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  • : Bibliographies de littérature jeunesse & activités autour de la lecture, la recherche documentaire et l'éducation à l'image (collège-lycée)...
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  • Mathilde Bernos
  • Enseignante-documentaliste depuis 1998, j'exerce en collège dans l'Académie de Nice. J'ai animé des formations sur la littérature jeunesse, les carnets de voyage et les blogs dans l'Académie de Versailles.
  • Enseignante-documentaliste depuis 1998, j'exerce en collège dans l'Académie de Nice. J'ai animé des formations sur la littérature jeunesse, les carnets de voyage et les blogs dans l'Académie de Versailles.

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 17:37

 

Chiara, une étudiante italienne en littérature de jeunesse, m’a contactée par le biais du blog, pour me poser quelques questions autour de son sujet de recherche. Voici quelques les idées qui me sont venues au fur et à mesure, sans être très organisées, ni théoriques, mais que je partage ici, car peut-être intéresseront-elles d’autres passagers du “Bateau Livre” ? Chacun peut laisser un commentaire sur l’idée qu’il se fait de la littérature jeunesse ou autour d’autres questions de Chiara... Merci de préciser votre fonction (enseignant, bibliothécaire, élève...).


 

http://farm3.static.flickr.com/2799/4426942174_c43f24201b.jpg

© Dessin Mathilde Bernos

 

 

Chaque auteur, formateur, documentaliste, etc. a sa propre idée sur la littérature de jeunesse, quelle est la vôtre? 

 

Je ne sais pas quelle est la fonction exacte des documentalistes en Italie, mais quand il s’agit des personnes travaillant dans l’Education Nationale, comme c’est mon cas, on parle même de professeur ou enseignant-documentaliste : nous passons un CAPES (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement Secondaire), comme les enseignants “de disciplines”, et assurons des heures de cours. C’est pourquoi nos choix en matière de politique documentaire et d’achats d’ouvrages sont vraiment guidés par des préoccupations pédagogiques, ce qui n’est pas forcément le cas d’un bibliothécaire. J’achète des livres de littérature jeunesse, en tenant compte, entre autres, des programmes, qu’il peut être intéressant de consulter, pour savoir quel genre littéraire ou quelle période on étudie à tel ou tel niveau... Il existe aussi des listes “officielles” de littérature jeunesse conseillée par le Ministère de l’Education Nationale.

 

Voir par exemple http://crdp.ac-bordeaux.fr/LJ/lj01.asp

ou http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/lettres/Inspection/Sommaire_fr_col.htm 

 

 

Qu’est-ce que signifie pour vous « LITTERATURE DE JEUNESSE » ? Quelles sont les qualités que vous reconnaissez à la littérature de jeunesse ? Et quels éléments nous permettent de l’identifier en tant que genre littéraire (si on peut bien le considérer en tant que tel) ? 

 

Je dirais, très rapidement, que la littérature jeunesse est une littérature qui s’adresse aux enfants et adolescents. Le niveau de langue utilisé par les auteurs s’adapte aux tranches d’âge auxquels le texte est destiné. Souvent, l’âge du héros de l’histoire correspond à l’âge supposé des lecteurs. Je ne me fie pas nécessairement aux âges que les éditeurs indiquent sur les couvertures, qui ne sont pas toujours celles envisagées par les auteurs... ou ne correspondent pas forcément au niveau de mes élèves. Je travaille dans un collège avec des élèves en difficulté de lecture, des SEGPA (sections d’enseignement spécialisé), ULYS (élèves avec un handicap), des non francophones... Il faut donc trouver des romans dont le niveau de langue sera accessible. Mais j’essaie aussi de leur proposer des histoires susceptibles de les intéresser.  En outre, les jeunes, même avec des difficultés de lecture, peuvent être attirés par des gros ouvrages, à priori plus difficile d’accès... en fonction des modes du moment... “Twilight”, “Hunger Games”, “le Journal d’un Vampire”, etc... ont été empruntés, même par des élèves de SEGPA. Je ne sais pas toujours s’ils ont réellement lu le livre... Mais ils en ont envie, ce qui est déjà très positif ! Qu’ils aient plaisir à emprunter, que le livre soit pour eux un “objet” désirable est une première étape vers le goût de lire.


 

Quelle est la tâche la plus importante à laquelle la littérature jeunesse doit faire face ? Quel est son rôle ?

 

La littérature jeunesse a-t-elle un rôle ? Doit-on la distinguer de la littétature ? 

