20 mars 2010
6
20
/03
/mars
/2010
19:27
BENAMEUR, Jeanne
Les demeurées
© Gallimard, 2002, 80 p. (Folio)
Thème : école - lecture - apprentissage - handicap mental
Niveau : lycée
Les demeurées
© Gallimard, 2002, 80 p. (Folio)
ISBN : 2-07-042196-1
Thème : école - lecture - apprentissage - handicap mental
Niveau : lycée
Luce est la fille de La Varienne, l'idiote du village. Une relation très forte s'est nouée entre elles. Mais bientôt, l'école s'immisce dans leur histoire fusionnelle. Luce n'arrive pas à se faire des amies, à apprendre et notamment à lire... Tout le monde au village trouve ça normal, que la fille d'une demeurée soit demeurée. Mais Melle Solange, l'institutrice n'accepte pas et veut l'aider à tout prix.
Une interview de Jeanne Benameur, présentant ce livre, est en ligne sur le site de La Bibliothèque de l'Education de l'IUFM de l'Académie de Lyon :
http://www.meirieu.com/RADIO/radio2.htm
(en bas de la page)
Ce texte est retranscrit sur le Blog du Prof en Campagne :
http://www.profencampagne.com/article-4998021.html
"Luce veut rester ignorante, comme sa mère, pour mieux rester près d'elle, avec elle, comme elle [...]
Au fond, ce roman traite de la résistance des enfants qui ne veulent pas, ne peuvent pas, entrer dans le champ du savoir, dans le champ de cette médiation que représentent l'écriture et la lecture [...]
C'est vrai. Apprendre paraît aller de soi. En fait pas du tout ! Pour moi ça ne me paraît pas du tout aller de soi parce que ça veut dire quitter sa terre que l'on connaît, franchir un gouffre, un océan ou une petite rivière de rien du tout pour certains enfants qui ont des facilités. Mais c'est aller vers autre chose. Apprendre c'est forcément aller vers autre chose. Aller vers autre chose c'est accepter d'être transformé... Quand j'écris, je suis transformée, ça fait changer des choses dans ma vie. Je sens comment ça me met en mouvement... Mais l'accepter ce n'est pas forcément évident, il faut avoir une terre solide derrière soi [...]
Ça veut dire qu'on ne fabrique pas un élève, on l'accompagne ! On ne fabrique pas un enseignant non plus, on l'accompagne ! Ce que j'aime bien dans le mot enseignant c'est le « a n t » de la fin. Il signifie quelque chose qui est en train de se faire ; qui est toujours en train de se faire [...]
Quand on enseigne, il y a au moins une chose que l'on peut savoir : c'est que la peur peut exister. Savoir que cet espace de la peur peut s'ouvrir devant un enfant, c'est déjà être prêt à accueillir cette peur [...]
Il faut surtout que quelqu'un ne prenne pas tout l'espace, en face de nous pour que chacun puisse avoir la chance de faire un pas... L'intelligence a besoin d'espace pour se poser. "
Cette histoire a été magnifiquement mise en scène dans un spectacle de théâtre de rue, par la Compagnie Begat Theater, entre lecture et installation artistique.
http://www.begat.org/docs/menuspect/dem/dem.htm
A surveiller de près et aller déguster s'il repasse dans la région !!!
Une interview de Jeanne Benameur, présentant ce livre, est en ligne sur le site de La Bibliothèque de l'Education de l'IUFM de l'Académie de Lyon :
http://www.meirieu.com/RADIO/radio2.htm
(en bas de la page)
Ce texte est retranscrit sur le Blog du Prof en Campagne :
http://www.profencampagne.com/article-4998021.html
"Luce veut rester ignorante, comme sa mère, pour mieux rester près d'elle, avec elle, comme elle [...]
Au fond, ce roman traite de la résistance des enfants qui ne veulent pas, ne peuvent pas, entrer dans le champ du savoir, dans le champ de cette médiation que représentent l'écriture et la lecture [...]
C'est vrai. Apprendre paraît aller de soi. En fait pas du tout ! Pour moi ça ne me paraît pas du tout aller de soi parce que ça veut dire quitter sa terre que l'on connaît, franchir un gouffre, un océan ou une petite rivière de rien du tout pour certains enfants qui ont des facilités. Mais c'est aller vers autre chose. Apprendre c'est forcément aller vers autre chose. Aller vers autre chose c'est accepter d'être transformé... Quand j'écris, je suis transformée, ça fait changer des choses dans ma vie. Je sens comment ça me met en mouvement... Mais l'accepter ce n'est pas forcément évident, il faut avoir une terre solide derrière soi [...]
Ça veut dire qu'on ne fabrique pas un élève, on l'accompagne ! On ne fabrique pas un enseignant non plus, on l'accompagne ! Ce que j'aime bien dans le mot enseignant c'est le « a n t » de la fin. Il signifie quelque chose qui est en train de se faire ; qui est toujours en train de se faire [...]
Quand on enseigne, il y a au moins une chose que l'on peut savoir : c'est que la peur peut exister. Savoir que cet espace de la peur peut s'ouvrir devant un enfant, c'est déjà être prêt à accueillir cette peur [...]
Il faut surtout que quelqu'un ne prenne pas tout l'espace, en face de nous pour que chacun puisse avoir la chance de faire un pas... L'intelligence a besoin d'espace pour se poser. "
Cette histoire a été magnifiquement mise en scène dans un spectacle de théâtre de rue, par la Compagnie Begat Theater, entre lecture et installation artistique.
http://www.begat.org/docs/menuspect/dem/dem.htm
A surveiller de près et aller déguster s'il repasse dans la région !!!

