu la honte. Imagine si tout le monde tout à coup se met à dire « On t’aime, Marie ! » Peut-être qu’il est là dans la classe, votre futur chéri d’amour. Et vous, les garçons, peut-être qu’elle est actuellement en CP !

 

JUSTE UNE ERREUR : Inès, Fanny, Mathilde, Chloé, Ambre, Olivia

Pourquoi avoir choisi comme héroïnes deux amies à la personnalité si différente ? Ambre

Parce que toi, tu n’es amie qu’avec des gens comme toi ? Moi, certains de mes amis n’aiment pas du tout les mêmes choses que moi, ils ne mangent pas la même choses… et je les aime précisément car ils sont différents de moi. Si elles étaient semblables, Mélitine serait heureuse d’être prise pour la publicité. L’une peut aider l’autre, car elles ne pensent pas la même chose. Les gens qui connaissent d’autres choses que moi m’enrichissent, ceux qui viennent d’ailleurs, ceux qui n’ont pas la même couleur de peau, ceux qui n’ont pas la même religion… Déjà, je ne m’aime pas beaucoup, mais si je devais avoir des amis comme moi !… Ma chérie d’amour, on n’est pas toujours d’accord, on s’engueule grave, mais pourtant on s’aime.

 

Nous avons compris d'après votre roman, que la recherche de la célébrité à tout prix peut briser une amitié ou pousser à des actes extrêmes... Est-ce bien là le message que vous avez voulu faire passer ? Pensez-vous que l'on accorde trop d'importance à la beauté et à la célébrité ? Inès

Je pense que vous vivez dans un monde plus difficile que quand j’étais en 5e. Que vous vous faites avoir. On vous fait croire qu’en 5 semaines de Star Ac’, vous pouvez être une célébrité. Et moi, je vais vous dire que pour écrire ce livre, j’ai mis plusieurs mois. Avant que tes profs t’emmènent ici, est-ce que tu me connaissais ? Non. Pourtant, quand tu étais à l’école, est-ce que tu as lu Terriblement vert ?

- Ouiiii ! Dans une réponse quasi générale…

Et vous voyez, vous ne vous êtes pas souvenu de qui l’avait écrit. J’en ai vendu 270 000 exemplaires. Et pourtant, on n’est pas connu quand on est auteur. Donnez-moi un nom de quelqu’un de super célèbre et vivant que tout le monde connaît ici, adultes y compris…

- Madonna !

- Rihanna !

- Britney Spears !

- JK Rowlings !

Tout le monde connaît ?

- Heu…

Vous connaissez plus Harry Potter… Pourtant JK Rowlings est l’un des auteurs à avoir vendu le plus de livres dans le monde. On n’est pas célèbre quand on est auteur. Méfiez-vous de la célébrité.

 

BLUES EN NOIR : Océane, Lou-Ann, Alex

Qu'est-ce qui vous a inspiré pour Samy, Ludo et Benjamin ? Océane

Aucun prénom n’est pris au hasard. Il y a des prénoms que j’adore et d’autres que je déteste. Je fais des clins d’œil à des amis dans mes livres, ou à des gens que je déteste. Je suis devenu auteur pour commander ! Je tue qui je veux, je fais saigner qui je veux. Si vous saviez toutes les filles que j’embrasse, comme je cours vite, dans mes livres… Si vous savez écrire plus tard, c’est vous qui commandez. Si vous ne savez pas écrire, vous aller vous faire avoir grave… Lui (en montrant le prof), on le paie pour vous apprendre à avoir du pouvoir. Plus vous savez écrire, plus vous avez du pouvoir. Écrire, ce n’est pas forcément écrire un livre. Ça peut être écrire une lettre pour demander un taf plus tard. Si vous ne savez pas écrire, vous pouvez toujours attendre à côté du téléphone… On peut écrire pour faire une déclaration d’amour… Si vous croyez que vous allez vous en sortir avec un SMS mal tapé ! Dans le mot « auteur », il y a « autorité ».

 

UN JOUR A TUER : Swan, Ferdinand, Lilian, Cyprien, Raphaël

Pourquoi les histoires d'amour finissent souvent mal dans vos romans, comme dans « Un jour à tuer » ? Lilian

Mais si c’est positif tout de suite ce n’est pas intéressant pour le lecteur. Pour qu’il y ait une histoire, il faut qu’il y ait un problème. Dans la vie, je veux que les trains arrivent à l’heure. Dans un livre, je veux au moins qu’ils déraillent ou qu’ils y aient une panne.

Pour toi, quelles sont les couleurs pour un livre policier ? Pourquoi ?

- Bleu comme la couleur de l’uniforme

- Rouge, comme le sang

- Gris, comme les nœuds que ça nous fait dans la tête

Et un livre d’aventures ?

- Vert comme la jungle

- Jaune pour les trésors.

Et d’amour

- Rose, pour les p’tits cœurs

- Rouge pour le rouge à lèvres.

 

J’aime qu’un livre ait plusieurs couleurs…

 

FOOT D'AMOUR : Amalia, Léa, Marie, Juliette, Cécile, Emma

À la fin du livre, on croit qu'il va y avoir une suite... Pourquoi votre histoire se termine comme ça ? Cécile

Car ce garçon sera tout le temps en train d’hésiter. Incapable de choisir. « Qui a une femme les a toutes, qui en a plusieurs n’en a aucune » dit un proverbe. Il ne peut pas y avoir une fin pour moi.

 

LES SIGNATURES DU HASARD : Yohann, Axel, Argaël, Lucie, Shania

Je me demande ce qui se passe après la fin de l'histoire : Cybèle et Annabelle sont-elles devenues amies ? Lucie

Je ne crois pas. Mais ce n’est pas mon problème… Je ne peux pas être ami avec mes lecteurs ou avec mes enfants. Ce n’est pas que ne les aime pas. La différence d’âge fait qu’il pourrait y avoir une sympathie, mais pas une amitié. Je sais toujours la fin quand je commence à écrire un livre. Je ne suis pas capable d’écrire un livre quand je n’ai pas décidé la fin. Ceci n’engage que moi. Quand j’écris Un jour à tuer, je sais dès le départ que personne ne mourra. Pour Un jour à tuer, j’avais ces scènes au cinéma du début et de la fin. Pour Blues en noir, c’est parti de ce jeu de mot qu’on découvre à la fin. Quand tu es l’auteur, tu fabriques la fin, tu sais où tu vas arriver….

 

Une heure plus tard, nous sommes tous ressortis de cette rencontre un grand sourire aux lèvres…

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Publié par Mathilde Bernos - dans Rencontres
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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 18:06

 

Livres animés de David CARTER et Philippe UG


Exposition à l’Alcazar du 25 octobre au 22 décembre 2012

58 cours Belsunce, 13001 Marseille

du mardi au samedi de 11h à 19h, entrée libre

http://www.bmvr.marseille.fr


http://www.bmvr.marseille.fr/dotAsset/010a4eb4-fafa-416e-a6e3-956a0a19e034.ukn

Cliquer sur l'affiche

pour voir la présentation de l'exposition

 

 

Le livre animé prend de plus en plus de place dans l'édition jeunesse et la bibliothèque de l’Alcazar présente le travail de l’américain David Carter et le français Philippe UG. A l’occasion du vernissage de l’exposition, le 25 octobre 2012, les deux artistes ont présenté leur parcours et leur approche du pop-up.

 

Voir la bibliographie autour du pop-up.

 

 

Philippe UG

 

http://www.mediatheque.bayonne.fr/OpacWebAloes/Images/Paragraphes/marroniers/philippe-ug.png© le Républicain Lorrain

 

Il est auteur, artiste du livre et ingénieur papier.

Il crée aussi des décors de théâtre.

Ce qui l’intéresse avant tout est la recherche graphique.

La majorité de ses livres sont des livres d’artistes imprimés en sérigraphie en cent exemplaires. Il aime la sérigraphie pour ses qualités de lumière et ses couleurs.

Il considère que le livre est un objet d’art, plus libre qu’une œuvre au mur, souvent destinée à aller avec la couleur du canapé !

 

Sa rencontre avec l’éditrice Brigitte Morel a permis la parution de deux livres jeunesse : en 2004 Tobor au Seuil et en 2011, Drôle d’oiseau aux éditions Grandes Personnes. La forme de son dernier livre jeunesse, Big Bang pop, est inspiré de Livre en pente de Peter Newel en 1910, réédité en 2007 par Albin Michel.

 

Son thème de prédilection, que l’on retrouve dans plusieurs livres, est le robot.

 

http://www.philippe-ug.fr

 

 

 

David Carter  

http://carolbartonstudio.files.wordpress.com/2011/04/david-carter1.jpg

© Carol Barton’s blog

 

 

est auteur, illustrateur et ingénieur papier.

 

Né dans l’état de l’Utah, il y fait des études d’art, avant de partir pour la Californie, où il travaille dans le design et la publicité.

 

En 1980, il intègre l’entreprise Intervisual Communications, spécialisée dans les livres animés. Il commence par le bas de l’échelle… il assemble et colle les créations des autres.

 

En 1986, ses premiers livres publiés sont une série sur les insectes qui lancent sa carrière : How many bugs in a box ? ou Alpha Bugs, un de ses préférés.

 

Albin Michel, son éditeur français publie la série Mandarine la petite souris, avec des personnages à toucher.