Et la littérature, a-t-elle un rôle ?

Distraire ? Emouvoir ? Toucher ? Interroger ? Faire réfléchir ?...

Peut-être autant de rôles que d’auteurs et de lecteurs...

 

En tant qu’enseignante-documentaliste, la littérature de jeunesse est un biais qui peut aider à donner le goût de lire aux élèves...

 

 

Existe-t-il une LITTERATURE POUR ADOLESCENTS en tant que genre littéraire bien défini ou s’agit-il s’une invention des éditeurs?

 

Comme je le disais précédemment, il y a de la part des auteurs “jeunesse” un souci de niveau de langue. Souvent, ils ont recours à un narrateur de l’âge des lecteurs. Et choisissent des thématiques susceptibles de les intéresser. Mais on peut écrire pour la jeunesse, tout en faisant de la “littérature”, en développant un style riche et personnel. Certains auteurs confient qu’il y a dans la littérature jeunesse une liberté, une richesse de création que l’on ne retrouve pas toujours dans la littérature adulte contemporaine, qui se prend parfois au sérieux... 

 

Peut-être que ceux qui répondraient le mieux à cette question sont donc les auteurs jeunesse eux-mêmes. Quelques témoignages sur http://lebateaulivre.over-blog.fr/categorie-11449820.html

 

Fabrice Colin  explique : “En terme de technique littéraire, on pense au lecteur, à faire quelque chose de lisible. Mais je pense qu’on peut raconter n’importe quoi.” ...

Les jeunes vivent dans des univers pas super propices à la lecture. Il faut les amener à ce plaisir qu’ils ont spontanément à 8 ans et qu’ils perdent au bout d’un certain temps, surtout les garçons. Il y a une exigence de lisibilité et d’efficacité du récit. L’auteur jeunesse obéit à ces codes-là, pour des lecteurs débutants, mais on lui montre qu’on peut jouer avec la lecture, lui faire croire des choses qui ne sont pas vraies, susciter des réactions. Je ne réfléchis pas toujours à la forme. Je cherche un équilibre entre comment moi je peux m’amuser en tant qu’auteur, présenter des formes nouvelles et pertinentes et rester dans les canons de la littérature jeunesse. “

 

Il précise aussi que l’auteur jeunesse se remet parfois plus en question que l’auteur adulte : “L’auteur jeunesse a la chance de rencontrer souvent ses lecteurs, dans le cadre scolaire. Un auteur pour adulte va dans les salons, les gens arrivent pour dire « c’est merveilleux ce que vous faites » et on répond « oui, je sais ». Je caricature ! Mais les auteurs sont souvent confrontés à des louanges. Du coup, on progresse difficilement. Quand un gamin de 13 ans vous dit « qu’est-ce que vous voulez prouver avec vos livres ? », là on est dans le combat que devrait être la littérature : une remise en question permanente. “

 

 

En littérature, quelle est pour vous l’importance du DESTINATAIRE ? Est-il toujours clair s’il s’agit d’un adulte, d’un enfant ou bien d’un adolescent?

 

En littérature jeunesse, les auteurs font généralement des choix de structure de récit et de niveau de langue qui tient compte de l’âge des lecteurs supposés.

 

Mais certains livres ont été publiés à la fois en édition adultes et en jeunesse, comme “A la croisée des mondes” de Pullman. Depuis quelques années, apparaissent des formes littéraires destinées aux “grands adolescents” ou “jeunes adultes”... Beaucoup d’adultes ont lu “Harry Potter”... Il semblerait que les frontières se brouillent entre ces deux lectorats. Est-ce lié à un phénomène de société, à l’apparition d’une génération d’ “adulescents” ? Ou l’influence marketing ? Les effets de mode autour de certaines publications ? Je n’ai pas de réponse tranchée pour une partie de l’édition dite “jeunesse”.

 

Certains auteurs estiment aussi ne pas tenir compte du destinataire quand ils écrivent. C’est l’éditeur qui choisit ensuite la tranche d’âge à laquelle il destine tel ou tel texte. Michaël Morpurgo explique : “quand j’écris, c’est sans penser si mon texte est pour les adultes ou les enfants. Je ne considère par l’âge du lecteur avant d’écrire.”

 

 

Vous dites que Marie-Aude Murail est représentative d'une forme un peu "ancienne" de littérature jeunesse. A quoi faites-vous référence avec cette affirmation ? Au langage qu’elle utilise ou aux thèmes qu’elle traite ?

