TEISSON, Janine
Ecoute mon cœur
Syros, 2013, 128 p., (Tempo)
ISBN : 978-2-74-851382-0
6 euros
Montage photo Shutterstock
Genre : journal intime / épistolaire
Thème : handicap (sourd) – différence- 19e siècle – amitié
Niveau : 5e – 4e – 3e
Paulou, 75 ans, souhaite vendre sa belle maison de Camargue, mais ne trouve aucun acheteur à cause du bruit de l’autoroute toute proche. Il a l’idée de la faire visiter à une famille de sourds qui tombe sous le charme du lieu. Il s’attache à ce couple et leur petit garçon Antoine, qui l’a surnommé « Celui dont le cœur bat fort » en langue des signes, en raison de ses problèmes cardiaques. Les gens du village, eux, les regardent d’un mauvais œil. Une deuxième histoire alterne avec celle-ci, où Jean, un jeune sourd, raconte son quotidien dans un des premiers instituts spécialisés dans les années 1860, travers ses lettres à ses parents et sa sœur. L’avenir de ce jeune homme brillant et plein de vie est menacé par les « oralistes », opposés à la langue des signes et l’éducation des sourds. Peu à peu, on découvre un lien entre les deux récits…
Il s’agit d’une réédition de ce roman qui avait reçu le prix de la Nouvelle Revue Pédagogique en 2006. On y découvre la condition des sourds au siècle dernier et à notre époque, grâce aux deux récits, qui soulèvent des questions très concrètes avec beaucoup de délicatesse : la découverte du handicap, la réaction des familles, l’accès à l’éducation, les difficultés du quotidien, la richesse de la langue des signes…. Au-delà de cet aspect « documentaire », ce texte est aussi une belle histoire d’amitiés, celles de Paulou avec le petit Antoine et ses parents, ainsi qu’avec son vieil ami Maurice, cet homme incroyable car « toute sa vie il est resté au milieu du carrefour, sans savoir s’il devait aller à gauche ou à droite. » Un roman qui allie tristesse et légèreté :
« - Paulou, on n’a plus de dents, plus de cheveux, la seule chose que nous avons rescapée de notre jeunesse, c’est le rire.
- ça c’est vrai ! Tu sais que l’autre jour, je rêvais qu’il y avait deux cimetières au village ! Un cimetière triste et un cimetière gai pour les vieux rigolos comme nous… » (p.98)