 

A partir de 2005, il conçoit des livres épurés, très graphiques et colorés, inspirés par l’œuvre du sculpteur Alexandre Calder, dont il a visité une exposition à Paris et les machines de Jean Tinguely. Son premier projet est Un point rouge.

 

Un de ses livres récents, The Elements of pop-up, explique les techniques de base du pop-up, à partir d’échantillons tirés de ses propres créations.

 

Dans son atelier, il conserve de grands bouts de papier de différents type qu’il trouve intéressant. Quand il démarre un nouveau projet, il tient un cahier d’esquisses pour y tracer des idées. Il commence avec des papiers blancs. Il utilise pour découper un couteau d’artisan Exacto. Il utilise 100 lames par semaine ! Il a besoin qu’elles soient très aiguisées. Il lui arrive aussi de découper dans des magazines ave un couteau suisse, s’il n’a rien d’autre sous la main ! Comme dans une chambre d’hôtel à New York… Il commence par une maquette qu’il propose à différents éditeurs. Quand l’un d’eux est d’accord, il la défait, scanne les différents éléments et met tout au format photoshop. L’éditeur envoie le projet en Chine pour élaborer des devis. Si le prix est trop élevé., il doit faire des modifications.

 

Il serait intéressé par un travail de sculpteur, avec du métal, du plastique… Mais aime par-dessus tout le livre ! Il aime entre autre le fait que le public puisse toucher cet art.

 

 

http://www.popupbooks.com

Une présentation de son travail et plein de conseils pour fabriquer des pop-up !!!

avec des vidéos et des maquettes à télécharger.

 

Voir aussi Atelier pop-up avec David Carter

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Publié par Mathilde Bernos - dans Rencontres
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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 15:45

sky-comm.png

 

 

 

Il me semble toujours intéressant de découvrir de nouveaux petits éditeurs ! S'éloigner un peu des circuits classiques et parisiens de l'édition...

 

Sky Comm est une maison d'édition située à Ollioules, dans le Var. Son fondateur, Jacques Boussaroque, a commencé à éditer des livres de photos, il y a sept ans, puis quelques livres de cuisine et enfin des livres pour enfants avec illustrations...


 

 

Quand et comment avez-vous décidé de monter votre maison d’édition ?

 
Il s'agit d'une double reconversion en quelques sortes. En effet, je me suis reconverti en 2004 dans la photographie, après 11 années passées dans la gestion et la finance.
Je savais que cette aventure était risquée, mais je savais aussi qu'aimant la photo, j'aurais des idées et du plaisir et que je saurais développer d'autres projets autour. C'est ainsi que sur les conseils d'un ami, j'ai réalisé un premier livre avec mes propres photos sur la Provence. Ayant eu la chance de trouver un diffuseur national avant même la sortie de cet ouvrage, j'ai très vite réalisé que cette diversification dans l'édition n'aurait de sens que si je parvenais à sortir d'autres ouvrages. C'est ainsi que j'ai réalisé d'autres livres photos (voyage et régionalisme) avec des photographes français ou étrangers. Séduit par l'aspect créateur du métier d'éditeur, j'ai continué ainsi à lancer chaque année plus d'ouvrages encore, et j'ai définitivement arrêté la photographie après un crash en ULM. Après les livres photos, je me suis intéressé aux livres de cuisine, puis aux livres jeunesse cette année.


 
Avez-vous suivi une formation particulière ? Laquelle ?

 
Pour ce qui est de la gestion, mon expérience passée m'aide grandement. J'ai suivi une formation sur les achats / cessions de droits. Mais pour le reste, j'apprends sur le tas. J'accepte l'erreur à partir du moment où je la comprends et peux y remédier.
 
 

 

Quel est selon vous l’intérêt de ce métier ?

 
En tant qu'entrepreneur d'une manière générale, c'est la liberté de choisir mon mode de développement.
Ce n'est pas pour autant la liberté de faire tout et n'importe quoi, mais celle de se poser les questions indispensables (quel type de livres, pour qui, comment ?), d'y apporter les réponses de la manière la plus rationnelle possible, et enfin de les mettre en oeuvre avec le plus grand enthousiasme. Réflexion et action créatrice...
 


Quels sont vos plaisirs d’éditeur ?


De rechercher toujours de nouvelles photos et de s'interroger sur la manière de les publier. Le contenant est tout aussi (voire plus) important que le contenu. J'ai plaisir à imaginer et créer de nouveaux formats.
Quant aux livres jeunesse, mon plaisir est de me dire "Je suis convaincu que les enfants prendront un immense plaisir à lire cet ouvrage." D'où la nécessité d'observer et de comprendre les enfants.
 


Quelle est votre ligne éditoriale ? Notamment par rapport à un public jeunesse ?


Elle se crée au fur et à mesure, car je n'en suis qu'au début, elle est donc loin d'être figée.
Il faut savoir que j'ai quatre enfants en bas âge et que cela influe sur mes choix. Je privilégie les ouvrages ludiques et les thèmes auxquels les enfants sont naturellement réceptifs (pirates, chevaliers, dinosaures, ...), car il m'importe que les enfants s'approprient mes ouvrages et éprouvent du plaisir à les lire ou jouer avec.
Mais je ne m'interdis pas pour autant de transgresser cette aspiration générale. Je viens en effet de publier deux romans d'une jeune auteur varoise de 16 ans (Slavka Zigic), tout simplement parce que j'ai été séduit par son parcours et par l'unanimité dont elle fait l'objet ici.
J'ai aussi édité un album, tout simplement parce que l'histoire et les illustrations m'ont paru "fraîches".
 


Comment choisissez-vous les livres que vous publiez ?


Je regarde beaucoup les jeux de mes enfants pour bien comprendre leur imaginaire, cela m'aide dans mes choix. Je parcours aussi inlassablement les catalogues d'éditeurs étrangers pour en faire sortir le meilleur, dans le cas de coédition. C'est très inégal, mais j'y trouve des pépites. Ensuite, je laisse reposer dans ma tête pour savoir si vraiment je réponds à une attente des enfants.
 


Comment imaginez-vous l’avenir du livre ?


Lié au jeu pour les enfants et à l'utile ou au pratique pour les adultes.
Dans les deux cas, le contenant (= le format) prendra de plus en plus d'importance et il ne faut pas avoir peur de quitter la notion de livre "classique" avec un format rectangulaire, une couverture et une reliure.
Le livre numérique ne va pas supplanter totalement le livre papier, mais il contribuera à son déclin. D'où l'importance d'apporter autre chose avec le livre papier, que le livre numérique ne peut apporter.


 
Que diriez-vous en conclusion à de jeunes lecteurs ?

 
Lisez ce que vous voulez, mais lisez !

 

 

 

Plus d'informations sur :

 

http://www.skycomm.fr

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Publié par Mathilde Bernos - dans Rencontres
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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 17:20

Dans le cadre d'une rencontre des "Visiteurs du Soir", organisée par La Joie par les Livres à la BNF, jeudi 21 octobre 2010, le maître de conférence Matthieu Letourneux a présenté et interrogé l'écrivain Fabrice Colin.


 

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ML- Fabrice Colin est auteur pour la jeunesse et les adultes, scénariste de bandes dessinées (« La Brigade Chimérique »), auteur de pièces radiophoniques… Son œuvre est très prolifique et aborde des genres très variés : science fiction (Les enfants de la lune), fantastique (Les étranges sœurs Wilcox), histoire (La Saga Mendelson), novélisation (Duel Masters)…. Cependant, on peut y voir une cohérence thématique et narrative. Notamment, la question de la mémoire, la confusion entre réalité et fiction, l’infuence anglo-saxonnes sont récurrentes. D’où vient ce plaisir de la variété, de l’exploration des formes ?

 

FB- Certains écrivains creusent toujours le même sillon. Il y a du positif et du négatif dans les deux approches. Moi, j’ai ce besoin presque complusif de varier fréquemment les styles d’écriture, les époques. Même la production pour adulte répond à cet impératif de changer de style. Je ne suis pas le seul dans mon cas. Quand je regarde les écrivains contemporains, mes amis, on est les enfants de la pop culture, nourrie de cinéma, de jeux vidéos de « mauvais genres » (SF, polar, BD)… On recycle des genres de littératures populaires successivement mis à l’index et désignés comme pauvres. C’est ce que je lisais quand j’étais ado et très naturellement, c’est ce que j’ai commencé à écrire. L’imagination est comme un muscle : plus on écrit, plus on travaille, plus on a envie de se frotter à de nouveaux genres, de nouvelles choses. Je ne m’interdis pas grand chose !

 

ML – On retrouve même une articulation de différents genres dans la même œuvre, avec des chapitres pastichant des styles littéraires (la piraterie…). Qu’est-ce qui explique ce goût du brassage ?