 

Je dirais les deux ! Son style est assez classique et ses histoires sont ancrées dans la vie quotidienne des élèves : le collège, les parents, les copains...  J’ai aussi l’impression que les adolescents qu’elle décrits appartiennent plus à ma génération qu’à celle d’aujourd’hui. D’ailleurs, ses romans ne sont pas très empruntés dans mon CDI. Je ne sais pas si c’est lié... Peut-être aussi dû au fait que les couvertures de l’Ecole des Loisirs, très sobres, ne sont pas celles qui attirent le plus mes élèves... sans que cela n’ait de rapport avec la qualité des publications.

 

J’ai beaucoup de romans similaires (dits “romans miroirs”) dans mon CDI, car les ados aiment lire des histoires qui les renvoient à leur propre vécu. Mais j’ai tendance à préférer des auteurs qui ont recours au registre humoristique, comme Susie Morgenstern ou plus récemmentStéphane Daniel. Ou ceux qui vont plus loin dans l’expression des doutes et questionnements intérieurs, comme dans un roman récent, “Blog” de J-P Blondel, destiné à un public plus âgé sans doute. 

 

J’apprécie les auteurs qui ont un style littéraire fort, même quand ils écrivent pour la jeunesse, comme Fabrice Colin, qui joue beaucoup sur les questions de la mémoire, les rapports entre fiction et réalité. Pour moi, il ne s’agit alors pas forcément d’un auteur étiqueté “jeunesse”. D’ailleurs, plusieurs écrivent aussi bien pour les adultes, comme encore Pierre Bottero, Marie Desplechin... Peut-être même ce passage de la littérature jeunesse à la littérature adulte et vice et versa est source d’enrichissement de leur style, de leur approche de l’écriture ? J’ai le sentiment qu’un “bon” livre de littérature jeunesse devrait pouvoir plaire à un adulte !  C’est le cas, il me semble, de “Seul sur la mer immense” de Morpurgo, “Aurélien Malte” de JF Chabas, “Clic”, par 10 auteurs anglo-saxons, “Sarcelles Dakar” d’Insa Sané, “le Ramadan de la Parole” de Jeanne Benameur”, “La vie extraordinaire des gens ordinaires” de Fabrice Colin...

 

Bien sûr, je suis subjective, puisqu’il s’agit de goûts, de préférences. Si les “romans miroirs” (comme ceux de M-A. Murail), sont intéressants, j’essaie aussi de guider mes élèves vers d’autres types de lectures. Qu’elles leur permettent de découvrir l’histoire (Morpurgo...) ou même de s’évader dans l’imaginaire (Mourlevat...). La littérature n’est pas destinée à être “pédagogique” ou à faire la morale. Un écrivain écrit ce qu’il a dans les tripes, il établit un jeu passionnant entre le fond et la forme. Pour moi, la littérature jeunesse devrait répondre à cette exigence-là aussi. Faire passer une émotion, partager une expérience, à travers un style propre à l’auteur. Quand je lis certains auteurs jeunesse, je ne suis pas émue, ni transportée par le style. Et je me dis, si cela ne marche pas avec moi, qu’en sera-t-il des jeunes lecteurs ? Les ados aussi sont sensibles à la beauté des mots et à la sincérité des auteurs.

 

 

Aujourd’hui quel est le THEME que vous aimez proposer davantage aux jeunes lecteurs ? Et dans le passé ?  

 

Pour conseiller des lectures individuelles, j’essaie d’être à l’écoute des demandes des élèves : ceux qui veulent rire, avoir peur, lire une histoire d’amour, sur les animaux, etc. Quand je propose une lecture dite “cursive” pour le cours de français, que toute la classe emprunte, c’est souvent autour d’un genre littéraire ou de l’époque étudiée dans leur niveau... plus rarement sur un thème. Par exemple le conte en 6e / le Moyen Age en 5e / le roman épistolaire ou le journal intime en 4e / l’autobiographie, la 1ère et 2de guerre mondiale en 3e... Voir les bibliographies par genres, thèmes, époques : http://lebateaulivre.over-blog.fr/pages/Bibliographies-130298.html.

 

Si je favorise des thèmes, c’est donc surtout par rapport aux programmes. Mais je ne veux pas “instrumentaliser” la littérature. On trouve dans l’édition actuelle, beaucoup de romans miroirs sur des problématiques de société. Mais on ne lit pas pour en retirer une leçon ! Je me méfie même de l’intérêt des romans qui sont davantage un prétexte pour parler de drogue, d’alcool, de fugue... Si le livre évoque ces thèmes à travers un point de vue original, une écriture, un style, très bien. Mais je ne pousse pas vers ces lectures, sauf demande des élèves.

