Qu’est-ce qu’aimer lire ?
Le "goût de lire" provient de différents désirs ou besoins .
→ Voir l’article « Comment choisir un livre de fiction » : « connaître les attentes de lecture des
adolescents ».
• goût pour l’objet-livre
• besoin d’intimité
• désir d’apprendre : encyclopédies, documentaires, revues…
• désir de s’évader : heroïc fantasy, fantastique, Science-fiction, policier…
• besoin de trouver des réponses, se comprendre et comprendre le monde : « romans miroirs » (qui permettent de s’identifier au personnage).
Le « goût de lire » sous-entend quelque chose de durable…
Le « plaisir de lire » est plus ponctuel. Il peut être lié à un texte précis. Tous les élèves connaissent généralement le plaisir de lire quelque chose : leur magazine favori, une bande
dessinée, le blog d’un ami…
Ces lectures ne sont pas celles dont on parle généralement à l’école… Mais peut-être peut-on partir de là, pour faire réfléchir les élèves à leur rapport à la lecture ?
Quels sont les raisons des résistances face à la lecture ?
Pourquoi les élèves n’aiment pas lire ?
Quelles sont les raisons qui les poussent à dire qu’ils n’aiment pas la lecture ?
Depuis la formulation des « Droits du lecteur » par Daniel Pennac dans Comme un roman, il est admis qu’on n’est pas obligé d’aimer lire. Voilà qui est dit et surtout il est important que nous
ne nous sentions pas coupables de voir que nos actions autour de la lecture ne conduisent pas forcement l’ensemble de nos élèves vers les livres.
D’après une enquête sur « la lecture et les loisirs multimédia » réalisée auprès des collégiens et lycéens venus avec leur classe visiter le Salon du livre de Paris en mars 2007 (3 888
questionnaires ont été retournés), la lecture conserve une place importante dans les loisirs des collégiens et des lycéens :
• Le rapport des adolescents à la lecture est très clivé selon le sexe : les garçons lisent moins que les filles ; ils n’ont pas les mêmes goûts littéraires et parlent moins de leurs lectures
avec leurs « pairs ». Cependant, le profil des « grands lecteurs » ne diffère pas selon le sexe ;
• Une corrélation existe entre la lecture et les loisirs multimédia : ceux qui lisent peu sont aussi ceux qui jouent beaucoup à des jeux. Cependant, cette corrélation est plus forte chez les
collégiens que chez les lycéens ;
• Il existe également une corrélation entre la lecture et les autres activités culturelles ceux qui lisent beaucoup sont aussi ceux qui sortent beaucoup (concert, musée, spectacle…) ;
• Les parents ne sont pas les prescripteurs uniques en matière de lecture mais leur rôle est important en termes de régulation du temps passé à lire et de l’usage du multimédia. Plus
globalement, leur rôle en matière de transmission culturelle par rapport à la lecture perdure : les enfants des parents qui lisent beaucoup sont eux aussi, souvent, de grands lecteurs.
Les lycéens lisent « utile ».
Au collège, lecture personnelle et scolaire se recoupent largement.
→ Voir l’article « Pourquoi dit-on : « ils n’aiment pas lire ? » »
« Donner le goût de lire » :
est-ce une mission de l’école ?
En matière de lecture, le rôle du collège, est défini par le BO spécial n° 6 du 28/08/2008 : Programme d'enseignement de français pour
les classes de sixième, de cinquième, de quatrième et de troisième du collège.
http://www.education.gouv.fr/cid22117/mene0816877a.html
Il y est rappelé que l’enseignement du français permet la découverte et l’étude de différentes formes de langage : celui de la littérature, de l’information, de la publicité,
de la vie politique et sociale. Il est également chargé de faire découvrir et étudier des textes documentaires et des textes de presse. « Dans tous les cas, le professeur cherche à susciter le
goût et le plaisir de lire »
La mission de l’école est avant tout de fournir
• un outil technique : savoir lire
• et culturel : connaître divers types de textes littéraires ou autres.
c’est-à-dire des compétences techniques et des connaissances.
Ces deux outils s’acquièrent par :
• la pratique de la lecture,
• de l’écriture
• l’accès aux œuvres littéraires
• la rencontre avec des auteurs
• la découverte des lieux de lecture connaître le fonctionnement de la bibliothèque, du CDI…
L’école n’est pas seule prescripteur de la lecture auprès des adolescents. Le fait de trop institutionaliser la démarche peut lui faire perdre son attrait aux yeux des jeunes
lecteurs. Si comme François de Singly, nous pensons que l’école n’a pas de légitimité à communiquer le plaisir de lire, le professeur étant seulement un transmetteur de compétences, alors il
nous faut prendre conscience de la difficulté qui sera la nôtre dans cette tâche qui doit conduire nos élèves vers l’envie de lire spontanément. Mais pour autant devons-nous, forts de ce
constat, nous passer de toute activité autour de la lecture, sous prétexte que le bonheur de lire ne peut être qu’à la marge ? Nous ne le pensons pas. Admettons, tout comme Pennac, que l’on
n’est pas obligé « d’aimer lire », ne nous sentons pas coupables si nos actions ne conduisent pas tous nos élèves vers les livres, mais ne baissons pas les bras, car nous réussissons toujours à
en accrocher quelques-uns…
Favoriser la découverte les lieux de lecture
Tout le monde ne sait pas naturellement se servir d’une bibliothèque, n’a pas eu l’occasion d’y aller avec ses parents. Initier les élèves aux lieux de lecture
est une première étape pour « donner le goût de lire ».
En tant qu’enseignant-documentaliste, on peut favoriser tout ce qui facilite l’accès aux livres :
• la signalétique
• la mise en valeur des ouvrages
• des expositions
• l’initiation à la recherche documentaire :
Favoriser la pratique de la lecture
« La lecture cursive est une lecture personnelle de l’élève, en dehors du temps scolaire, mais le plus souvent en rapport avec le travail conduit en classe
».
Pour aider l’enseignant qui cherche à donner le goût de lire, il est important de proposer un choix large et commenté d’œuvres accessibles. « La littérature de jeunesse occupe
une place naturelle dans ce choix d’œuvres ».
Cela nécessite de bien la connaître, pour savoir établir un réseau sur un thème ou un genre, éviter certains titres trop racoleurs…
→ Voir la rubrique « Connaître et choisir la littérature jeunesse ».
Ce qui importe, c’est de se demander ce que l’on fait de cette littérature :
- Une entrée motivante pour donner le virus de la lecture à quelques-uns ?
- Une occasion de lecture cursive différente des études plus savantes et rébarbatives contenues dans les programmes ?
- Un point de passage vers la littérature classique ?
Le rôle de la littérature de jeunesse serait de former des lecteurs.
La difficulté est ensuite d’imaginer un travail obligatoire et non contraint : pas de pesants contrôles, ni de fiches qui « plombent » ces lectures, naviguer entre obligation, incitation et
liberté.
Les formes d’activités sont très variées allant de la plus simple à la plus longue. Elles ont d’autant plus d’efficacité qu’elles s’inscrivent dans la durée.
→ Voir la rubrique « Animations lecture »
ILS ONT DIT...