 

FC – Le lectorat est confronté à une production abondante, pour le meilleur comme pour le pire. C’est un marché. Il y a une floraison de titres. Au début, on porte l’histoire en soi, on l’écrit et peu importe s'il y a des lecteurs ou pas. Au bout d’un moment, on vieillit, on mûrit en tant qu’écrivain. On se demande ce que l’on peut apporter. Qu’est-ce qu’un bon auteur ? Quoi qu’il écrive, il peut se targuer de produire quelque chose dont on reconnaît le style, une identité d’écrivain. Ce doit être ça, dans un univers éditorial envahi par une production standardisée, avec des codes efficaces, mais qui ne sont que ça. « Page turner » : on tourne les pages, on veut savoir la suite. Mais vite lues, vite oubliées. Je suis aussi nourri d’écrivains post-modernes, comme Nabokov : récits enchâssés dans le récit, confusions entre auteur, narrateur et personnage… Mais en jeunesse, il faut y aller mollo, sinon on perd le lecteur ! Les jeunes… - je n’aime pas dire « les jeunes !... - Bon, les jeunes vivent dans des univers pas super propices à la lecture. Il faut les amener à ce plaisir qu’ils ont spontanément à 8 ans et qu’ils perdent au bout d’un certain temps, surtout les garçons. Il y a une exigence de lisibilité et d’efficacité du récit. L’auteur jeunesse obéit à ces codes-là, pour des lecteurs débutants, mais on lui montre qu’on peut jouer avec la lecture, lui faire croire des choses qui ne sont pas vraies, susciter des réactions. Je ne réfléchis pas toujours à la forme. Je cherche un équilibre entre comment moi je peux m’amuser en tant qu’auteur, présenter des formes nouvelles et pertinentes et rester dans les canons de la littérature jeunesse. L’auteur jeunesse a la chance de rencontrer souvent ses lecteurs, dans le cadre scolaire. Un auteur pour adulte va dans les salons, les gens arrivent pour dire « c’est merveilleux ce que vous faites » et on répond « oui, je sais ». Je caricature ! Mais les auteurs sont souvent confrontés à des louanges. Du coup, on progresse difficilement. Quand un gamin de 13 ans vous dit « qu’est-ce que vous voulez prouver avec vos livres ? », là on est dans le combat que devrait être la littérature : une remise en question permanente. 

 

ML – Plus on avance dans le temps, plus on assiste à une émancipation de votre écriture, des montages sophistiqués de documents, comme dans « la Saga Mendelson ». On a l’impression que vos ouvrages jeunesses sont nourris des expérimentations des livres pour adultes, dans des formes plus accessibles. 

 

FC – Je suis arrivé dans la littérature jeunesse il y a une dizaine d’années. Le lectorat évolue. Avec « Twilight », on ne parle pas d’écriture, mais de thématique. Il y a une plus grosse production, donc il faut se démarquer. Je m’ennuie en tant qu’auteur au bout d’un moment. Raconter de façon linéaire la saga d’une famille, je me serais ennuyé et ça a déjà été fait. J’ai respecté le principe de plaisir chez l’écrivain. En terme de technique littéraire, on pense au lecteur, à faire quelque chose de lisible. Mais je pense qu’on peut raconter n’importe quoi. La Saga Mendelson est une sorte de collage, mais chronologique. Le lecteur a l’impression de lire un magazine. C’est un peu ludique. Autant inventer de nouvelles formes si on peut et si on en a envie. Il y a un complexe des auteurs français de ne pas être anglais ou américain. Puis, une jubilation d’être publié. On le prend comme un honneur, une récompense… c’est pourquoi les auteurs gèrent mal leurs à-valoir. Dans une collection, sous la houlette d’un éditeur, ça ronronne. Par exemple « Autre Monde » chez Mango. L’ancien directeur a passé la main et il a bien fait. Dans ce type de livres-là, on répond tous à des impératifs plus ou moins pédagogiques. Une fois qu’on a dit "la pollution c’est mal, la manipulation génétique c’est mal"… on a vite fait le tour.

 

ML – Dans les œuvres récentes, il y a une tendance à emprunter à des figures de la culture populaire romanesque (les monstres de Lovecraft, Sherlock Holmes…). C’est une plongée assumée dans les œuvres, que l’on réexplore.

 

FC - Réactiver des personnages littéraires ou ayant existé, c’est merveilleux, car il n’y a pas de risques de procès ! Dracula, Sherlock Holmes… On finit par se demander, a-t-il vraiment existé ? Je suis sûre qu’à un moment il y a une confusion. Certains personnages littéraires ont une telle force, qu’ils sont devenus réels, voir plus que leurs créateurs. Cette tradition de reprendre des personnages est ancienne dans le roman français. Elle va de pair avec la réactivation des personnage comme "La ligue des gentleman extraordinaires", avec le capitaine Nemo, Dr Jekyll… Je ne suis pas le seul à faire ça. Pourquoi n’y a-t-il plus de super héros en Europe après la Seconde Guerre Mondiale ? Tout semble se passer aux Etats-Unis. Je n’ai pas encore trouvé de réponse à 100 % satisfaisante. Les héros sont l’équivalent des figures mythologiques de l’ancien temps. Déjà, dieu est mort, mais Zeus, n’en parlons pas ! Et pourtant, il y a ce besoin d’archétypes. C’est important de se souvenir que ce patrimoine existe. « La brigade chimérique » remet ces vieux archétypes sur le devant de la scène. Je n’ai pas de réponse intellectuelle à fournir, sinon que c’est ludique ! S’il y a d’autres raisons, elles sont inconscientes. On ne se rend compte de ce qu’on a écrit qu’en lisant ce que d’autres on écrit… j’aime pas trop qu’on m’explique ce que j’ai écrit dans mes livres ! Avec tout le respect que je dois aux critiques. En tant que créateur, ça ne doit pas nous passionner. On ne devrait pas regarder ce qu’on écrit sur nous, en bien ou en mal.

 

ML – Vous êtes influencé par l’univers anglo-saxon. Portez-vous un regard critique sur la littérature jeunesse française jusqu’aux années 80 ?

 

FC – Je ne la connais pas énormément. L’Ecole des Loisirs a été très implanté, car il y a eu des accords avec le milieu scolaire. Il y a donc toute une littérature sur les problèmes de société… que je trouve très bien, mais ce n’était pas mon truc. C’est très vite l’heroic fantasy qui m’a intéressé et je suis passé au rayon adulte. Je ne suis pas spécialiste de la littérature jeunesse. 

 

ML – Quand on lit vos livres, on a l’impression qu’il y a une volonté de jouer sur le lien entre espace imaginaire et le monde de notre histoire à nous lecteur, y compris dans vos livres d’imaginations, comme « Le maître des dragons ». On rencontre Michael Ange, Galilée… Vous rapportez le romanesque à la matière réaliste. Dans « Enfants de la lune », un enfant pendant l’occupation allemande rencontre des elfes… Le monde se revendique d’un romanesque débridé et il y a un ancrage fort dans l’univers réel. Pourquoi ?

 

FC – Dans la fantasy, il y a plusieurs cas de figure. Il y a des mondes pour eux-mêmes, comme dans « Le Seigneur des anneaux ». Des mondes qui pourraient être notre monde avant, comme dans « Conan le Barbare ». Un passage de notre monde vers la fantasy, comme dans « Narnia ». Ou de la fantasy dans notre monde… Avec la science-fiction, on parle du futur, mais il y a un ancrage avec le réel. C’est un truc de démiurge. Tout ça est assez facile à faire. Ce n’est pas créer un monde qui est le plus difficile. J’ai créé des mondes pour des jeux de rôle. La grosse difficulté, c’est d’écrire une histoire avec ça… C’est une littérature de contrainte, car il faut raconter une histoire qui ne met pas 500 pages à démarrer. Et expliciter le monde, car il ne va pas de soi, si on l’a inventé. On a recours a des expédients : par exemple, on fait discuter deux personnages pour décrire. On peut faire mieux que ça, mais c’est compliqué. On s’investit dedans pendant des mois, des années. C’est fatigant ! On se retrouve avec des notes, des dossiers, pour finalement exploiter 20 % de ça. Les américains qui écrivent des séries, c’est comme un retour sur investissement ! On exploite le matériau. C’est tenant d’écrire, quand on sait qu’un public aime ce monde et attend la suite. Mais moi, je m’ennuie assez facilement et je ne me vois pas exploiter le même monde pendant 50 ans. Quand j’avais 15-20 ans, j’écrivais des scénarios de jeux de rôle. On se sentait investis d’une mission : réenchanter le monde. C’est altruiste et narcissique d’espérer aider les gens dans leur vie quotidienne. Au bout d’un moment, en quoi cela les concerne les histoires d’elfes et de hobbits ? Peut-être en ancrant ça plus dans le réel. Pas besoin d’aller dans le monde de Narnia ou du Seigneur des anneaux pour être heureux. Dans « La vie extraordinaire des gens ordinaires », pas besoin de vivre des choses magiques pour être heureux. La façon dont ça change la vie des personnages, ça c’est magique. Comment raconter des trucs incroyables avec l’histoire, comme dans « La Saga Mendelson ». N’importe qui est porteur d’une histoire. C’est plus ou moins passionnant, mais si vous finissez par creuser, c’est toujours intéressant. J’ai tendance à m’éloigner des mondes de fantasy pour aller vers des choses comme ça. Mais je continue à aimer aussi la fantasy.

 

ML - Comment se fait l’articulation avec les documents, les photos, dans La Saga Mendelson ?