 

Quelques pistes sur les choix d’un enseignant-documentaliste dans “comment choisir un livre de fiction” http://lebateaulivre.over-blog.fr/article-13629421.html ou “Donner le goût de lire”  : http://lebateaulivre.over-blog.fr/article-24968523.html

 

 

Et quel est le plus difficile à traiter ? On peut tout dire aux jeunes lecteurs ou il y a quelque chose qui pourrait les démoraliser ?

 

J’ai souvent entendu des auteurs jeunesse, comme Pascale Perrier, dire que l’on peut parler de tout aux jeunes, mais par le biais d’un narrateur de leur âge. Parler de sujets difficiles, comme le viol, l’inceste, la drogue, l’abandon, etc, se fait à travers la sensibilité d’un adolescent et non d’un regard adulte. Je constate qu’effectivement, les élèves se questionnent beaucoup sur des sujets difficiles dits “de société” et les aborder par le biais de la littérature peut avoir une fonction catharique.  On peut lire à ce sujet l’essai d’Annie Rolland, “Qui a peur de la littérature ado ?” http://lebateaulivre.over-blog.fr/article-24120845.html 

 

Mais je choisirais des histoires qui portent un regard positif sur ces questions. Il ne s’agit pas de désespérer les jeunes lecteurs ! Comme en témoigne Michaël Morpurgo, qui parle de tout,  “à travers des personnages positifs, en construction. Je pense que la vie est dure pour beaucoup de gens. Si on l’écrit, il faut réfléchir. Je ne veux pas créer pour les enfants des fictions idéales. Pour les plus petits oui : c’est important qu’à la fin ça aille. Mais il faut aussi apprendre qu’il y a des difficultés. Ne pas être condescendants avec les enfants. Je pense que c’est pour ça que beaucoup ne lisent pas. C’est important de toucher. “

 

Selon vous quel est le LECTEUR idéal ? Quelles caractéristiques doit-il présenter ?

 

Je n’ai jamais pensé à un lecteur “idéal” !!! D’ailleurs, faut il forcément être lecteur ? Dans le sens “savoir lire”, oui, bien sûr. Car ne pas maîtriser la lecture est un véritable handicap dans la vie quotidienne et professionnelle. Et bien sûr, cette compétence nécessite un entraînement. Un adolescent qui ne lit pas risque de devenir un adulte qui perd cette compétence, ou l’exercera avec beaucoup de difficultés. Mais on ne peut pas forcer quelqu’un à aimer lire ! D’ailleurs, c’est le premier des “droits imprescriptibles du lecteur” de Pennac : “le droit de ne pas lire”. Bien sûr, mon rôle d’enseignante-documentaliste est d’inciter, de proposer... en essayant de trouver le livre qui va toucher un élève et lui donner envie de lire d’autres livres. En début d’année, les élèves arrivent souvent, un peu provocateurs : “moi, de toutes façons, j’aime pas lire”... Je leur dis toujours, l’air étonné : “ah bon ? Tu ne lis pas de magazines... de BD... de documentaires sur des sujets qui te plaisent ?...” Il est très rare de se trouver face à un élève qui n’aime RIEN lire... Est-ce à moi d’établir une hiérarchie ? Certains vont être touchés par la poésie, d’autres passionnés par les livres sur les dinosaures ou les voitures. Un lecteur n’est pas forcément un lecteur de romans. Bien sûr, je suis moi une passionnée de lecture ! Et si j’arrive à faire approcher ce plaisir-là à un élève, je suis ravie ! Il y deux ans, une jeune filles de 4e, qui ne m’avaient jusque là jamais rien emprunté, a lu “Kiffe Kiffe demain” de Faiza Guène. Elle me l’a rendu avec une exclamation : “moi, avant ça, j'ai jamais aimé lire !” Là, on a l’impression d’avoir gagné quelque chose ! 

 

Je n’ai donc pas de lecteur idéal. Juste l’envie et l’espoir de faire découvrir à mes élèves les textes qui les toucheront et les aideront à devenir des personnes plus curieuses, plus riches et heureuses ! Certaines lectures ont ce pouvoir-là...

 

 

 

 

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Publié par Mathilde Bernos - dans Infos & Réflexions
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