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  • : Le Bateau Livre
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  • : Bibliographies de littérature jeunesse & activités autour de la lecture, la recherche documentaire et l'éducation à l'image (collège-lycée)...
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  • Mathilde Bernos
  • Enseignante-documentaliste depuis 1998, j'exerce en collège dans l'Académie de Nice. J'ai animé des formations sur la littérature jeunesse, les carnets de voyage et les blogs dans l'Académie de Versailles.
  • Enseignante-documentaliste depuis 1998, j'exerce en collège dans l'Académie de Nice. J'ai animé des formations sur la littérature jeunesse, les carnets de voyage et les blogs dans l'Académie de Versailles.

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 21:49

 

Voici quelques pistes pédagogiques tirées de séquences dans le cadre d'IDD (Itinéraires de Découvertes), en partenariat avec des collègues de français et histoire, sur la photo de presse, ou de technologie et physique-chimie, pour une approche plus technique, de l’argentique au numérique. Il s’agissait de douze séances de deux heures, accompagnées de sorties (expositions, prises de vue) et de rencontres avec des photographes.

 

Elles sont adaptables en fonction du niveau, du temps et du matériel dont on dispose.


 

Découverte des techniques photographiques

 

 

Il me semble important de commencer par regarder, questionner et commenter beaucoup de photographies avec les élèves, pour stimuler leur sens de l’observation. Certes, ils vivent immergés dans un univers très visuel, mais n’ont pas forcément le recul pour le décrypter, ni le vocabulaire pour en parler.

 

La première séance est ainsi consacrée à la description et l’analyse d’images, à partir d’un diaporama powerpoint. Les exemples sont sélectionnés parmi des photos de presse célèbres, afin de transmettre une culture dans ce domaine, représentatives des techniques qui seront expliquées. Montrer des planches-contact est aussi un excellent moyen de comparer des images, de constater celles qui ont été retenues par le photographe ou non. On déniche des clichés intéressants dans « Les cent Photos du siècle »


L’objectif de cette présentation est de faire prendre conscience que toute photo n’est pas forcément « objective ». Je pars d’une volontairement ambiguë : un portrait par Joël Robine d’une petite fille somalienne, qui court devant un soldat armé. Les interprétations des jeunes sont variées, souvent catastrophées… Or, la photo ne dévoile que la partie de la réalité, que le photographe a cadré. Sans légende, on se méprend. Les élèves sont interloqués par ce constat. Je leur donne alors des pistes pour décrire l’image : plans, décor, objets, personnages, attitudes, regards… avec comme préoccupation sous-jacente : qu’est-ce que cela nous indique sur la date, le lieu, l’action… ?


Dans un deuxième temps, j’aborde des aspects plus techniques. Il ne s’agit pas de donner des outils trop pointus, mais de faire réaliser qu’avant d’appuyer sur le déclencheur, un photographe se pose un certain nombre de questions, comme un journaliste pour un article… ou un élève pour une recherche ! C’est d’ailleurs l’occasion de rappeler la méthode QQOQCP : Qui fait Quoi ; Où (que va-t-on intégrer ou exclure du champ de l’image) ; Quand (quel est le bon moment pour déclancher) ; Comment (quels moyens va-t-on utiliser) ; Pourquoi (quel message veut-on transmettre)… Photographier, c’est sélectionner dans l’espace et le temps, afin de rendre plus percutante son image, transmettre une idée, une émotion… comme le suggère le slogan de Paris Match : « Le poids des mots, le choc des photos ». Le photographe fait donc des choix techniques et plastiques. Il possède un savoir-faire (éclairage, focales, profondeur de champs, vitesse d’obturation…) et un œil exercé (composition, point de vue, angle de vue, bon moment pour déclancher).

 

 

 

 

Approche de la culture photographique


Après avoir abordé tous ces points, on peut aller plus loin et proposer une découverte de l’histoire de la photographie, à travers des recherches documentaires ou un autre diaporama, comportant des images clés, témoins de l’évolution de ce médium.