 

FC – Ce projet est né de la lecture d’un livre sur les juifs qui ont inventé Hollywood (La Warner, La Fox, MGM…). Ces sociétés de cinéma ont été créées par des gens qui ont monté des salles de spectacle, puis on fait des films eux-mêmes. Peut-être un besoin de créer l’empire des histoires, car ils ont été dépossédés de la leur. C’était aussi un besoin de raconter l’histoire du 20e siècle à des jeunes lecteurs. Quand j’étais en cours d’histoire, je baillais. Ce n’était pas la faute des profs, mais des programmes, la façon dont l’enseignement est conçu. Je voulais présenter des trucs du genre : « le 20e siècle, incroyable mais vrai ! ». Ou « Le saviez-vous ?»  Par exemple, quelle a été la plus grande catastrophe naturelle du 20e siècle ? Le tremblement de terre de Tangshan en Chine a fait 600 000 morts… Je présente des choses plus ou moins connues, qui sont sorties de l’esprit des gens, mais qui ont été très fortes à leur époque. Je voulais raconter l’histoire méconnue, par l’entremise d’une famille. Juive, car ce sont des gens qui ont des problèmes ! Je ne sais pas si la vie d’une famille péruvienne aurait permis d’avoir une vision globale sur le monde… Cette famille n’existe pas. J’ai créé des documents. Il a fallu rédiger des trucs en allemand, en russe, en anglais… Enfin, trouver des gens pour les traduire. Faire écrire par des mains différentes, y compris quand les personnages vieillissaient. Tout le monde s’y est mis ! Pour les photos, il faut demander les droits, surtout quand elles sont trouvées sur Internet. Pour les photos où on est censé voir les membres de la famille, j’ai pris des photos, où on ne voit pas trop, donc c’est difficile de dire si ce n’est pas eux ! Dans le 3e tome, les personnages partent en vacances et l’un dit "on n’est pas du genre à se prendre en photos". C’est une explication pratique ! Pour brouiller les pistes, j’ai fait appel à de soi-disant spécialistes de l’histoire, mais aussi à des personnages qui existent, comme un rabbin. Dans les remerciements, on ne sait pas vraiment qui est réel ou pas. 

 

ML – Dans tous ces romans, les personnages ont des problèmes de mémoire, une identité faussée, une relation au monde qui n'est pas le leur. Ce sont des personnages à qui on a retiré un souvenir, un monde d'où la mémoire s'est effacée, etc. Et la Saga Mendelson est constituée comme une mémoire collective, à partir de documents fictifs.

 

FC  -  Il n'y a pas de réponse toute faite : je n'ai jamais identifié ce qui dans mon histoire pouvait justifier le ressassement de ces thèmes-là. Dans "Americana", un psy pourrait expliquer tout ça. Une sorte de complexe d'imposteur que j'ai également ressenti le jour où j'ai eu le bac. Quand on a des idées, d'où vient notre inspiration ? Je ne sais pas… de l'inconscient… on touche à quelque chose de mystérieux, d'inquiétant. ça vient aussi de mes lectures. Nabokov joue beaucoup sur la vraisemblance, la vérité. C'est jouer avec le feu, car la confusion est souvent là, chez le lecteur. Même entre narrateur et auteur, quand le récit est à la première personne. Je prends souvent des précautions : qui dit "je" dans le roman ? C'est une question fondamentale. Dans « La vie extraordinaire des gens ordinaires », l'auteur Fabrice Colin présente ce livre comme récolté par un autre personnage. C'est une problématique fascinante : qui écrit, quand on écrit un livre ? Est-ce que c'est nous ? La personne réelle de la vie de tous les jours et celle qui écrit, pour moi, c'est quasiment deux personnes différentes. Quand c'est sorti de soi, ce n'est plus soi, c'est bizarre. mais il ne faut pas non plus que ce soit prise de tête ! Mais souvent, je ne peux pas m'en empêcher. C'est un peu un péché mignon…

 

ML - Et les prochains ouvrages ?

 

FC - Le polar qui va sortir en 2012 est un peu spécial. C'est une histoire présentée comme réelle, comme m'étant déjà arrivée… ça me pose question… En plus, par rapport à mes parents, qui sont là, dans la salle… parce que dans le roman, mon père est mort dans l'attentat de l'avion tombé sur le Pentagone ! On joue avec des concepts un peu tordus, qui ramènent à la question : qu'est-ce que doit être un livre ? Si j'écris "je", est-ce que j'ai le droit de vous mener en bateau ? Si c'est un témoignage, est-ce grave de mentir ? Quand une radio juive m'invite et me demande si j'ai rencontré la famille Mendelson et où ils en sont aujourd'hui, je suis un peu mal ! Pas mal d'écrivains disent, un livre, c'est juste raconter une histoire. Je trouve que c'est un peu embêtant. Mais il y a une vertu hypnotique dans les séries comme "Plus belle la vie". On veut la suite. ça doit faire appel à un cerveau reptilien… Je me demande s'il y a un ordinateur derrière tout ça. Mais en tant qu'écrivain, on doit faire plus que ça. C'est un truc de transmission. C'est ce qui rapproche le plus de la magie. Le style, c'est quelque chose de merveilleusement abstrait, ce serait difficile à expliquer à un extra-terrestre. Avec la littérature, on veut aussi faire réfléchir. 

 

ML- Et par rapport à l'écriture de votre blog. C'est encore un autre type d'écriture ?

 

FC - C'est un truc complètement narcissique ! Les gens qui le lisent, c'est vraiment parce qu'ils le veulent bien. Je vais parler de mes goûts, j'essaie de ne plus parler de politique… C'est un truc un peu altruiste… faire profiter les autres de sa culture… Mais est-ce altruiste ou égocentrique ?  Peut-être les deux… Je ne raconte pas une histoire, mais ce que j'ai lu, écouté. Je fais des liens vers des chroniques ou interviews que j'ai faites. Les retours sont plutôt positifs. Les gens perçoivent peut-être plus la dimension  altruiste que égocentrique ! Quand on me dit "j'ai découverte telle musique grâce à toi", ça fait plaisir. Après, il y a Facebook, et ça complique la donne. Que doit être un écrivain ? Son propre agent, son propre publicitaire ? Est-ce à moi d'indiquer dans quelle librairie je signe ? Non, c'est à mon éditeur, mais il ne touche pas forcément le même public que moi. ça commence à être lourd, cette virtualisation des échanges. Mais en même temps, je risque peut-être de passer à côté de quelque chose. Tout ce qu'on fait n'a pas vocation à être communiqué à tout le monde. Avant, je ne faisais pas de journal intime, je n'envoyais pas des lettres à tous mes copains pour dire ce que j'écoutais ! Le blog est gratuit. Over-blog propose de gagner de l'argent en mettant de la pub, c'est hors de question !  Mais écrire des livres, c'est un métier avec lequel on gagne sa vie.

 


 

Les gens présents dans l'assistance posent à leur tour des questions :


- Comment présenter des livres aux enfants ?

 

FC - En faisant de la lecture à voix haute. Faire venir quelqu'un de l'extérieur, un peu foufou et les cheveux au vent, ça peut marcher ! De toutes façons, tout le monde n'est pas fait pour la lecture. J'ai dû lire 50 ou 60 "livres dont vous êtes le héros". Quand on est ado, on est parfois bloqué sur un truc. Mais il ne faut pas complexer les gamins en disant "c'est pas ça qu'il faut lire". Je lisais Philippe Djian, quand j'avais 15 ans. J'ai cette  étrange maladie qui est qu'on ne peut pas se déplacer sans livre. On ne sait jamais : si le métro reste bloqué quatre jours, pendant que tout le monde réfléchira à qui va être mangé, moi, j'aurai mes livres ! Quand la littérature devient une dépendance, c'est gagné ! L'écrivain, c'est quelqu'un qui se nourrit de la vie, restitue son expérience de la vie, de l'amour… sous forme de livre. Lire, c'est la meilleure manière d'approcher les expériences que l'on n'a pas vécues. Quelques livres ont vraiment été des expériences extraordinaires et très formatrices, voire m'ont aidé à un moment de ma vie. Mais quand c'est un prof qui le dit aux ados, c'est difficile !

 

- Est-ce que vous suivez les modes littéraires actuelles ?

 

FC - Il ne faut pas se plier aux modes, qui viennent à 99 % des USA. Le temps que ça arrive, c'est déjà trop tard pour toi en tant qu'écrivain. Si tu te contentes de faire la même chose que Stephanie Meyer, tu seras moitié moins riche qu'elle ! ça ne marche pas si on se dit "je vais faire un truc sur les vampires, parce que c'est ça qui plaît". 

 

J'ai eu l'idée de "la vie extraordinaire…" en écoutant une musique d'Alain Bashung, alors que je devais faire le tome 3 d'un livre sur les vampires. La dimension de plaisir est très importante. On doit se dire non, "qu'est ce que le monde veut que j'écrive", mais "qu'est-ce que je veux écrire". Le plaisir de l'écrivain se transmet au lecteur.

 

- Quelles ont été les sources d'inspiration de « La vie extraordinaire des gens ordinaires » ?

 

FC - La chanson "La nuit je mens" m'a donné envie de raconter des trucs  la fois poétiques et du réel, du quotidien. Un déclic peut venir d'une émotion. Et j'ai des cahiers remplis de textes de deux, trois lignes, des embryons d'histoires. Cela devient parfois des histoires, ou rien du tout… car je ne me souviens pas de ce que je voulais dire ou cela ne suscite plus rien. J'avais beaucoup d'idées, mais pas le temps pour faire un roman à partir de chacune et cela ne se justifiait pas toujours. Si j'ai été inspiré par des faits divers, c'est inconscient. Ces histoires sont plutôt des inventions. 

