ALMOND, David
Je m’appelle Mina
Gallimard, 2012, 317 p. (Grand format littérature)
ISBN : 978-2-07-063904-5
14,4 €
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Genre : journal intime
Niveau : 4e – 3e – lycée
Thème : différence – deuil – écriture – école
Mina a perdu son père très jeune. Elle est une enfant sensible, différente des autres, qui la laissent à l’écart. Elle n’arrive pas à répondre aux attentes de sa prof, Mme Scullery, qui lui reproche sans cesse : « c’est Typique McKee ! ». Elle commence un journal intime pour raconter ce qu’elle observe et ressent : « Maintenant que j’ai commencé, c’est formidable de voir les pages blanches qui s’étendent devant moi. Écrire sera comme un voyage, chaque mot sera un pas qui m’emmènera vers une terre inconnue. » (p. 75)
Car elle aime les mots, qui sont bien souvent le thème même de ses écrits : « Les mots devraient flâner et vagabonder. Ils devraient voler comme les chouettes, voleter comme les chauves-souris, et se faufiler comme les chats. Ils devraient murmurer, crier, danser et chanter. […] Certaines pages seront comme un ciel avec un seul oiseau dedans. D’autres seront un ciel avec un vol tourbillonnant d’étourneaux. Mes phrases seront une poignée de mots, une collection, un dessin, un essaim, comme un banc de poissons, ou une mosaïque. » (p. 9)
Dans son journal alternent ainsi ses pensées, le récit de moments importants de sa vie, qu’elle raconte à la troisième personne, ou des poèmes :
CE MATIN UN SEUL
OISEAU
DANS LE CIEL
CE MATIN UN SEUL
MOT
DANS MA PAGE
La mise en page et la typographie jouent un rôle à part entière dans ce roman. Ils participent du plaisir des mots, tant lié à leur musicalité qu’à leur graphie. Les différentes parties sont aussi ponctuées des « activités hors pistes » que Mina propose au lecteur de pratiquer : « Ecrivez une histoire sur vous-même comme si vous l’écriviez sur quelqu’un d’autre. » (p. 61) De pensées en récits, elle se forge sa propre idée de l’écriture : « Alors écrire, c’est comme emmener certains mots en promenade » (p. 284).
Et Mina nous emmène dès les premières pages ! J’ai été transportée par ce roman, par ce personnage attachant, par l’écriture, si poétique et sa mise en forme. Difficile de donner un avis objectif… J’ai tout simplement ADORÉ ! Le genre de roman que l’on est un peu triste d’avoir fini, parce qu’il faut quitter son univers… Il me tarde de voir comment les élèves le recevront. Il devrait intéresser les collègues de français, notamment pour ses belles métaphores sur l’écriture. Et pourquoi pas proposer des « activités hors piste », dans le cadre d’un atelier d’écriture ou d’un club ? Elles me rappellent les idées de l’artiste Keri Smith, auteur entre autres de How to be an explorer of the world.
http://www.flickr.com/photos/kerismith
Ce texte me donne aussi très envie de découvrir le premier roman jeunesse de David Almond, Skellig, qui raconte l’histoire de Michaël, le garçon qui s’installe dans la maison voisine de Mina. L’occasion d’enrichir un réseau sur les romans avec différents points de vue : http://lebateaulivre.over-blog.fr/article-13816529.html
Le site de l’auteur :


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