 

Organiser une rencontre avec un photographe permet de chasser quelques idées reçues sur le métier, que les jeunes associent souvent aux photographes people et autres paparazzi…. Ils préparent des questions sur la formation, le matériel, le contexte professionnel… en s’inspirant de tout ce qui a été dit depuis le début de la séquence. Pour trouver un professionnel, on se renseigne auprès du CLEMI, de la presse, des agences, de Reporters Sans Frontières… Même dans les petites communes, un photographe travaille généralement pour le journal de la ville ou du département…


Enfin, il y a la possibilité d’emmener les élèves dans une exposition. Les franciliens sont certes privilégiés (Maison européenne de la photo, Centre national de la photographie, expositions de l’hôtel de ville, Mois de la photographie…). Mais il existe aussi des festivals (Les rencontres d’Arles, le Printemps de septembre à Toulouse, Visa pour l’image à Perpignan… ) et probablement beaucoup d’autres ressources locales, comme les FRAC (Fonds régionaux d’art contemporain). La visite est d’autant plus enrichissante, que l’on a pris le temps de la faire avant et de préparer un questionnaire, pour solliciter le sens de l’observation et  réinvestir ce qui a été appris en cours.

 

 

Analyse de photographie


Après s’être familiarisés avec la culture et les techniques de la photographie, les élèves en analysent une. Soit ils la trouvent eux-mêmes, parmi les livres du CDI, avec une consigne (choisir un portrait…), soit on leur en soumet une, sélectionnée pour l’originalité de son point de vue, sa représentativité d’un genre ou d’un photographe. La fiche pédagogique reprend le plan du diaporama : description, analyse technique et commentaire des choix du photographe.

Pratique : prise de vue, retouche et diffusion


Ce travail théorique conduit vers la pratique. Y être confronté est indispensable pour prendre conscience des contraintes techniques du médium photographique et de la liberté d’expression que leur maîtrise procure.


 

Les élèves sont répartis en groupes, en fonction du nombre d’appareils à disposition. Le partenariat entre enseignants facilite l’organisation en petits effectifs : certains sont à la prise de vue, d’autres à la retouche numérique, aux expériences de chimie, ou à la recherche documentaire...


La première image est réalisée à la manière de celle analysée. Cela implique d’être très observateur : d’où vient la lumière, où se trouvent les personnages les uns par rapport aux autres, à quelle distance devait se situer le photographe, en utilisant quelle focale… ? Un certain nombre d’élèves réalisent des clichés « en miroir » ! C’est pourquoi je leur demande de compléter aussi une fiche d’autoévaluation : ils vérifient tous seuls si leurs objectifs sont atteints.


 

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               © Erwin Blumenfeld

 

 

Dans un deuxième temps, un axe commun leur est proposé : portrait, reportage sur le collège ou la ville, autour d’un thème… L’aspect technique est libre. Quand les adolescents recherchent une certaine originalité, essaient de varier leurs approches, que leurs cadrages s’inspirent des photos vues en cours, je me dis que quelque chose a germé !

 

reportage-mixité

extrait d'un reportage sur la mixité à l'école

 


Les photographies sont finalement retouchées (luminosité, contraste…) avec le logiciel gratuit The Gimp et légendées. Elles sont mises en valeur sur le site de l’établissement, envoyées à la presse locale, un concours, etc. Il existe diverses opérations auxquelles participer, organisées par le CNDP (des Clics et des Classes), certains CLEMI, délégations à l’Action culturelle, DRAC, etc. Évidemment, le projet de la séquence est lié à cet éventuel partenariat.

 

 


Travailler autour de la photographie est stimulant et passionnant, pour les enseignants aussi bien que pour les élèves. Cela sollicite plusieurs savoirs et savoirs faire : culture de l’image, questionnement, sens de l’analyse, esprit critique, rédaction, maîtrise de l’outil informatique, ouverture au monde… L’initiation et la réflexion autour de la photographie ont plus que jamais leur place  à l’école, à l’époque des smartphones, où tout le monde, en particulier les adolescents, photographie tout et à tout moment. L’introduction de l’histoire des arts au collège est une bonne occasion pour se lancer !

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Publié par Mathilde Bernos - dans Photographie
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