 

Pour l'histoire sur la mort du clown, l'éditeur était gêné. J'ai demandé à des ados de lire le livre, sur mon blog, et à toute une classe juste la nouvelle du clown et deux autres, sans dire laquelle posait problème. Je voulais venir avec des arguments pour l'éditeur ! Qu'est-ce que les gens sont censés en retirer ? Je n'ai jamais écrit un truc nihiliste. Même dans les trucs plus sombres, il y a toujours une lueur d'espoir. On sait tous qu'il y a la douleur et la mort, mais qu'est-ce qu'on fait avec ça ?

 

...


 

Présentation de "La Saga Mendelson"

http://lebateaulivre.over-blog.fr/article-36161187.html

 

Présentation de "La vie extraordinaire des gens ordinaires"

http://lebateaulivre.over-blog.fr/article-la-vie-extraordinaire-des-gens-ordinaires-57716915.html 

 

Blog de l'auteur 

http://fabrice-colin.over-blog.com

 

Comptes-rendus des Visiteurs du Soir

http://lajoieparleslivres.bnf.fr/masc/integration/JOIE/statique/pages/07_nous_connaitre/074_formation/visiteurs_du_soir.htm#cr

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Publié par Mathilde Bernos - dans Rencontres
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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 12:35

 

Trois librairies pour le prix d’une ! Chacune consacrée à un domaine précis : essais et littérature, arts et guides pratiques, BD et jeunesse. Un « homme blanc » peint par Mesnager invite à entrer dans cette dernière. Elle fourmille de vie : nombreux clients, flânant entre des rayons plein du sol au plafond ; dessins suspendus à des fils, souvenirs de rencontres avec des dessinateurs du quartier ; photographies des bouilles réjouies des enfants lors des lectures du mercredi… Une authentique boutique de quartier, ouverte aux habitués et à tous les curieux !


L’Atelier d’en face (Jeunesse & BD)

3 rue Constant-Berthaut – 75020 Paris

 

 

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Le métier de libraire

Pour certains, c’est très physique, avec beaucoup de cartons de livres à trimballer et ouvrir… Très prenant, puisque l’on travaille le week-end. Et parfois frustrant, car on a beau être entouré de livres, on n’a pas forcément le temps de s’adonner à sa passion pour la lecture ! Pour d’autres, cette activité permet d’être en contact avec le public et de travailler dans un univers chaleureux. Il y a probablement autant d’histoires et de rapports au métier que de libraires !


Le rôle du libraire par rapport aux jeunes lecteurs

Les parents sont souvent inquiets que leurs enfants n’aiment pas lire… Il faut essayer de les rassurer : ce n’est pas parce qu’ils ne lisent pas maintenant qu’ils ne liront jamais. Et oui, les adultes sont soucieux que les jeunes puissent ne pas aimer lire… Pourtant, dès dix ans, beaucoup de jeunes lecteurs viennent tous seuls à la librairie. Les lycéens naviguent entre l’Atelier et l’Atelier d’en face, pour ceux qui restent adeptes de littérature jeunesse et de BD !


Les animations de la librairie jeunesse

Dans la partie jeunesse, Pascale et Sylviane choisissent les ouvrages en fonction de leurs goûts, de façon assez éclectique. Des cartons au logo de la librairie mettent en avant leurs coups de cœur, avec une petite phrase qui attire, intrigue et titille l’envie du lecteur. Elles confectionnent de belles vitrines thématiques. Des animations sont organisées, mais pas de façon régulière, à part les lectures du mercredi de 10h15 à 11h, par une des libraires de l’Atelier. Le mois de juin a été bien rempli : le conteur Souleymane Mbodj est venu raconter des histoires, des dessinateurs de BD ont fait des dédicaces…

 

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Un réseau de libraires

L’Atelier fait partie d’un réseau de neuf librairies de l’Est parisien. Leur site Internet est très pratique : il permet de rechercher les références d’un ouvrage et de savoir dans quelle librairie partenaire il se trouve. Il est alors facile de le commander et de l’obtenir en 24 heures. Le site recense les animations proposées dans les différents lieux. Il propose aussi une émission de radio mensuelle, dans laquelle les libraires présentent des livres. Ils organisent régulièrement des réunions pour travailler ensemble, mais cela n’empêche pas chacun de rester indépendant…

http://www.librest.com


L’avenir du livre et de la librairie

Pascale pense qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Jourdain est un quartier où les gens fréquentent beaucoup les librairies. Le numérique ? Elle n’arrive pas encore à y croire… D’autres libraires du réseau Librest considèrent qu’il faut tout de même prendre en compte cette nouvelle donnée, réfléchir aux services qui pourraient en découler. Ils incitent les clients à se mobiliser sur ce point et à envoyer leurs idées ou questions par email à livrenumerique@librest.com


Et si l’avenir du livre et de la librairie dépendait aussi de nous ?

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Publié par Mathilde Bernos - dans Rencontres
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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 09:48

 

Anaïs Massola, libraire dans le 18e arrondissement de Paris, défend  le droit à une lecture accessible au plus grand nombre et accompagne ses  lecteurs dans leurs choix. Elle sélectionne les ouvrages avec attention et s’investit dans des actions concrètes, comme le projet « Lecture Plus », dans des écoles, avec des rencontres d’auteurs, un salon du livre de jeunesse en juin... Elle est aussi impliquée dans l’association des libraires francophones, qui aide des habitants de pays plus défavorisés à se former et monter leur librairie. Acheter un livre dans une librairie indépendante est devenu un acte militant ! Vous soutenez ainsi un métier important et recevez idées et conseils.


(Voir l'article "CDI et librairies : vive m'indépendance !")

 


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Anaïs Massola, « Le Rideau Rouge »

71 Rue Riquet - 75018 Paris

 


 

Comment as-tu décidé d’ouvrir une librairie ?


J’étais toujours dans un entre deux. J’ai fait des études de médecine, ensuite de maths et puis en même temps, je lisais beaucoup. Je me posais des questions : enseignante ? je n’avais pas tellement envie, parce que mon père l’était… j’ai pensé à bibliothécaire, j’ai même travaillé comme aide-documentaliste dans un collège, mais le côté relations aux élèves, un peu flic… je ne pense pas avoir assez d’autorité et de patience pour y arriver. Je me suis posé la question de passer les concours de bibliothécaires, mais moi et les études, c’était déjà pas fameux, alors les concours, n’en parlons pas ! L’idée de la librairie, c’est venu assez tard, parce que le commerce ne fait pas partie de la culture familiale. Mon fils grandissait et je commençais à m’intéresser de plus en plus à la littérature jeunesse. J’habitais dans un quartier où il y avait une librairie qui avait un tout petit rayon jeunesse, mais ce n’était pas énorme et je commençais à me dire : « ce serait bien s’il y avait une vraie librairie jeunesse à côté de chez moi ! » Quand on est parent, c’est toujours plus difficile de se déplacer. C’est là que ça a commencé à faire « tilt » : d’un côté j’avais ce besoin d’une librairie et de l’autre côté, je cherchais ce que je pouvais faire. À un moment je me suis dit : « Tiens, et si c’est toi qui l’ouvrais, cette librairie ! » C’est donc ce que j’ai fait, en décembre 2004.

 


 

Tu n’as pas fait d’études particulières pour devenir libraire ?


Pas du tout ! Quand j’ai commencé à me renseigner, je me suis rendue compte que ce qui était bien dans le métier de libraire, c’est qu’on n’avait pas besoin de faire d’études ! Ni de passer de concours… J’étais allée voir une association qui fait des prêts, des subventions, et qui a trouvé que passer six mois en librairie était suffisant pour acquérir le métier, même s’il y avait bien sûr des formations, mais je ne voulais pas y aller ! Avec du recul, je dirais que plus on passe de temps en librairie, mieux on est préparé, surtout quand c’est sa librairie. Après, ça dépend des parcours… Moi, j’étais une lectrice de fond, pas une lectrice de nouveautés. Il y avait plein d’auteurs connus qui m’avaient échappé, parce que ça ne m’intéressait pas, j’étais restée au 19e siècle… Grosso modo je m’étais arrêtée à 1950 et après je ne lisais plus rien ! Ou à peine, genre Pennac, ou quelques petits trucs comme ça. Du coup, au début, ce n’était pas évident, pour savoir si c’était bien ou pas, pour choisir, sélectionner les livres… J’ai donc travaillé dans une librairie pour me former. Au bout de trois mois, je savais que c’était ce que je voulais faire. Trois mois plus tard, je commençais à mettre en place le projet. Il m’a fallu un peu moins d’un an pour le formaliser : monter une étude de marché, les plans de financement, trouver le local. D’après mon étude de marché, il y avait 30 % des gens qui allaient faire leurs achats dans la petite librairie-papeterie du quartier et à peu près autant qui allaient à la FNAC. Mon idée, c’était de récupérer ceux qui allaient à la FNAC ! Il n’y avait pas de concurrence directe avec la librairie-papeterie, on n’est pas sur le même créneau.

 


 

Quel est pour toi l’intérêt de ce métier ?


C’est de bosser avec les bouquins ! En même temps il y a le côté gestion de stocks qui satisfait mon côté un peu matheux ! Le métier de libraire a besoin d’énormément de rigueur d’une manière générale. Et puis je voulais être indépendante : plus de patron, plus d’ordres, une autonomie totale ! Je décide tout, je fais ce que je veux… entre guillemets, parce que je n’ai jamais autant bossé ! Mais je bosse pour moi, donc ça fait une sacrée différence. 

 

 

 

Comment as-tu choisi ce quartier ?


En fait, j’y habitais ! Au départ, je voulais ouvrir ma librairie à Ménilmontant, parce que j’y avais bossé, je trouvais le quartier sympa et je savais qu’il n’y avait pas de librairie là-bas. Je venais d’emménager depuis quelques mois et je me suis dit : « il n’y a pas besoin de chercher midi à quatorze heures, ici, il n’y a pas de librairie et il est très bien ton quartier ! »

 

 

 

Est-ce que tu as un fonds privilégié pour la jeunesse ? Comment choisis-tu les livres de ta librairie ?


Le rayon jeunesse est un gros morceau de la librairie et ça représente un peu plus de 20 % du chiffre d’affaires, dès le départ. Et pour attirer le public, surtout un certain public qui n’a pas l’habitude, c’est plus facile par les enfants. Et puis j’étais dedans depuis un moment. Et c’est un domaine qui m’intéresse, plein de créativité. C’est plus facile à appréhender, parce que les lectures sont moins longues : on peut lire plus vite et se faire une idée plus rapidement. Ça et les BD sont mes deux gros rayons. Pour les essais c’était important pour moi de faire un rayon très engagé politiquement. Pour la littérature, ça dépend des moments. Au début, j’avais beaucoup de littérature française et puis de moins en moins. J’essaie de cibler un peu, en fonction de mes goûts. Le grand avantage d’être dans une petite surface, en librairie, c’est que qu’on n’est pas dans un endroit où les éditeurs déposent leurs bouquins et je choisis presque tous les livres qui sont en magasin. Je reçois parfois des « offices sauvages », des livres que je n’ai pas demandés, mais ça repart ! Ce que je ne choisis pas réellement, c’est ce que je ne peux pas louper comme vente, comme le Marc Lévy… J’en fais quelques-uns comme ça, mais les livres intermédiaires qui se vendent ailleurs, je peux m’en passer et je n’en propose pas.

 

 

 

Tu as organisé des actions pour les jeunes ?


Il y a un projet avec les écoles primaires, " Lecture Plus ", que l’on va essayer d’étendre au collège, sans doute l’année prochaine. C’est un gros travail, avec un comité, une sélection de livres, des rencontres avec les auteurs, la préparation de la librairie avec les enfants et l’organisation d’un salon de littérature jeunesse en fin d’année.

 

 

 

As-tu aussi un public de lycéens ?


J’en ai quelques-uns, mais les lycéens sont plus mobiles, ils n’ont pas de librairie d’attache. J’ai quelques lecteurs attachés, souvent ceux qui ont commencé à venir à l’ouverture de la librairie et qui grandissent, mais les autres vont et viennent. Je pense qu’ils achètent des bouquins, mais pas forcément chez moi. S’ils passent et que j’ai ce qu’ils cherchent, très bien, mais ils ne prennent jamais le temps d’une commande.

 

 

 

Tu es aussi engagée dans une association de libraires francophones ?


Oui, l’AILF. La majorité de nos adhérents sont en Afrique de l’Ouest et au Maghreb, même s’il y a des libraires dans le monde entier et dans des pays non-francophones aussi. En fait, l’idée est de monter des formations pour aider les libraires à se professionnaliser, de faire du lobbying pour favoriser leurs conditions commerciales, etc. J’y suis depuis quatre ans et maintenant, je suis trésorière !

 

 

 

Comment imagines-tu l’avenir de la librairie ?


Pour l’instant c’est trop flou pour m’avancer. Je pense qu’il y a des choses qui sont en train de se jouer. Les libraires sont solidaires entre eux, mais ne sont pas capables de se réunir pour travailler ensemble. Trop de caractères indépendants. Du coup, je pense que ça ne va pas nous aider à imaginer comment s’accaparer le numérique pour en faire quelque chose de bien. A priori, c’est clair que les éditeurs se passeraient bien des libraires, sur le net, parce que ça leur fait une marge en moins à payer… D’ailleurs les auteurs se passeraient de plus en plus des éditeurs, dans le même ordre d’idées… Et on ferait juste une communauté de lecteurs et d’auteurs et tout le monde parlerait ensemble…  et on se dispenserait de passeurs, de censeurs… Je pense que ce rôle, justement, est plus important qu’avant, dans la masse de la production actuelle et à venir. Quand il y aura vraiment le numérique, on aura encore plus besoin de gens pour sélectionner. Mais je ne sais pas du tout si ce sont les libraires actuels qui le feront. C’est une partie de notre métier, mais c’est le grand flou, ce n’est pas tout de suite, à mon avis, mais dans 10/15 ans que la révolution sera terminée… Mais je ne peux pas trop m’avancer. Les éditeurs numériques verrouillent tellement pour l’instant les formats, les prix. Le livre numérique ne fait que 20 % de moins que le prix du livre normal. Pour l’instant, ça n’a pas d’intérêt. Il y a encore beaucoup de questions en suspens : quelle sera l’évolution du matériel, est-ce qu’on loue les bouquins ou pas ?... Amazon a supprimé certains livres pour certains supports de lecture, parce qu’ils avaient des problèmes de paiement de droits d’auteurs. Ils essaient tellement de tout verrouiller de peur que ça leur échappe, que ça nous laisse du temps, pour réfléchir à une autre manière de faire. Mais c’est quand même une chance inouïe d’imaginer qu’on va pouvoir envoyer de la lecture sur fichier numérique, dans des pays où ça peut devenir ainsi accessible, surtout si on combine ça avec une impression à la demande. Dans les pays moins développés, il pourrait y avoir un plus grand accès à la culture, aux livres techniques, aux dictionnaires… Il faut aller dans ce sens-là. Il y a des textes qui sont tombés dans le domaine public et qui doivent être accessibles à tout le monde. J’aimerais que les libraires s’emparent de ça. Il faudrait que l’on ait des sites Internet... ou par mailing… On peut avoir un rôle là-dedans si on n’est pas les « petits commerçants ». Parce que si on est juste des petits commerçants, le militantisme du client qui viendra acheter un livre chez nous plutôt qu’ailleurs, un jour ou l’autre, ça va s’arrêter. Ou alors, on deviendra des surfaces culturelles, où l’on fera des animations et peut-être qu’on sera payé pour notre rôle d’animateur… Mais pour le reste, je pense que ça ne vaut le coup que si on milite pour une lecture accessible au plus grand nombre. Et du coup, qu’on n’hésite pas à proposer de la gratuité, surtout pour les œuvres fondamentales. Je trouve ça hyper intéressant d’imaginer de pouvoir proposer gratuitement, mais en choisissant, des oeuvres de Barbey d'Aurevilliers que j’adore… plutôt que celles de Balzac qui m’emmerdent ! De jouer ce rôle-là, même sur du gratuit. Mais c’est encore flou, les idées que je te donne !

 

 

 

Quel est le rôle du libraire par rapport aux jeunes lecteurs ?


Avec le projet « Lecture Plus », l’objectif est de leur apprendre à être critiques. Il faut qu’ils sachent choisir ce dont ils ont besoin et que ce sens critique leur évite de se faire rouler dans la farine par des campagnes marketings de plus en plus performantes. Je pense que notre rôle de libraire est là-dedans. Ça passe, dans une librairie, par la sélection des bouquins. Même si on a besoin de vendre du Katherine Pancol pour pouvoir vendre autre chose… Mais la réalité c’est aussi : combien de lecteurs de Katherine Pancol passent à autre chose ? Même si on peut lire Pancol et autre chose… Mais ceux qui ne passent pas à autre chose, comment fait-on pour les faire passer à autre chose ? C’est presque mission impossible…

 


 

Est-ce que tu crois qu’il y a beaucoup de libraires aussi engagés ?


Non… Enfin, je ne dis pas « pas du tout » ! Mais il y a pas mal de libraires qui sont des lecteurs un peu précieux, ils sont dans l’amour de la littérature. Les libraires ne sont pas de grands commerçants, parce qu’ils n’aiment pas jouer avec la notion d’argent, mais il y en a beaucoup qui ont besoin d’un confort.  Et ils aiment bien les paillettes qu’il y a autour de ça. Quand on est libraire, on devient un notable dans un quartier. Dans une ville en province, c’est encore plus flagrant. On est invité à des petits-déjeuners au Lutetia, on rencontre des auteurs… On peut jouer dans la cour des grands ! Dans « Télérama », j’ai lu un article qui disait : « on a le cinéma qu’on mérite ». Si on a un cinéma hyper mercantile, c’est aussi parce qu’on va le voir et qu’on l’appuie. Je pense que si on a une littérature – ça change depuis quelques années- mais si on a eu une littérature française très peu engagée, très narcissique, très nombriliste… ce n’est pas anodin non plus : les libraires ont poussé là-dedans, tout le monde a fait un peu le jeu de ça. Cela reflète une profession. Il faut en arriver à Sarkozy pour que ça bouge, qu’on retrouve un peu plus de romans sociaux !

 

 

 

Quels sont tes plaisirs de libraire ?


Il y en a plein ! Même faire la compta… Parler avec les gens, conseiller, choisir, surtout. Passer du temps dans les bibliographies, choisir les livres, continuer à apprendre, puis après tous les petits trucs, genre faire une vitrine. Mais vraiment le côté travail de bibliographie est un des aspects qui m’intéresse le plus.

 

 

 

Que dirais-tu en conclusion à de jeunes lecteurs ?


On a la littérature qu’on mérite. A un moment donné, si ce qu’ils voient en magasin, dans les grandes surfaces ne leur plait pas, il faut qu’ils comprennent qu’il y a un système derrière. Aller dans les petites librairies, quand la sélection leur plait, et soutenir un travail plus minutieux et plus engagé, c’est comme le panier bio ou ce genre de trucs. C’est un petit pas de fourmi, mais c’est important, parce que ce n’est pas anodin. Faire un achat dans une grande surface multiculturelle dans les années 80, ça pouvait avoir du sens. Aujourd’hui, avec les politiques qu’ils ont par rapport à leurs salariés, les politiques d’achats en centrale d’achat, les libraires n’ont plus, ou beaucoup moins, la main mise sur le choix, les sélections. C’est appuyer un système qui se passe de la décision humaine et donc de la réflexion. C’est une question de responsabilité. Ce n’est pas parce qu’on a treize ans que l’on n’est pas responsable !

 

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Publié par Mathilde Bernos - dans Rencontres
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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 10:02

... lors des « Visiteurs du Soir » du vendredi 26 mars 2010,

rencontre organisée par Le Centre national de la littérature pour la jeunesse /

La Joie par les livres et la BNF

 

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Portrait tiré du site officiel de l'auteur

 

 

L’auteur est accompagné de la directrice en chef de la Revue des Livres pour enfants, de l’universitaire Marie-Hélène Routisseau et de sa traductrice, Diane Ménard. La première intervention est celle de Mme Routisseau, qui rappelle que l’auteur a reçu plusieurs prix littéraires (dont le Children’s Laureate, en 2003), que ses histoires ont été adaptées au théâtre, au cinéma, que c’est un écrivain très prolixe, puisqu’il écrit jusqu’à 6 livres par an. L’auteur a été enseignant en primaire et il considère que l’école dégoûte les élèves de la lecture, en choisissant des textes sans discernement. En 1976, il décide de créer trois « Charity Farms », qui accueillent les enfants des villes et des banlieues à la campagne, pour leur permettre de découvrir les animaux, les plantes. La directrice de la Revue des livres pour enfants entreprend ensuite de poser des questions à l’auteur.


Combien avez-vous écrit de livres ?

J’écris depuis 35 ans, 127 livres en anglais, dont seulement la moitié a été traduite en français. Le dernier traduit est « Enfant de la jungle ».


Pourquoi écrivez-vous pour les enfants ?

J’ai passé beaucoup de temps avec les enfants et j’ai l’habitude de leur parler. Je m’intéresse à eux pour leur fraîcheur, leur ouverture d’esprit. J’ai commencé à écrire pour ma propre classe d’école primaire. Mais quand j’écris, c’est sans penser si mon texte est pour les adultes ou les enfants. Je ne considère par l’âge du lecteur avant d’écrire.


Comment avez-vous commencé ?

Le succès de mon premier texte et le fait que mon éditeur  m'en demande d'autres m’a donné confiance. Je me suis dit « Je peux faire ça, je suis Roald Dahl ! » Pour Cheval de guerre, j’ai pensé : « J’écris comme un cheval, c’est assez facile ! ». L’histoire se passe dans le sud de l’Angleterre, pendant la 1ère Guerre Mondiale. Elle évoque la souffrance  universelle de la guerre, vue par un cheval.


Vous écrivez souvent sur la guerre…

Je suis né en 1943. Mes premiers souvenirs se situent dans l’après-guerre à Londres. J’ai été impressionné par les ruines de la ville bombardée, et les adultes blessés, traumatisés. Ma mère a perdu son frère de 21 ans et j’ai toujours entendu parler de lui. Mourir pour la liberté, c’est à la fois triste et noble. Roald Dahl m’avait dit que les enfants n’aimaient pas les histoires du passé. Mais je pense que la guerre touche tout le monde. Et il y a encore des soldats envoyés au front. Les jeunes voient à la télé ce qui se passe en Irak, en Afghanistan. Il faut des livres pour expliquer les sentiments que l’on peut ressentir.


Vous montre aussi beaucoup les difficultés sociales, économiques…

Oui, mais à travers des personnages positifs, en construction. Je pense que la vie est dure pour beaucoup de gens. Si on l’écrit, il faut réfléchir. Je ne veux pas créer pour les enfants des fictions idéales. Pour les plus petits oui : c’est important qu’à la fin ça aille. Mais il faut aussi apprendre qu’il y a des difficultés. Ne pas être condescendants avec les enfants. Je pense que c’est pour ça que beaucoup ne lisent pas. C’est important de toucher. Je pense que les filles lisent plus que les garçons et je voudrais toucher aussi le cœur des garçons.


Vous écrivez des aventures qui ne se passent pas toujours en Angleterre

Je suis ¼ belge ! Je me sens un mélange… J’admire beaucoup les romans de Stevenson, c’est pourquoi j’écris comme j’écris. Stevenson a fait voyager ses lecteurs dans le monde. C’est considéré comme « old fashion », en Angleterre,, d’écrire des romans d’aventure. Mais en France, les romans qui ont réussi sont ceux qui n’ont pas réussi en Angleterre, comme Le roi de la forêt des brumes.


Comment commencez-vous à écrire ?

Je commence par quelque chose de réel : un journal, une conversation… Pour Le Royaume de Kensuké, j’avais reçu une lettre d’un lecteur du Naufrage de Zanzibar, mais qui voulait une autre histoire dont le héros soit un garçon sur une île déserte du Pacifique ! Ou je coupe des articles de journaux : l’histoire d’un japonais qui a vécu 7-8 ans seul sur une île a inspiré le personnage du vieux japonais de mon roman. J’écoute les histoires à la radio, comme celle d’une femme travaillant dans un zoo à Belfast, qui a sauvé un éléphant pendant la guerre. J’ai fait une recherche sur Internet : l’ordre était donné de tuer les animaux si les avions arrivaient. Ça a donné L’éléphant dans le jardin, le dernier livre que j’ai écrit. L’histoire de la jeune fille australienne qui rame et raconte son histoire sur Internet est une histoire vraie, celle d’une jeune fille qui voulait gagner de l’argent, pour lutter contre la maladie dont son père est mort.


Il y a beaucoup de personnes d’un certain âge dans vos histoires…

Il y a 30 ans, il fallait que j’imagine les hommes vieux. Maintenant, je n’ai plus besoin d’imaginer ! Les vieilles personnes sont porteuses d’une valeur. J’ai connu beaucoup de vieux dont la vie était source d’inspiration. Pour Alan Bennett, l’auteur de théâtre, la seule responsabilité de l’enseignant est de transmettre. Il est important de connaître l’histoire de son peuple et du monde. C’est dangereux si les hommes d’état oublient ça. Pour moi, un pays civilisé étudie beaucoup son histoire et celle des autres.


Vous écrivez aussi beaucoup sur la nature

La nature est toujours bonne et bienveillante. J’aime vivre à la campagne. Je trouve que c’est plus agréable de vivre près des oiseaux, des animaux. Il y a un danger si les gens perdent contact avec la nature, le danger de la détruire. Il est important de comprendre les saisons, les fruits et légumes de saison… Les hommes vivent derrière une barrière. C’est dangereux pour la nature et les animaux. Dans mes fermes, 40 enfants de 8 à 12 ans viennent chaque semaine. Leur confiance en eux s’est améliorée à la fin de leur séjour. Quant à moi, j’ai besoin de regarder, sentir, écouter, boire le monde ! Je n’ai pas beaucoup d’imagination. Où je trouve mes idées ? Je sors, je regarde les oiseaux, les nuages, je sens la pluie… Sans ça, on ne peut pas écrire, ni vivre.


Quelle est la place de la poésie dans vos textes ?

J’ai détesté raconter des poèmes à l’école. Maintenant, les poèmes sont une inspiration pour le commencement et le cœur de beaucoup de mes romans. Par exemple, dans Enfant de la jungle, le héros récite face à un tigre, le poème de William Blake, bien mieux qu’il ne l’aurait fait en classe !


Votre femme est votre première lectrice ?

J’écoute beaucoup les idées de ma femme. Ma femme lit mes manuscrits. J’attends des compliments, mais elle dit la vérité ! Souvent, elle me dit que c’est pas mal, mais pas aussi bien que Cheval de Guerre. Mais j’ai écrit ça il y a 30 ans !


Vous inspirez-vous de votre vie ?

J’ai écrit un livre qui raconte ma manière d’écrire : Au pays de mes histoires. Dedans, il y a une histoire : « Mon père est un ours polaire ». Cela fait référence à mon propre père, divorcé quand j’étais très jeune et dont personne ne parlait pendant mon enfance. Mon nom de famille est celui de mon beau-père. La première fois que j’ai vu mon père, c’était à la télé dans un film, l’histoire d’un prisonnier évadé. Soudain, un visage effrayant est apparu sur l’écran et ma mère a crié : « c’est ton père !». Il était comédien au Canada.



Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger un dossier, sur le site de la Joie par les Livres : http://lajoieparleslivres.bnf.fr/masc/integration/joie/statique/pages/06_revues_en_ligne/061_rlpe/250-morpurgo.htm



Et le site de l’auteur : http://www.michaelmorpurgo.com


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Publié par Mathilde Bernos - dans Rencontres
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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 11:37

alain grousset 

Alain Grousset est l'auteur d'une cinquantaine de romans de science-fiction pour la jeunesse. Invité dans mon collège, il a réussi a capté l'attention de toute une classe d'élèves de 5ème, qui étaient au départ plutôt récalcitrants. Voici le compte-rendu de ses propos, toniques et rafraichissants !

Plus d'informations sur son site :

http://alain.grousset.monsite.orange.fr/


 

 

Cliquer sur "Fullscreen" pour lire en plein écran.

 

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Publié par Mathilde Bernos - dans Rencontres
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 11:54
Les élèves ont rencontré Martine Pouchain, dans le cadre du club du CDI. Ils participaient au concours des Incorruptibles. Ils étaient libres de choisir le roman qu’ils souhaitaient lire. La plupart ont lu "Les Ostrogoths" ou "Chevalier B." Voici les questions qu’ils ont préparé. D’autres sont venues au cours de l’entretien… 



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SA BIOGRAPHIE


Quand vous étiez petite…

Aviez-vous de bonnes notes en cours de français ? Ingrid

En cours de français, on fait plusieurs choses. J’étais surtout bonne en rédaction. C’est ce qui me plaisait le plus.


Quels genres de livres lisiez-vous ? Pourriez-vous citer des titres ? Ingrid

Quand j’étais petite, il y avait beaucoup moins de titres de littérature jeunesse qu’aujourd’hui. Ce n’est que depuis 20 ans que l’on a autant de choix. Je lisais les classiques : la Comtesse de Ségur, Jules Vernes. Et les séries comme « Le Club des Cinq », « Fantômette »…J’ai beaucoup aimé Tom Sawyer. Pour les aventures et le caractère des personnages. Plus tard, j’ai réalisé à quel point c’était bien écrit.


Nous avons lu sur votre site que vous avez pratiqué plusieurs métiers avant d’être écrivain. Lesquels avez-vous aimés ? Lina

Aucun ! A par brocanteuse, c’était amusant. Mais je préfère mon métier actuel.


Depuis quand avez-vous eu envie d’écrire ? Et depuis quand écrivez vous ? Damien

J’ai toujours aimé écrire. Je ne viens pas d’un milieu intellectuel et personne n’a pu me pousser. Je n’ai vraiment commencé que très tard, depuis une dizaine d’années. J’ai publié mon premier livre en 2000.


Comment avez-vous commencé à écrire ? Qu’est-ce qui vous en a donné l’envie, l’idée ? Siham

J’avais envie d’écrire des scénarios de films. Mais dans ce milieu-là, il faut vraiment connaître quelqu’un pour arriver à se faire connaître. Le premier texte que j’ai écrit était un scénario et je l’ai adapté pour en faire un roman. C’est devenu « Meurtre à la cathédrale », un polar médiéval.


Qu’est-ce que vous avez fait pour devenir écrivain ? Jessica

J’ai envoyé mon texte a plusieurs éditeurs et Gallimard a accepté. Maintenant, je peux vivre de mon métier. C’est plus facile en écrivant pour la jeunesse que pour les adultes.


Est-ce que le métier d’écrivain est difficile ? Anaïs

Tous les métiers sont difficiles. Ou pas, cela dépend si on est fait pour cela. J’aime ce que je fais. Il y a des aspects très agréables : imaginer l’intrigue, les personnages, c’est palpitant. Mais il y a aussi des choses moins agréables : relire, réécrire. C’est un long travail. A la fin, quand on a relu plusieurs fois l’histoire, on n’en peut plus, on la connaît par cœur. Et puis, on envoie le manuscrit aux éditeurs… entendre les refus, ce n’est pas agréable. Puis si un éditeur accepte, il demande aussi des corrections et il faut encore relire…


Pensez-vous être connue comme Charles Perrault ou Roald Dahl ? Jovany

Non bien sûr ! Mais je n’écris que depuis 10 ans. Je n’ai pas dit mon dernier mot !


L’ECRITURE

 

Quel genre littéraire préférez-vous ? Pourquoi ? Ingrid

Je n’ai pas de genre littéraire préféré. Je n’aime pas beaucoup la fantasy en général. Sauf « Le Seigneur des anneaux » et « A la croisée des mondes » de Pullman.

 

Comment écrivez-vous, à la main ou à l’ordinateur ? Est-ce que quelqu’un écrit pour vous ? Iris

Je n’ai pas encore les moyens que quelqu’un tape mes textes pour moi ! Je prends parfois des notes à la main. Et j’ai toujours un dictaphone sur moi pour enregistrer mes idées quand je suis en déplacement. Je n’arrive pas à écrire quand je ne suis pas chez moi. J’envie les auteurs qui sont capables d’écrire partout, dans le train, une chambre d’hôtel. Moi, il faut que je sois dans un endroit où rien ne me distrait. Sinon, il m’est arrivé une fois d’écrire sur une Remington, comme ces vieilles machines que l’on voit dans les films. Mais c’est exceptionnel. J’écris surtout à l’ordinateur. C’est très pratique pour corriger, reprendre un paragraphe….


Avant d’envoyer un texte à l’éditeur, est-ce que vous le montrez à quelqu’un ? Siham

Rarement. Cela m’arrive parfois, quand j’ai besoin d’un peu de réconfort ! Mais l’entourage n’est pas vraiment objectif. Et « nul n’est prophète en son royaume »…


Avez-vous déjà écrit des histoires dans d’autres langues ? Ou vos livres ont-ils été traduits dans d’autres langues ? Lesquelles ? Lina

Un seul de mes romans a été traduit pour le moment : « Bagdad 2004 », en turc. C’est amusant de recevoir son livre dans une autre langue que l’on ne comprend pas ; On suppose que c’est le même, mais on ne peut pas vérifier !


Savez-vous à l’avance ce que vous allez écrire ? Jean-Louis

Oui, je fais un plan de mes romans. J’ai commencé par le roman policier, et pour cela il faut être très rigoureux. On est obligé de connaître la fin, d’imaginer des fausses pistes… L’idée principale tient en une phrase. Après, j’essaie de faire un plan plus détaillé, en 2-3 pages. Quand on ne fait pas de plan, on prend le risque de se planter.


Racontez-vous parfois votre vie dans vos livres ? Jovany

Vos histoires sont-elles vraies ? Iris

Un auteur s’inspire forcément de la réalité : ce qu’il observe, ressent, les histoires qu’il entend. Mais je ne raconte pas ma vie, c’est sans doute une question de pudeur. Et je transforme toujours la réalité. Pour les romans sur le Moyen Age, je suis obligée de beaucoup me documenter. J’ai lu des textes de Régine Pernoud, qui se lisent comme des romans. J’écris surtout sur le XIIe et le XIIIe siècle qui sont les périodes que je connais le mieux. Mais j’ai parfois envie d’écrire là où l’on ne m’attend pas, comme avec les Ostrogoths ou Chevalier B.


La musique a l’air d’occuper une grande place dans vos romans. Pourquoi ? Quelle musique aimez-vous ? Justine

Pour « Chevalier B », c’était une demande de l’éditeur, Sarbacane, qui dans la collection « Exprim » indique la bande-son : les musiques qui ont inspiré l’auteur ou qui selon lui irait bien avec son roman. J’aurais voulu faire du piano. Je n’aime pas le jazz, trop nostalgique. J’écoute surtout de la musique classique.


Avez-vous déjà prévu d’écrire un nouveau livre ? Anaïs

Un roman devrait sortir en octobre prochain. Le titre provisoire est « Un amour sorcier ».

 

SES ROMANS

 

Les Ostrogoths

Est-ce que vous pensez que cette histoire pourrait arriver à quelqu’un dans la réalité ? Lina

Bien sûr ! C’est déjà arrivé et ça arrivera encore. Elle est d’ailleurs inspirée d’un fait divers. Mais qui finissait plus mal que dans le roman.

 

Pourquoi est-ce qu’il y a des gros-mots dans le livre ?

J’aime que les dialogues soient réalistes. Ils ne doivent pas paraître trop écrits.

 

Chevalier B.

Avez-vous donné l’idée de l’illustration de couverture ? Pourquoi la couverture de Chevalier B. A changé lors de sa réédition en 2008 ? Jovany

C’est un choix de l’éditeur. Lors de la réimpression du roman, il a pensé que l’autre couverture attirerait davantage les lecteurs. Mais du coup, on a l’impression qu’il s’agit d’un roman pour les filles, alors que ce n’est pas le cas. L’auteur n’a pas le choix de l’illustrateur. Ma couverture préférée est celle de « Le fils du Loup bleu », faite par Sylvie Serprix. Elle est magnifique, c’est un vrai tableau.

 

 

Aldebaran

Pensez-vous vraiment que dans le futur, il y aura le mode de vie que vous décrivez dans ce roman ? (presque plus d’arbres, d’air, privation de liberté…) Damien

Pour les romans de science-fiction, on s’inspire forcément de quelque chose qui existe déjà et que l’on amplifie. C’est une satire de notre monde. Une possibilité de ce que sera le futur. Mais évidemment, l’homme a des ressources et l’avenir pourrait être très différent.


Pour plus d’informations :

http://martine.pouchain.free.fr

 

 


 

 

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Publié par Mathilde Bernos - dans Rencontres
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